On aurait pu se contenter des 45 premières minutes

Impact Montréal - Puerto Rico Islanders 2-1 – Match de championnat (phase finale) joué le 01/10/2009

 
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MONTRÉAL : Jordan, Braz, Joqueviel, Pizzolitto, de Roux, Testo, Donatelli, Leduc, Di Lorenzo, Brown (69e Placentino), Byers (63e Sebrango)

PUERTO RICO : Gaudette, Velez, Krause, Henry, Jones, Marcelin, Delgado, Gargan, Steele, Villegas (72e Noël), Addlery

ARBITRE : Mme Chenard

AVERTISSEMENTS : Jones, Pizzolitto

LES BUTS : 8e Donatelli (1-0), 20e Brown (2-0), 31e Steele (2-1)


Après Charleston, Puerto Rico : comme dans les jeux vidéo, le niveau monte au fil des tours. Cette fois, un adversaire qui nous avait battus trois fois en cours de saison (toujours par un but d’écart), peut-être plus poreux défensivement que son prédécesseur (cependant, Gaudette est là pour sauver les meubles) mais bien plus inspiré devant et donc capable de renverser une situation.

Point faible de l’Impact durant la saison régulière : la production offensive inégale des joueurs de deuxième ligne. Si le poids de l’attaque reposait logiquement sur… les attaquants, ils n’avaient pas grand monde pour leur prêter main forte. Mais la donne a changé, comme on l’a vu au tour précédent, avec les buts importants de par exemple Testo et Donatelli. Sans oublier que Brown, qui à un moment était bien seul, peut désormais aussi compter sur Byers à ses côtés.

Voilà quelques-uns des hommes en forme du moment. L’Antiguais, particulièrement dérangeant pour les défenses, n’abandonne jamais. Ses adversaires ont beau essayer de le retenir, il reste debout et passe tant bien que mal. Avec certains arbitres, il ne peut aller loin car ils ont le sifflet très facile. Avec Mme Chenard, qui laisse beaucoup jouer, ça pouvait devenir assez intéressant. Byers est aussi un exemple - caricatural, je l’avoue - à montrer aux jeunes : il tente toujours de continuer à jouer et bénéficie des contres favorables. La chance qui sourit aux audacieux, pourrait-on dire.

C’est d’ailleurs ainsi qu’est tombée la première possibilité du match : entre ses œuvres balle au pied et les contres favorables, l’attaquant s’est retrouvé dans le rectangle adverse, mais le ballon a fini dans les bras de Gaudette.

L’autre joueur dont on parle beaucoup en ce moment (il y a notamment un beau débat sur le forum) est Donatelli. En l’absence de Gjertsen, c’est lui qui le remplace à la pointe offensive du losange de l’entrejeu, Leduc étant chargé de couvrir le côté droit (ça rappelle d’anciens très bons souvenirs ça - c’était son rôle il y a exactement 5 ans). La répartition des rôles a changé plus tard dans le match. Toujours est-il que Donatelli et ses grandes pattes ont forcé les visiteurs à commettre une faute plein axe à 20m du but.

Et la victime a décidé de se faire justice : une frappe en plein milieu du mur, qui s’est fissuré et dont une brique a dévié le ballon. Comble de malchance pour Gaudette, celui-ci s’est éloigné de lui et a bondit juste devant lui, endroit réellement détesté par les gardiens pour ce genre d’aléa. Comble de bonheur pour le tireur, ses équipiers et… presque tout le stade : le ballon terminait au fond des filets (1-0) !

Un but rapide, venu d’un joueur de deuxième ligne, cela rappelait sensiblement le scénario de la semaine précédente contre Charleston, et ce qu’on avait souvent espéré, en vain, durant plus de 30 matches au préalable.

Fort de cette avance, Montréal a continué à contrôler le match et en a même planté un deuxième. Toujours à l’affût, Byers a profité d’un… contre favorable (gracieuseté de la détermination de Donatelli) pour s’engouffrer côté droit et centrer pour Brown qui avait parfaitement suivi (ah, être attentif et suivre, signe à la fois de lucidité et de bonne forme physique, ça aussi nous change de plus tôt cette saison). La tête croisée du Panaméen fut imparable pour Gaudette (2-0).

Celui-ci appela ses troupes au calme et à la réorganisation. Elles en avaient bien besoin. Passives, elles avaient trop laissé faire l’Impact et on connaît la maîtrise de celui-ci en matière de circulation de balle. Si ce n’eût été le pied d’Henry (qui a bien malgré lui permis à Donatelli de lancer Byers), on aurait pu recommencer à compter les passes consécutives comme à Charleston, une bonne vingtaine et probablement une minute trente sans que l’adversaire ne touche au ballon.

Évidemment, pour rattraper deux buts de retard, Puerto Rico devait s’emparer du cuir et ce deuxième but les a mis devant leurs responsabilités. Qu’ils n’ont pas fuies : dès le coup d’envoi, ils se sont montrés davantage entreprenants, haussant tant leur rythme que leur niveau de jeu.

Il fallut un plongeon de Jordan pour repousser une frappe de loin de Marcelin. Ensuite, ce fut au tour d’Addlery de tenter sa chance à distance : dans les nuages.

Mais la troisième fut la bonne. On venait tout juste de dépasser la demi-heure et les visiteurs bénéficiaient d’une touche en zone dangereuse. Presque un corner, tant ils les font longues, d’un côté comme de l’autre. L’Impact eut beau se dégager, le ballon se dirigea vers Steele, à l’affût à une bonne trentaine de mètres du but. Il décocha une volée extraordinaire (et je pèse mes mots), imparable pour Jordan. Sans le moindre doute le plus beau but de l’histoire du stade Saputo (délogeant celui de Di Lorenzo contre Portland l’an dernier). 2-1 et même si évidemment pour l’Impact, c’est décevant, il y a tout lieu de se montrer admiratif devant un tel geste.

Trois minutes plus tard, Testo tenta un geste similaire, de moins loin, sur un centre de de Roux repoussé : sa volée fut aussi solide mais trop croisée. La dernière occasion de la première mi-temps allait venir des pieds de Byers, suite à un bel effort, mais dont le tir de l’entrée du rectangle fut contré.

Malgré tout, il baissait quelque peu en régime et surtout l’adversaire, fort de son but ou de la qualité de celui-ci, avait haussé la qualité de son jeu. Le score à la pause était logique et ponctuait une très belle première mi-temps, tant par le jeu offert par les deux formations que par l’ambiance d’un kop très en voix. On s’amusait bien au stade Saputo, on en redemande.

La deuxième mi-temps a été d’un tout autre ordre, à tous points de vue. La question qu’on se posait à la pause était simple : un but d’avance est-il suffisant pour aller à Bayamon ? Que verra-t-on après le repos : la quête du 3-1 ou des visiteurs qui cherchent à égaliser ? La réponse tomba très vite, ce fut la dernière option.

La domination des visiteurs était nette, leur pression importante sans être intenable, mais la défense, avec un Pizzolitto toujours aussi solide, ne se laissait pas ébranler. Il fallut un beau mouvement dans l’axe peu après l’heure de jeu pour la prendre à défaut, mais le tir écrasé d’Addlery termina dans les bras de Jordan.

C’est même Sebrango qui hérita de l’occasion la plus nette : un ballon volant (c’est drôle, ce genre de ballons arrivent toujours vers lui et quand il est là) dans le rectangle qu’il s’apprêtait à reprendre en position très favorable. Mais Henry (un ancien de la maison montréalaise), d’un geste salvateur, lui chipa le ballon sous le nez. Gaudette avait eu chaud.

En réalité, ceux qui se sont fait le plus remarquer après la pause sont les percussionnistes proches des tentes du côté de l’entrée principale. Déjà qu’ils étaient dérangeants la semaine dernière en jouant pendant les arrêts de jeu, cassant l’ambiance naturelle du stade faite par des gens qui avaient payé leur place, là ils ont joué presque sans arrêt pendant le match. Insupportable, désagréable au possible, et je pèse mes mots. D’autant qu’ils ne jouaient pas du tout en rythme avec le match (et quand ils essayaient, on avait des espèces de roulement de tambour alors que le coup franc était joué depuis des lunes).

On est là pour un match de foot, pas pour du tam tam. Pour ça, il y a le Mont Royal le dimanche. J’ai lu une déclaration de Richard Legendre la semaine dernière dans La Presse qui parlait d’attirer une autre clientèle. Avec ce genre de fumisterie, on ne réussit qu’une seule chose : la faire fuir. C’est presque au niveau de la musique techno dans l’ancien stade de Rochester, c’est tout dire. C’est bizarre que quand on accueille des gens sérieux comme Bordeaux ou River Plate, on nous épargne de telles aberrations… La première mi-temps était très digne d’un club professionnel qui vise le haut niveau. La seconde illustrait que l’Impact est à sa place en USL dont il déplore l’amateurisme…

Sur le terrain aussi, on avait deux équipes qui avaient disputé 45 minutes dignes de la Ligue des champions avant la pause et étaient retombées dans leurs travers par la suite. Vu que le score était à notre avantage, ce fut, peut-être, sans mal. Peut-être car si le but d’avance s’avère insuffisant au retour, on se mordra longtemps les doigts de ne pas avoir cherché à en marquer un troisième. C’eut été plus facile avec l’appui du douzième homme, mais comme on avait décidé de s’en passer…

Ce sont les Montréalais qui se sont créé la majorité des occasions en fin de match (oui, il a fallu attendre les 10 dernières minutes pour que les gardiens soient quelque peu mis en péril), mais rien de dangereux en réalité puisque Gaudette n’a rien eu à faire. C’était digne, comme tentatives, de notre mauvaise période du début de saison : beaucoup de bonne volonté mais peu de précision dans les gestes importants.

Il y eut, tour à tour, un bel effort du futur marié (qui, avec ses mini-jambières, n’avait pas peur de se faire casser un tibia à quelques jours de ce grand évènement) ponctué par un tir à côté. Une tentative à distance audacieuse de Leduc, elle aussi hors-cible. Un tir d’un angle fermé de Di Lorenzo qui échoua dans le petit filet et plus menaçant en apparence qu’en réalité. Enfin, un beau centre de l’Argentin fut remis par Placentino à Testo dont la reprise ne fut pas cadrée.

Puerto Rico n’était jamais arrivé à donner le coup de rein nécessaire pour égaliser. Malgré l’arrivée de 5 joueurs importants qui avaient esquivé le déplacement à Cruz Azul, leur calendrier chargé des dernières semaines pèse un peu. Ils en sentiront moins les effets dimanche au retour dans leur environnement, et avec la tête libérée de la Ligue des champions (cette fois c’est mathématique, ils sont éliminés).

La montée de Noël avait apporté un peu de vivacité mais, malgré quelques errements dans la défense, il y avait toujours un obstacle de trop pour les hommes en orange. Dans les arrêts de jeu, un effort de 60m de l’Haïtien offrit une balle de centre parfait à Delgado : un ballon extrêmement dangereux au sol sur lequel Jordan (peu sollicité mais très à propos dans chacune de ses interventions) se jeta parfaitement pour l’empêcher de longer la ligne de son but avec on ne sait trop quel dénouement.

Celui de ce match est clair, et agréable : une victoire 2-1, la première de la saison contre Puerto Rico. Il faudra tenir là-bas mais les amateurs de chiffres rétorqueront que si l’Impact a perdu trois fois contre les insulaires, ce le fut chaque fois avec un seul but d’écart. Ceux des belles histoires noteront que lors des trois derniers matches, comme souvent en Ligue des champions l’an dernier, Montréal s’est mis à l’aise en marquant tôt. Sans oublier l’apport de Donatelli. Quoi qu’il en soit, le scénario de dimanche promet d’être passionnant : rendez-vous à 18h00 pour le match retour, il ne faut pas manquer ça, une place en finale est à la clef !

 
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