Première sans Di Lorenzo réussie

Impact Montréal - Puerto Rico Islanders 1-0 – Match de championnat (phase classique) joué le 04/06/2006

 
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MONTRÉAL : Sutton, Braz, Gervais, Pizzolitto, Lyssand, Leduc (72e Vincello), Zé Roberto, Ribeiro, Biello, Bailey (90e Fukasawa), Salles (73e Antoniuk)

PORTO RICO : Kennedy, Queely (79e Ortiz), Velez, Segovia, Delgado, Valdebenito, Barros-Schellotto, Villegas, Gonzalez, Norkus, Noranbuena (46e Marcina)

ARBITRE : M. Lambert

AVERTISSEMENTS : Braz, Pizzolitto

EXCLUSION : 90e Gonzalez (2j.)

LE BUT : 20e Salles (1-0)


Ceux qui voulaient voir un match de soccer ont dû être encore un peu plus patients que d'habitude dimanche dernier pour la rencontre entre Montréal et Porto Rico puisque entre l'échauffement et le coup d'envoi, il y a eu non seulement la présentation des 4 bâtisseurs de l'équipe (parmi lesquels ne figurent ni Nick De Santis ni Mauro Biello), ce qui aurait été un très beau show pour la mi-temps ou pour pendant l'échauffement, et à trois (!) hymnes nationaux car en plus du Canada et de Porto Rico, on a eu droit à l'hymne américain. Je rappellerai que la reine d'Angleterre est toujours notre chef d'Etat et qu'il conviendrait dorénavant d'ajouter God Save the Queen à la liste svp. Plus sérieusement, je discutais le mois dernier avec le préparateur physique des Girondins de Bordeaux qui était outré par tout le bordel entre l'échauffement et le début des matches de Ligue des champions, expliquant que finalement, l'échauffement ne servait presque plus à rien. Il devrait aller voir l'Impact, il attraperait une crise le brave homme !

Pour le match, Nick De Santis devait se passer de Di Lorenzo, blessé au pied, alors que Vincello, pas totalement remis de la blessure encourue la semaine dernière, prenait place sur le banc. C'était donc Lyssand qui était titularisé au back gauche alors que devant lui, Zé Roberto retrouvait son poste de prédilection. Biello avait été reculé au milieu droit, au profit de Bailey qui épaulait Salles à l'attaque.

Comme les semaines précédentes, nos joueurs prenaient résolument la direction des opérations dès les premières minutes. Mais, ça non plus ça ne changeait pas, ne parvenaient pas à se créer d'occasions réelles. Tout au plus a-t-on vu un centre de Salles bien lancé sur la gauche ne trouver personne dans le rectangle et un beau mouvement du même côté, avec une série de belles passes certainement travaillées à l'entraînement, se terminer par un centre de Zé Roberto contré.

Au contraire des deux adversaires précédents, Porto Rico ne comptait pas se laisser faire. Et je ne parle pas du jeu physique assez salaud qu'ils ont déployé pendant le match mais bien de soccer : après avoir laissé passer le mini-orage, ils sont bien rentrés dans la rencontre. Pas de bol pour eux, c'est à ce moment-là qu'on leur a mis un coup sur la tête.

Enfin, il faut dire que le premier coup, c'est eux qui l'ont donné. Et c'est Salles, leur ancien équipier, qui en a été la victime. L'arbitre sanctionna la faute, commise à 25m du but de Kennedy, d'un coup franc que Ribeiro déposa sur la tête de Salles dont la reprise croisée faisait mouche (1-0). Un but tôt dans le match (on jouait depuis 20 minutes) et sur notre première occasion réelle : voilà qui était bon pour la confiance.

Trois minutes plus tard, un mouvement rapide parti du pied de Bailey transita par Salles avant d'aboutir à Ribeiro qui parvint à dépasser son adversaire mais, malheureusement, pas à faire un bon usage du ballon. 120 secondes après, c'est Biello qui lança Ribeiro, rapidement très entouré. On ne sait pas comment il s'en est sorti mais il lança à son tour son capitaine, qui avait bien suivi et fila à l'entrée du rectangle. Et là, comme souvent, c'est la dernière passe qui fit défaut puisque Biello envoya le ballon derrière Bailey qui ne le demandait pas vraiment là.

On allait quand même se créer une deuxième occasion réelle avant le repos, et quelle occasion ! Un une-deux entre Ribeiro (extrêmement combatif, surtout en première mi-temps) et Bailey fut ponctué d'un envoi placé du premier nommé mais, alors qu'il s'apprêtait déjà à célébrer, la barre repoussa le ballon. Et absolument personne n'avait suivi !

Le plus grand danger adverse fut un coup franc que Pizzolitto dégagea de la tête dans le rectangle alors qu'il y avait un grand nombre d'adversaires menaçants qui rôdaient. Pizz avait enfilé sa tenue d'homme de ménage dimanche !

Deux occasions réelles en une mi-temps, oui, mais beaucoup de gâchis surtout. Des possibilités d'amener le danger qui n'étaient pas exploitées. Un très bel exemple juste avant le coup de sifflet renvoyant les deux équipes aux vestiaires, un double exemple même. Encore un beau mouvement dessiné par les Montréalais jusque dans la zone dangereuse. Là, le ballon arrive à Salles qui rate sa passe à Bailey. Le ballon arrive à l'entrée du rectangle à Zé Roberto. Beaucoup de joueurs le demandent mais il préfère tirer : il y avait beaucoup mieux à faire. Loin de moi l'envie de pointer du doigt les deux Brésiliens, il se trouve que sur ce coup-là, ce sont eux qui ont péché, mais leurs équipiers ont souvent fauté de la même façon au moment de la dernière passe ou à force de tergiverser. Comme si souvent, on n'osait pas la faire, cette dernière passe, ou on n'en était pas capable.

D'ailleurs, Salles, il n'était pas vraiment à pointer du doigt négativement. On l'a beaucoup vu. Souvent par terre d'ailleurs car il a été victime de nombreuses fautes. Mais il a accompli un gros travail et peut être crédité d'un bon match. De nouveau, par rapport à la semaine dernière, les progrès sont visibles. Qu'il continue comme ça, à la fin de la saison, il va exploser tout le monde.

Son duo avec Bailey a plutôt bien marché. C'était assez particulier car ça donnait l'impression que les deux joueurs ne tenaient pas compte l'un de l'autre : chacun faisait son travail dans son coin et comme ils sont assez complémentaires, cela fonctionnait assez bien. Cependant, c'était sûrement une illusion (le fait qu'ils s'ignorent) car ils ne se sont jamais ou presque marché sur les pieds et quand l'un des deux était en possession de balle, l'autre savait souvent quoi faire pour lui faciliter la tâche.

Bon, ils ne se sont pas marchés sur les pieds, ce n'était pas difficile non plus tant il y avait un fossé derrière eux. Trop souvent, on les laissait à leur sort devant. Quand on sait que Bailey travaille beaucoup pour aller chercher des ballons et que Salles n'a pas rechigné à la tâche non plus, on imagine facilement le résultat : deux, voire un gars devant et un trou de 15m derrière. Ce n'était évidemment pas facile de se débrouiller dans cette situation.

Toujours est-il qu'à la mi-temps, on menait 1-0 et que ça allait plutôt bien. Ca faillit tourner mal quand notre homme de ménage fit une énorme tache sur le sol après avoir eu des mots avec un adversaire, qu'il envoya par terre. L'arbitre se montra particulièrement clément en notant le nom de Pizzolitto sur la liste des joueurs avertis plutôt que de lui montrer le chemin des vestiaires. On a eu bien besoin de lui (et de Gervais) par la suite, surtout avec la montée de Marcina et de sa technique déroutante.
C'était reparti pour une séance de domination stérile mais on allait quand même se créer une troisième occasion franche. Salles montra que malgré sa grande taille, il est plutôt souple en sortant un numéro de contorsionniste sur le côté droit permettant d'envoyer le ballon à Ribeiro dont le tir croisé lécha le poteau du but de Kennedy.

Porto Rico n'était pas en reste et ses joueurs médusèrent totalement notre défense (qui a eu quelques moments de flottements parfois, mais il y a toujours eu un joueur attentif pour rattraper le coup) via un mouvement sur la gauche qui aboutit à Valdebenito dont le tir fut, heureusement, trop faible. Sutton dut cependant se coucher et s'y reprendre à deux fois pour le stopper.

Les avants techniques de Porto Rico ont eu de rares chances de s'exprimer et quand ils le faisaient, il y avait toujours un montréalais pour s'interposer avant que ce ne soit trop tard. Par exemple quand Norkus nous fit une belle démonstration de ses qualités avant de s'enfuir dans l'axe. Devant lui, il ne restait que Gervais et Sutton. Mais le commandant en chef de la défense fut solide comme un roc et ne lui laissa pas même l'once d'une chance d'aller au but.

Gervais allait encore s'illustrer peu après en étant à la base et à la conclusion d'une contre-attaque et de notre quatrième occasion franche. Tout partit d'une excellente intervention défensive de sa part. En moins de temps qu'il ne faut pour le lire, le ballon avait transité rapidement par quelques pieds et se retrouvait dans ceux de Salles. Et comme d'habitude, il était seul devant avec Bailey. Mais non, pas cette fois : un défenseur était monté, et c'était Gervais ! Très intelligemment, Bailey emmena avec lui son adversaire dans une zone où il ne pourrait être utile, permettant ainsi à Gervais de se retrouver seul en position très dangereuse. La passe de Salles était parfaite mais Kennedy s'interposa, empêchant l'arrière central de conclure cette belle action.

Pour pallier le manque d'inspiration, il y a une solution : le travail et les répétitions. Le nombre élevé de une-deux (et parfois une-deux-trois) que l'on voit dans les 25 derniers mètres adverses montrent qu'on s'applique avec sérieux à l'entraînement. Et sur le terrain, cela donne une plus grande rapidité d'exécution, qualité qui fait tellement défaut dans notre compétition. C'est un des progrès les plus remarquables de l'équipe cette saison et plus le temps passera, plus ça fera mal.

Deux belles actions (qui n'ont pas abouti, mais bon) en deux minutes montrent cette progression dans les automatismes. D'abord une passe de Zé Roberto pour Bailey, dos au but, qui remit le ballon à Salles dont le tir fut repoussé (encore une belle combinaison entre les deux attaquants, qui ont couvert beaucoup de terrain). Ensuite un une-deux entre Ribeiro et Zé Roberto dans le rectangle mais l'envoi fut une nouvelle fois contré.

Par contre, un réflexe que nos joueurs avaient totalement oublié ce dimanche, c'est celui de se battre pour les ballons qui traînent dans le rectangle. Surtout sur ceux qui suivent une occasion. Comme s'ils avaient fait leur travail une fois qu'ils avaient essayé de tirer et qu'après, ça ne comptait plus. Ca donnait aussi l'impression qu'ils n'y croyaient pas. C'est arrivé à de trop nombreuses reprises. Et en plus, ça ne leur ressemble pas.

Le dernier épisode du Bailey-show allait survenir à un quart d'heure de la fin quand il reçut une longue passe d'Antoniuk (qui avait remplacé Salles). Un excellent ballon mais aussi un excellent garde-chiourme à ses basques. Il parvint quand même à s'en débarrasser tant bien que mal et à se mettre en position de tir, mais l'envoi était hors-cadre.

Je parle de Bailey show car s'il n'a pas épaté la galerie par des actions spectaculaires, il a encore travaillé de manière exemplaire. Tournant autour de Salles dont il était le parfait soutien, on le retrouvait tantôt à gauche, tantôt à droite, tantôt dans l'axe, plus ou moins loin du but, allant rechercher pas mal de ballons. Si le trou béant entre l'attaque et le milieu ne s'est pas trop vu, c'est en grosse partie grâce à lui. Mais là, la fatigue commençait à se faire sentir.

La défense de l'Impact allait avoir une dernière frayeur à dix minutes de la fin. Un coup franc de Porto Rico encore bien tiré pour causer du tort à notre arrière-garde (devant Sutton mais pas trop proche de lui et assez bas pour l'empêcher de se saisir du ballon) fut repoussé par notre gardien au milieu d'une marée orange. Un contact, c'est bien rare dans sa zone et malheureusement, il fut touché sur ce coup. Plus de peur que de mal qui après l'intervention des soigneurs et sûrement de l'éponge ou de la bombe magique, il put continuer jusqu'au coup de sifflet final.

La fin de la rencontre allait être animée par Lars Lyssand qui avait pris place au milieu gauche depuis la montée de Vincello. Difficile de dire s'il avait mangé du lion ou s'il voyait une place à prendre en attendant le retour de Di Lorenzo alors que Zé Roberto (très actif mais pas toujours efficace ce dimanche) ne retrouve pas son meilleur niveau, mais l'Américain avait une fougue incroyable. Son plus beau fait d'armes fut quand il fonça sur son vis-à-vis pour lui arracher proprement le ballon et envoya un puissant tir bourré d'effet obligeant Kennedy à réaliser le plus bel arrêt du match.

Le dernier fait de jeu survint dans les arrêts de jeu quand Fukasawa, qui venait de monter, partit à toutes enjambées sur le flanc droit. Gonzalez sortit alors la grande faucheuse et l'arbitre lui sortit un deuxième carton jaune, synonyme de douche prématurée.

La victoire 1-0 est largement méritée mais il aurait fallu marquer un deuxième but car une égalisation stupide était toujours à craindre. Cependant, les trois points vont à la meilleure équipe sur le terrain, qui progresse de sortie en sortie. Si le problème des 20 derniers mètres se règle... Pardon, quand le problème des 20 derniers mètres sera réglé, ça va faire mal, très mal.

Le prochain match sera une nouvelle bonne occasion de répéter les gammes offensives puisque dimanche prochain, nous allons à Toronto qui n'a trouvé l'ouverture qu'une fois en 7 rencontres et pris son premier point ce week-end. Attention quand même à ne pas les prendre de haut et à souffrir pour rien. Au contraire, il faut en profiter pour jouer un gros match et huiler encore un peu la machine.

 
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