2022 : Entre deux ères
 CF Montréal
 
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Ah, l’année 2021… Ouverte dans l’incertitude et le mystère, tant sur le terrain qu’en dehors. Nous étions encore en pleine pandémie, et entre l’obligation que le club a eue de s’exiler en Floride pour y jouer ses rencontres de championnat à “domicile” et les conditions sanitaires strictes que l’on respectait un peu partout dans le monde depuis plusieurs mois, le contexte ne se prêtait peut-être pas énormément au sport, mais il faisait cependant un bien fou.

Et puis, cette pandémie avait poussé Thierry Henry à rentrer en Europe après seulement un an à la tête de Montréal. Une décision tombée quelques semaines seulement avant le début de la préparation. Postulant pour lui succéder, son adjoint Wilfried Nancy avait su se montrer convaincant et a obtenu le poste. Sa mission : la continuité. À ce moment-là, on ne savait pas encore comment se passerait sa première expérience d’entraîneur à ce niveau.

Malgré tout cela, les discussions (véhémentes) autour du club étaient d’un tout autre ordre : en janvier, le président de l’époque Kevin Gilmore et Justin Kingsley, en charge de la “créativité”, avaient provoqué un tremblement de terre en annonçant que le club abandonnait la dénomination Impact pour devenir Club de Foot et adoptait du même coup un nouveau logo et des couleurs revisitées. Si pour certains, tout changement était impensable, d’autres, plus ouverts, étaient surtout offusqués par ce qu’ils considéraient comme de très mauvais choix, encore plus mal présentés. Mais cela, c’est un autre débat.

Voilà pour la mise en contexte. La marmite extra-sportive n’en finissait pas de bouillir, car les compétitions pouvaient difficilement reprendre en raison d’un coronavirus toujours ravageur, et d’une prudence de mise, logiquement, pour les organisateurs. Ainsi, la MLS a annoncé son calendrier seulement fin mars, à un moment où la saison a d’habitude déjà commencé depuis quelques semaines, alors que l’ACS a annoncé en juillet que la Coupe du Canada, annulée la saison précédente, aurait bel et bien lieu en 2021.

Entre temps, les dirigeants de la fédération canadienne ont pris le temps de réfléchir au format de la compétition et à quelques aspects concrets, réduisant les polémiques du passé sur certains passe-droits ou un tableau tordu. Avec 13 clubs en lice (les trois clubs canadiens de MLS, les huit clubs de Can PL ainsi que les champions du Québec et d’Ontario), un format simple et logique, et surtout des qualifiés d’office déterminés par le résultat de sa propre compétition plutôt que ceux de la MLS, l’ACS semblait enfin respecter une certaine logique pour le moins évidente. Une des conséquences fut que Vancouver, éliminé prématurément la saison précédente, devrait passer par le premier tour, contrairement à Toronto, au Forge FC et à Montréal.

À LA PEINE CONTRE DES ADVERSAIRES DE CANPL

Ainsi, Samuel Piette et consorts ont fait leur entrée dans la compétition en quart de finale, fin septembre, alors qu’il restait à peine plus du quart de la saison régulière de MLS à jouer. À l’aube de celle-ci, bien des observateurs voyaient l’équipe finir proche de la dernière place… Elle les a fait mentir puisqu’elle était alors encore au-dessus de la fameuse ligne rouge, dans un classement on ne peut plus serré et avec une meute de poursuivants à ses trousses.

Son premier rendez-vous en coupe lui proposait un déplacement à Halifax, sur le terrain des HFX Wanderers d’une vieille connaissance, Jérémy Gagnon-Laparé. Si l’entraîneur montréalais avait décidé d’aligner un onze en majorité composé de joueurs qui dépannaient souvent en MLS, laissant plusieurs cadres au repos, il y a aussi eu deux attractions sur le terrain ce jour-là… et elles ont fait la différence. Arrivé lors du mercato estival, le milieu offensif Matko Miljevic était titularisé pour la première fois : s’il a montré un manque d’automatismes (comme tout le collectif ce jour-là), il a été dangereux à quelques reprises et a inscrit le but égalisateur 8 minutes après l’ouverture de la marque par l’équipe locale.

Dominant de façon on ne peut plus stérile, Montréal n’en menait pas vraiment large et c’est Balou Tabla, qui disputait ses premières minutes de la saison après être revenu de Barcelone, qui a profité d’un adversaire épuisé en fin de match pour fixer les chiffres à 1-3 grâce à deux buts inscrits dans les toutes dernières minutes.

En demi-finale, l’opposition était d’un tout autre calibre : le Forge FC, ténor de la CanPL et expérimenté sur la scène internationale. On y retrouvait aussi une vieille connaissance : Omar Browne, alias “pour qui tu te prends” (© Rémi Garde). Si Montréal, jouant une nouvelle fois avec un onze expérimental, s’est créé les premières occasions, ce sont bien les joueurs d’Hamilton qui régalaient leurs supporters et se sont montrés supérieurs jusqu’à la montée au jeu de Rudy Camacho, qui a permis à son équipe de sortir la tête de l’eau et de se rendre aux tirs au but.

Une séance épique puisque les deux équipes ont tiré 11 fois chacune ! Frappes hors-cadre, transversale, arrêts de gardiens : impossible de les départager, tant à l’issue des cinq premiers tirs que des suivants. Après avoir vu tous les joueurs de champ s’exécuter, on se retrouvait donc dans un double duel de gardiens. Gagné, à deux reprises, par Sebastian Breza, qui repoussa d’abord le tir de son vis-à-vis avant de le prendre à contre-pied et d’assurer la qualification montréalaise… mais aussi de gagner sa place de titulaire en MLS.

QUIOTO REMPORTE SON DUEL CONTRE WESTBERG

Après deux déplacements, Montréal pouvait enfin jouer un match de coupe devant ses supporters. Et quel match : la finale, face au Toronto FC ! Cette fois, l’entraîneur avait décidé d’aligner ce qu’il considérait comme son meilleur onze du moment. En face, il y avait eu de la casse et quelques jeunes du cru avaient dû être titularisés. Dominant la première période sans se créer énormément d’occasions, les joueurs locaux ont été nettement plus dangereux après le repos.

Déjà sous le feu des projecteurs lors des rares possibilités de but des 45 premières minutes, le duel entre Romell Quioto et le gardien Quentin Westberg retint toute l’attention. Et c’est le portier français qui, longtemps, grâce à de magnifiques interventions, eut le dessus. Par moments, pourtant, il était bien isolé alors que le ballon allait et venait dans son rectangle pendant que ses partenaires ne savaient plus où donner de la tête.

Mais à une vingtaine de minutes de la fin, la juste récompense est tombée : l’international hondurien, qui a sans cesse remis l’ouvrage sur le métier, a trouvé la faille face à celui qui, jusque-là, était son bourreau du jour mais, sur ce coup, avait pour une rare fois mal évalué la décision à prendre. Si dans les derniers instants, Toronto a pressé et a même failli égaliser, Montréal a pu soulever la Coupe des Voyageurs grâce à une victoire certes étriquée au marquoir mais on ne peut plus méritée. Un trophée, aussi, synonyme de retour en Ligue des champions deux ans après sa dernière participation, marquée par une édition chaotique en raison de la pandémie.

SANTOS LAGUNA, NOUS REVOILÀ !

Rien de tout cela en 2022, heureusement, mais de grosses émotions dès le tirage au sort. Tête de série, Montréal n’avait qu’une chance sur huit d’affronter un adversaire mexicain dès les huitièmes de finale, début de la compétition. Et c’est ce qui est arrivé, avec surtout des souvenirs on ne peut plus forts puisque l’adversaire était nul autre que Santos Laguna, club que l’équipe alors emmenée par Eduardo Sebrango avait été à deux doigts d’éliminer en quart de finale de l’édition 2008/09, lors de sa première apparition dans la compétition alors qu’elle n’évoluait pas encore en MLS.

En treize ans, le contexte avait cependant bien changé. Très largement favoris à l’époque, les citoyens de Torréon faisaient face à un adversaire jouant désormais à un niveau supérieur alors qu’eux-mêmes avaient perdu de leur superbe. Sur le terrain - d’un effectif ne manquant pas de vedettes, ils étaient passés à une équipe sans joueurs emblématiques dirigée par un entraîneur guère plus connu - et en dehors, puisqu’elle avait quitté son antre imprenable (où d’autres clubs de MLS s’étaient violemment cassés les dents) pour un stade plus moderne et moins impressionnant, dans divers sens du terme. En outre, cette fois, le match retour était prévu à Montréal.

Cela dit, le désormais CF Montréal partait avec un léger handicap puisque son entrée en Ligue des champions coïncidait avec son premier match officiel de l’année alors que son adversaire jouait en championnat depuis quelques semaines. Un inconvénient légèrement contrebalancé par le fait que son effectif avait été à peine retouché par rapport à la saison précédente. Seul un titulaire régulier (Aljaz Struna, qui avait en outre perdu sa place en fin d’exercice) était parti, alors que les principaux renforts se nommait Alistair Johnston, venu de Nashville où il rendait le côté droit de la défense plus imperméable qu’un ciré breton, et Gabriele Corbo, jeune arrière central prêté par Bologne. Ils seront rejoints plus tard par le vétéran Kei Kamara, terreur des défenses en MLS depuis des lustres et toujours vaillant malgré son âge avancé. Objectif avoué : une stabilité permettant de continuer à franchir les étapes en championnat, développer le jeu souhaité sur une base régulière en devenant compétitif au classement.

UNE AMERTUME DIFFÉRENTE À TORRÉON

Mais avant de rentrer dans le bain de la MLS, on pouvait goûter aux joies de la Ligue des champions, avec un déplacement à Torréon d’entrée de jeu. Saison sur l’année civile oblige, jouer sur la scène internationale le 15 février était évidemment synonyme de préparation écourtée et de condition physique difficile à optimiser. Pour ne rien arranger, l’entraîneur était privé de cinq pions importants, dont Johnston, pour diverses raisons.

Les souvenirs de 2008 n’ont pas tardé à resurgir puisque, comme à l’époque, il ne fallut que quelques minutes pour assister à un but montréalais ! Quioto avait trouvé le fond des filets… mais, depuis lors, la VAR avait fait son apparition et annula sévèrement cette ouverture du score pour une prétendue faute de Lassi Lappalainen à la récupération du ballon.

Cela dit, plus les minutes passaient, plus la domination locale était nette. 14 tirs et 9 corners rien qu’en première mi-temps ! Le jeu se déroulait essentiellement à moins de 35 mètres du but de Breza, qui a dû effectuer quelques interventions importantes mais, malgré tout, était très bien protégé par ses défenseurs et Victor Wanyama, qui couvraient beaucoup de terrain et empêchaient les Mexicains de trouver les bonnes combinaisons à la construction du jeu.

Le passage au vestiaire a fait du bien : si la mise en route fut difficile, Montréal a ensuite pris ses aises en deuxième mi-temps, faisait mieux circuler le ballon et tentant même sa chance au but (ce qui n’était plus arrivé depuis le but annulé) de temps à autre, sans danger toutefois. Le match était plus équilibré et plus ouvert. Santos Laguna sentait qu’il laissait passer sa chance et l’absence d’un vrai buteur en ses rangs se faisait cruellement sentir, son entraîneur multipliant les changements à la recherche d’une solution.

Physiquement, les Mexicains n’étaient pas au point, tant et si bien qu’ils se lançaient dans du hourra-football face à un adversaire qui disputait pourtant son premier match officiel de l’année. Cela dit, Kamal Miller et ses partenaires allaient finir par payer les nombreux et valeureux efforts consentis depuis le coup d’envoi : un centre au premier poteau de Gorrarian trouva la tête d’Ocejo qui devança la sortir de Breza pour reprendre victorieusement le ballon de la tête.

Le but n’était pas volé mais, à 3 minutes de la fin du temps réglementaire, il était dur à avaler, d’autant qu’il semblait tomber du ciel lors d’un des passages les moins déséquilibrés du match. Si Santos Laguna avait mérité sa victoire sur l’ensemble des 90 minutes, cette défaite 1-0 n’était pas un mauvais résultat compte tenu des circonstances et permettait à Montréal de conserver ses chances de qualification.

QUAND 2009 DEVIENT DE L’HISTOIRE ANCIENNE

Huit jours plus tard au Stade olympique, la mission était simple : jouer en conquérants. À cette fin, Wilfried Nancy n’apportait que deux ajustements à son onze. Rudy Camacho, à nouveau disponible, revenait en défense centrale, alors que dans l’entrejeu, on faisait la découverte d’un certain Ismaël Koné, future révélation de la saison. Compo similaire, disposition sur le terrain aussi… mais dynamique diamétralement différente du match aller.

Face à un adversaire peinant à défendre ses avances en championnat (et qui visiblement, avait en tête qu’il menait 1-0 après 90 des 180 minutes au lieu de se dire qu’il commençait un nouveau match à 0-0), Montréal a immédiatement cherché à provoquer des duels, à montrer son agressivité positive et à s’engouffrer dans le moindre espace. Il ne fallut que dix minutes pour que ça porte fruit, avec une action construite depuis la défense, ouvrage sur lequel Thierry Henry et Wilfried Nancy avaient mis beaucoup d’emphase depuis deux ans malgré les critiques de certains observateurs. Camacho, déjà très en vue depuis le coup d’envoi, a relancé vers Wanyama qui, tout en gagnant un duel, a fait progresser le jeu vers l’avant en lançant Mathieu Choinière sur la droite : Quioto jugea mieux sa passe que ses adversaires et propulsa le ballon au fond des filets.

On était déjà à égalité parfaite ! Mais ça ne changeait pas trop l’état d’esprit des deux équipes : Montréal était volontaire, Santos Laguna attentiste. Les latéraux locaux pouvaient jouer très haut et Lappalainen en a profité pour initier une combinaison de passes transitant par Miller et Quioto avant que Djordje Mihailovic ne fasse 2-0 d’un tir puissant en plein plafond ! On n’était qu’au milieu de la première mi-temps, la qualification avait déjà changé de camp.

Si l’intensité montréalaise était au rendez-vous, il faut reconnaître que le jeu d’ensemble des deux équipes était peu académique, avec beaucoup de pertes de balle de part et d’autre et un match plutôt décousu. Forts de leur avance, les joueurs locaux ont quelque peu calmé leurs ardeurs offensives, cherchant avant tout à empêcher Santos Laguna de développer son jeu – et ce, sans tomber dans l’anti-football. Et de fait, les Mexicains avaient l’air à court d’idées…

Le passage par le vestiaire à la mi-temps semblait en outre les avoir embrouillés plus qu’autre chose. Dominateur avant le repos, Montréal semblait désormais seul sur le terrain. Il fallut à peine attendre un quart d’heure pour voir la défense de Santos Laguna se faire transpercer une nouvelle fois : lancé à toute vitesse et complètement esseulé, Koné fêtait dignement ses débuts à ce niveau en fixant les chiffres à 3-0 !

Déjà apparemment pétrifiés par la nécessité de protéger leur avance puis de marquer un but, les visiteurs n’avaient pas la ressource pour en remonter davantage. La dernière demi-heure ressembla donc à une promenade de santé pour un Montréal en contrôle face à un Santos Laguna qui aurait mieux fait d’essayer de jouer au foot, comme lors de sa première mi-temps à domicile, plutôt que de venir avec l’intention de défendre, ce qu’il faisait très mal. L’initiative a payé, l’affront de 2009 était partiellement effacé, l’année partait du bon pied et cette victoire, tant pour la qualification que la manière, donnait le ton d’une saison qui allait être de haut vol.

CRUZ AZUL ÉTAIT BEAUCOUP PLUS FORT, MAIS…

Cela dit, le sourire n’était plus aussi radieux au moment de se déplacer à Cruz Azul deux semaines plus tard. Le championnat avait commencé difficilement, avec deux défaites, à Orlando puis à domicile contre Philadelphie à l’issue d’une deuxième mi-temps inquiétante lors de laquelle Montréal, pourtant à onze contre dix, avait joué de manière stéréotypée. Rien de tel, dès lors, qu’un petit tour sur la scène internationale pour changer d’air et dissiper les doutes !

Pas facile, cependant, quand on doit se déplacer à Mexico en déplorant de nombreux absents, la suspension de Quioto s’ajoutant à une déjà longue liste de blessés. Nancy faisait tourner son effectif et, par la force des choses, Lappalainen se retrouvait même au poste d’attaquant.

Favori, Cruz Azul s’est petit à petit installé dans le camp de Montréal qui, malgré tout, ne voulait pas se faire enfoncer et tentait d’éviter de trop reculer… ce qui laissait parfois des espaces à un adversaire qui tentait d’en profiter. La tâche était d’autant plus difficile que Cruz Azul construisait en variant son jeu : tantôt des centres, tantôt des combinaisons ; tantôt court, tantôt long. Et cela finit par payer lorsqu’un manque de coordination en défense a été exploité par Uriel Antuna qui en a profité pour filer ouvrir la marque après 20 minutes.

Homme du match, Antuna a continué d’en faire voir de toutes les couleurs aux Montréalais qui ont encore eu très chaud aux fesses à plusieurs reprises en fin de première mi-temps et pouvaient entre autres remercier Camacho pour une intervention qui leur permettait de ne pas concéder plus d’un but de retard. Un écart au repos étriqué et quelque peu flatteur.

Au retour des vestiaires, rien n’avait changé : Montréal en prenait pour son rhume, Antuna en faisait voir de toutes les couleurs à ses adversaires, mais ses équipiers devant le but continuaient de faire preuve de maladresse. Les occasions locales se multipliaient mais le marquoir ne bougeait pas. En face, le gardien Corona passait une soirée des plus tranquille. La fin de match fut pour le moins décousue : un entraîneur voyait que son équipe souffrait, l’autre que la sienne ferait mieux d’accroître son avance, tous deux ont procédé à une kyrielle de changements qui ont avant tout été sources de désorganisations.

Verdict : une défaite 1-0, comme à Santos Laguna, à l’issue d’un duel toutefois beaucoup plus déséquilibré. Cruz Azul était largement plus fort que l’adversaire précédent mais le score identique à l’issue du match aller laissait espérer qu’il y avait moyen de remettre le couvert en forgeant une qualification au Stade olympique.

CONFORME AUX ATTENTES

Montréal s’y présentait après un détour douloureux à New York City, qui s’était imposé 4-1 en justifiant son statut de champion de MLS en titre. Nancy cherchait encore surtout des solutions sur les flancs mais, pour le reste, semblait tenir sa meilleure équipe du moment, et c’est évidemment à ces joueurs qu’il a fait confiance au coup d’envoi. Mais malgré de bonnes intentions montréalaises, l’écart constaté entre les deux équipes au match aller a vite fait sa réapparition.

Loin de se cantonner à défendre son avance comme Santos Laguna au tour précédent, Cruz Azul a en fait profité du désir d’attaquer des Montréalais pour exploiter quelques failles, obligeant Breza à s’employer à quelques reprises durant la première demi-heure. En face, trajectoires coupées, hors-jeu et manques de solutions pour le porteur du ballon réduisaient les occasions locales à leur plus simple expression. Si Montréal prenait du mieux au fil des minutes… il s’est quand même fait surprendre juste avant le repos par une reprise de volée de l’incontournable Antuna, démarqué et oublié au deuxième poteau.

Sans démériter, Montréal avait montré jusque-là qu’il était inférieur à son, bon, adversaire. Cruz Azul pressait haut et occupait beaucoup mieux le terrain. Les Mexicains semblaient souvent en supériorité numérique de chaque côté de la ligne médiane. Ils ont aussi rapidement décelé les carences adverses. Des observations qui n’avaient pas échappé à Wilfried Nancy, qui a réorganisé son échiquier à la mi-temps. Avec succès, puisque dès la reprise, Montréal affichait un nouveau visage, franchement séduisant.

Mais après dix très bonnes minutes, marquées par deux occasions pour Kei Kamara, la domination fut plus stérile et il fallut attendre la fin de match pour que la menace se précise à nouveau. Un premier corner repris par Kamara fut détourné, et sur le suivant, Joaquin Torres trouva la tête de Camacho, qui égalisait et ramenait de sérieux espoirs de qualification alors qu’il restait un bon quart d’heure à jouer.

Malgré cela, Montréal ne parvenait plus à menacer la défense adverse en place dans le cours du jeu. Le pressing ne manquait pourtant pas. Sans succès, malgré un dernier danger de Quioto après… une contre-attaque. On notera aussi le très bon match du gardien visiteur Jurado, habituellement réserviste et qui avait dû remplacer le titulaire Corona au pied levé. Au final, la meilleure des deux équipes sur 180 minutes est passée au tour suivant.

Certes, on rêvait mieux, avec encore les étoiles de 2015 dans les yeux. Mais se farcir deux adversaires mexicains d’emblée, ce n’était pas le tirage le plus facile, et on peut tirer un bilan plus qu’honorable de cette campagne : une qualification contre Santos Laguna après un match très agréable au Stade olympique et une élimination contre un Cruz Azul supérieur après avoir préservé ses chances de qualification à Mexico et offert quelques bons moments au public montréalais lors du match retour.

C’était, finalement, conforme à des attentes réalistes. À l’image de la première moitié de la saison 2022 en championnat où les objectifs fixés (et globalement atteints) étaient de poursuivre la construction dont on était à la troisième saison, avec des résultats aussi bien dans la manière que dans les chiffres. La suite, elle, fut encore meilleure : de compétitif pendant une demi-saison, Montréal a clairement fait partie des trois ténors qui en ont (largement) dominé la deuxième moitié par la suite – les autres étant le Los Angeles FC et Philadelphie, qui ont fini aux deux premières places du classement et disputé la finale de la Coupe MLS. À un point tel que malgré une élimination décevante en phase finale, tous les bilans de saison faisaient état d’une réussite totale dont le parcours honorable en Ligue des champions n’était qu’une petite goutte au cœur d’un océan de satisfactions. Une goutte, cependant, dont on s’abreuverait avec délectation chaque année !

 

 
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