MONTRÉAL : Weber, Braz (77e Kolic), Gervais, Pizzolitto, Vincello, Lyssand (46e Zé Roberto), Leduc (63e Di Lorenzo), Wilson (81e Mert), Fukasawa (52e Antoniuk), Bailey, Biello
VANCOUVER : Whicks, Clarke, Klein (40e Donatelli), Cann, Alberts (62e Matondo), Nash, Kindel, Testo (90e Kambere), Lyall, Gjertsen (67e Jones), Morris
ARBITRE : M. Scali
AVERTISSEMENTS : Lyall, Gervais, Pizzolitto, Wilson
LES BUTS : 20e Kindel (0-1), 90e Vincello (1-1)
Quel match bizarre : une joie immense et libératrice dans les tous derniers instants due à une égalisation in extremis contre Vancouver après une rencontre dont la première mi-temps fut exécrable et la seconde, une course poursuite difficile.
L’équipe-type était assez surprenante. Mais bon, pourquoi pas, en fin de compte, vu qu’offensivement, ça ne tourne pas parfaitement, Nick De Santis voulait faire des essais.
Le gardien et les défenseurs ne changeaient pas par rapport à d’habitude. Devant eux, le duo Leduc - Lyssand était chargé de récupérer et de redistribuer, Fukasawa devait pistonner à droite et Wilson occupait le flanc gauche. A l’attaque, on avait droit à l’association Biello - Bailey.
Il ne faut pas avoir peur de le dire, ça a complètement foiré. Tactiquement, il y a eu énormément de lacune dans une première mi-temps qui était, si je n’oublie rien, la pire depuis l’arrivée de Nick De Santis à la tête de l’équipe.
Prenons des exemples de Coupe du monde pour comparer, tiens. Leduc - Lyssand, c’était un peu Makelele - Vieira. Sauf que voilà, devant eux il y a un certain Zidane. Là, devant eux, il n’y avait rien, à part un trou. Et ça n’a rien à voir avec les qualités individuelles des joueurs. Biello et Bailey jouaient vraiment devant tous les deux et venaient chercher des ballons dans ce trou. Mais on a eu une belle démonstration que ce système fonctionne mieux quand il y a un joueur fixe à ce poste.
Devant, tant que nous y sommes, ça manquait cruellement de point d’appui. Plus possible de comparer avec la France, qui joue avec un seul attaquant. Le duo Biello - Bailey, ça n’a pas marché du tout : ils ne se complètent pas. En plus, avec le style de l’Impact, on dirait toujours qu’il faut un joueur qui prend de la place devant, ce qui n’est le cas d’aucun de ces deux-là, contrairement à Salles (en tribune car l’étranger de trop), Antoniuk ou leurs prédécesseurs Sebrango ou Commodore.
Il y a quelque chose de dommage à l’échec de ce duo car Biello a besoin d’espaces et Bailey a le chic pour en créer derrière la défense et y lancer un autre joueur. Sauf que l’animation autour d’eux ce vendredi soir ne leur permettait pas d’appliquer ce style.
Revenons à notre trou et à Wilson, qui tentait parfois de le boucher. Mais il n’arrivait pas à couvrir à la fois le côté gauche et l’axe et semblait plus souvent qu’à son tour complètement perdu sur le terrain. Il n’avait pas l’air de savoir quoi faire, comment jouer, où courir. C’était difficile…
Pour ne rien aider, il y a un autre problème récurrent cette saison, à part derrière, c’est l’irrégularité de nos joueurs. On croit que l’un d’entre eux a trouvé son rythme et sa place et quelques matches plus tard, il passe totalement à travers. Le plus bel exemple lors de cette soirée a été Lyssand, qui avait régné devant la défense depuis le match contre Atlanta mais, après un quart d’heure où il avait pourtant montré quelques très belles choses, a semblé avoir soudainement perdu toutes ses qualités.
Voilà, donc, à quoi nous avons eu droit de la part du secteur offensif montréalais en première mi-temps. De l’autre côté, il ne fallait pas s’attendre à un miracle : déjà, avec Bob Lilley, on sait qu’on n’aura pas droit à un siège de la défense adverse, mais en plus sans Jordan ni Sebrango, leur force de frappe était amoindrie.
Il fallut attendre 12 minutes pour voir un petit quelque chose et un tir de loin de Lyssand. 60 secondes plus tard, Vincello arrive à redresser un ballon qui s’en allait droit derrière la ligne de fond et à centrer le ballon pour Bailey qui ne parvient qu’à le toucher du sommet du crâne pour l’envoyer au-dessus.
Derrière aussi, on a des points faibles, malgré les apparences. Sauf que nos adversaires ne parviennent pas à les exploiter et jouent pour la plupart tous le même genre de ballons, alors avec des défenseurs parmi les meilleurs de la compétition, on parvient à les contrer sans problèmes, surtout que les automatismes sont à point.
Parmi ces ballons que l’on voit rarement mais qui nous mettent en difficultés, les corners joués bas (et précisément, ce qui est plus difficile qu’envoyer dans le paquet en hauteur en espérant qu’un équipier arrive le premier sur le ballon). En outre, Greg Sutton, quand il est là, ne peut pas les cueillir aussi facilement.
Le premier danger de Vancouver est venu sur l’un d’entre eux, tiré de la droite. Cann était à la réception et a cédé en retrait à Testo dont le puissant tir tendu était le premier envoi cadré de la rencontre. Weber, bien placé, a pu s’emparer du ballon.
Deux minutes plus tard, ils remettaient ça, de l’autre côté. Weber décida de sortir mais s’y prit très mal et repoussé des poings difficilement. L’Impact ne parvint pas à se dégager et Bailey rata complètement son geste. Cann, encore, était à la récupération et céda à Kindel dont le tir fit mouche (0-1).
Et après ? Zzzzzzzzzz… Ou, tout ce que vous avez lu au-dessus, mais rien de beau à voir pour le spectateur neutre ou le téléspectateur de RDS ou Fox qui devait se dire que c’était franchement nul comparé au Mondial. Bon, c’est une mauvaise comparaison, faut toujours encourager le soccer local, mais surtout, oui, c’était nul mais ça ne reflétait pas la valeur réelle de l’équipe.
A trois minutes de la fin, on allait espérer en vain après un gros cafouillage entre les défenseurs de Vancouver et nos attaquants. Puis, enfin, l’éclair dans la grisaille, un très beau mouvement collectif. Le genre de truc qui n’arrive pas par hasard et fait dire “Ben oui, ils sont capables !”. C’est Biello qui fut le dernier à recevoir le ballon, à quelques mètres du but, mais il avait trois joueurs de Vancouver autour de lui qu’il fut arrêté en chemin.
Enfin, l’arbitre sifflait le repos. Pas pour tout le monde car dans les vestiaires, ça a dû se parler ! C’est que, contrairement à son prédécesseur, Nick De Santis n’attend pas que comme par miracle une tactique foireuse devienne soudainement efficace. En quelques minutes, il a procédé à des retouches qui changeaient complètement le visage de l’équipe.
Exit Lyssand, Fukasawa et Leduc, bienvenue Zé Roberto, Antoniuk et Di Lorenzo. On retrouvait un 4-4-2 plus traditionnel avec l’habituel losange au milieu alors que l’arrivée d’Antoniuk devant apportait la taille qui avait cruellement fait défaut. L’équipe pouvait entrer dans le match et se mettre à jouer contre une défense très serrée.
Comme dans beaucoup de matches ces dernières semaines, elle allait connaître quelques minutes de folie lors desquelles les occasions se sont succédées.
On rejouait depuis moins de 10 minutes et Whicks ne parvint pas à capter un coup franc de Leduc. Pizzolitto, montée comme a son habitude, fut le premier à reprendre le ballon mais deux défenseurs unirent leur efforts pour le dégager à même la ligne. Biello allait être sur le chemin de leur dégagement mais sa reprise n’atteint pas la cible.
Deux minutes plus tard, un centre de la gauche trouva la tête d’Antoniuk dont la reprise lécha le haut de la transversale. On eut à peine le temps de se remettre de cette émotion que Leduc envoya un coup franc à Pizzolitto dont la reprise fila droit dans la lucarne droite de Whicks, auteur d’un arrêt de toute grande classe pour empêcher l’égalisation.
Et puis, comme souvent aussi ces dernières semaines, la tempête a été suivie d’une solide accalmie. Hormis une action litigieuse sur Biello, entouré dans le rectangle par deux défenseurs avant de se retrouver par terre (mais il n’a pas réclamé), rien à signaler côté montréalais avant les dernières minutes.
Ah si, mais ce n’est pas une occasion de but : après que Braz se soit fait mettre à terre sans que l’arbitre ne bronche ni n’arrête le jeu alors que notre défenseur ne se relevait pas et était dans le chemin (il a reçu la balle sur lui pendant que les autres jouaient), Wilson a vengé son équipier, fauchant durement le porteur du ballon pour arrêter le jeu. On eut droit à une mêlée générale avec de nombreuses poussées mais au bout du compte, l’arbitre fit preuve de beaucoup de clémence, ne montrant qu’un bristol jaune, à Wilson.
A un quart d’heure du terme, un des nombreux ballons balancés n’importe où par la défense visiteuse qui ne cherchait absolument pas à montrer du jeu aboutit à Matondo, auteur d’une belle action individuelle sur la droite avant d’envoyer un tir trop faible.
Il restait deux minutes dans le temps réglementaire. Il était plus que temps pour l’Impact de se réveiller et de commencer à presser. Ou alors, ils allaient se faire avoir comme le Portugal contre la France en demi-finale de la Coupe du monde (à la différence près que nos joueurs ne sont pas des plongeurs - simulateurs professionnels). Et enfin une occasion : un centre de la gauche pour la tête de Biello dont la reprise était trop faible.
Puis une autre, de nouveau venue d’un centre de la gauche en hauteur, que personne ne parvient à dévier. Le ballon arrive au deuxième poteau à Bailey qui le reprend à bout portant. Mais Whicks sort un nouveau grand réflexe. Sur le corner, Biello tente un rétro mais la tentative passe de peu à côté.
Même Weber veut s’y mettre. Il prend l’initiative de tirer un coup franc du milieu du terrain afin que tous ses partenaires puissent monter. La défense de Vancouver stresse : le coup franc est trop court mais Donatelli rate son dégagement et concède le corner. Sur celui-ci, Vincello bat enfin Whicks et fait 1-1 dans le délire général !
Vu le scénario du match, ce point est assimilé à une victoire. On a mal joué pendant une mi-temps, mieux pendant la seconde (c’était pas difficile) et deux pics de pression nous ont permis de le conquérir face à un adversaire qui a pour sa part refuser le jeu après avoir mené au score. Compte tenu des circonstances, en revanche, ce point est bien maigre face à une équipe qui en était à son troisième match en cinq jours. Comme contre Portland, on n’a pas su tirer parti de la fatigue accumulée par l’adversaire.
La bonne nouvelle est le retour de Di Lorenzo qui, espérons-le, sera à 100% contre Toronto ce mardi. En attendant que Ribeiro retrouve lui aussi la forme. Quant à la visite des Ontariens, il faudra s’en méfier : on l’a vu lors de notre match là-bas, et puis ils viennent de battre consécutivement Vancouver et Charleston.
Calendrier
Prochain match
Cincinnati - Montréal
Dimanche 22 mars, 13h00
Dernier match
Orlando - Montréal2-1
Samedi 14 mars, 19h30
► Calendrier complet
Classement MLS
| J | Pts | | 1. Nashville | 5 | 13 |
|
| 2. Los Angeles FC | 5 | 13 |
|
| 3. Vancouver | 5 | 12 |
|
| 4. San José | 5 | 12 |
|
| 5. San Diego | 4 | 10 |
|
| 6. New York City | 4 | 10 |
|
| 7. Colorado | 5 | 9 |
|
| 8. Salt Lake | 4 | 9 |
|
| 9. Seattle | 4 | 9 |
|
| 10. Charlotte | 5 | 8 |
|
| 11. Dallas | 5 | 8 |
|
| 12. Chicago | 5 | 7 |
|
| 13. Toronto | 5 | 7 |
|
| 14. Miami | 4 | 7 |
|
| 15. New York | 5 | 7 |
|
| 16. DC United | 5 | 7 |
|
| 17. Houston | 4 | 6 |
|
| 18. Austin | 5 | 5 |
|
| 19. LA Galaxy | 4 | 4 |
|
| 20. Atlanta | 5 | 4 |
|
| 21. Kansas City | 5 | 4 |
|
| 22. Minnesota | 4 | 4 |
|
| 23. Saint-Louis | 5 | 4 |
|
| 24. New England | 4 | 3 |
|
| 25. Portland | 4 | 3 |
|
| 26. Orlando | 5 | 3 |
|
| 27. MONTRÉAL | 4 | 3 |
|
| 28. Cincinnati | 4 | 3 |
|
| 29. Columbus | 5 | 2 |
|
| 30. Philadelphie | 5 | 0 |
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