MONTRÉAL : Sutton, Lyssand (75
e Mert), Pizzolitto, Gervais, Braz (69
e Fronimadis), Zé Roberto, Leduc (57
e Salles), Fukasawa (83
e Gatti), Di Lorenzo, Biello (62
e Di Ioia), Bailey
VIRGINIA BEACH : Nelson, Danbusky, Demmin, Low, Woods, Scwarze, Mack, Skak, Hutchison (86
e Cvilikas), Brillant, Nusum (84
e Micklos)
ARBITRE : M. Lambert
AVERTISSEMENTS : Lowe, Schwarze, Hutchison
EXCLUSION : 90
e Zé Roberto (2j.)
LE BUT : 70
e Brillant (0-1)
Un point sur douze. Voilà le bilan de l’équipe lors des quatre derniers matches. Ce n’était plus arrivé depuis... Depuis quand au fait ? Ah, je n’étais pas encore là. C’était un temps où quand il y avait 5000 spectateurs dans le stade, c’était considéré comme très bien…
Officiellement, c’était entre le 26 juin et le 6 juillet 2002. Mais une des défaites a été concédée après prolongations, ce qui fait que dans les conditions actuelles, l’équipe aurait récolté deux points. Si l’on fait fi des prolongations, il faut remonter aux 4 derniers matches de la saison 2001 pour retrouver un tel bilan. Le club était alors en faillite et les joueurs recevaient le minimum syndical pour jouer…
En outre, le seul point qu’on a pris a été chez le dernier, en jouant à onze contre dix durant une heure…
Ces comparaisons ne sont pas flatteuses. Mais bon, quand on critiquait Bob Lilley parce que ça jouait mal, on se faisait répondre
“Oui mais quand on regarde les chiffres, l’équipe prend des points”. Eh bien les voilà, vos réalités mathématiques.
Avec la suspension de Vincello (on a des suspendus pratiquement à chaque match…), Lyssand restait en défense où il occupait le flanc gauche. Les trois autres postes étaient occupés par le trio habituel. Au milieu, Leduc et Zé Robrto jouaient dans l’axe, Di Lorenzo occupait son flanc gauche et Fukasawa le droit. Devant, De Santis avait choisi d’aligner le duo Bailey - Biello.
Après dix minutes qui ne laissaient rien présager de bon (je commençais déjà à bâiller…), Di Lorenzo lança Biello légèrement excentré sur la gauche. Personne ne vint l’aider, il dut dès lors se débrouiller seul, ce qu’il fit tant bien que mal et au final, Nelson dut sortir un arrêt réflexe pour éviter l’ouverture du score.
Au quart d’heure, Biello se distingua encore, d’un tir brossé des 25m, obligeant Nelson à se coucher. Quelques instants plus tard, Mack tentait sa chance de la même distance mais l’envoi était peu puissant, ce qui n’empêcha pas un peu d’animation devant Sutton quand il le capta.
Un tir de Fukasawa après que la défense visiteuse ait eu du mal à se dégager et un envoi avec un peu d’effet de Zé Roberto seront les seuls faits d’armes des 20 minutes suivantes mais ils ne causeront pas vraiment de problèmes à Nelson, bien placé et auteur d’arrêts faciles.
L’Impact ne parvenait pas à se créer d’occasions mais ce n’était pas surprenant. Devant, Bailey et Biello faisaient une nouvelle fois la preuve de leur non complémentarité devant. On avait déjà pu le voir lors de leur association contre Vancouver plus tôt dans la saison alors que notre rendement offensif ce jour-là avait été nul.
Derrière eux, un trou. Béant. Leduc et Zé Roberto se cantonnaient à leurs tâches défensives. Le Brésilien mettait parfois le nez à la fenêtre, tantôt à droite, tantôt à gauche, mais jamais dans l’axe. Comme si on lui avait interdit d’aller dans cette zone. Sur les côtés, Di Lorenzo était bon mais pas autant que d’habitude alors que Fukasawa était toujours aussi volontaire et inefficace.
Dans ce genre de cas, ça fait longtemps qu’on ne l’a pas répété alors on va le redire, le miracle arrive par coup de pied arrêté, exploit individuel, tir de loin sorti de nulle part ou grosse erreur de l’adversaire. La première option faillit se concrétiser quand un coup franc en deux temps tiré de manière très puissante par Pizzolitto frôla le poteau de Nelson.
Mais en dehors de cela, le match était on ne peut plus fermé. Il se jouait dans le tiers central, avec très peu d’espace entre les deux défenses et souvent une grappe de joueurs concentrés sur quelques mètres. La construction était quasi inexistante d’un côté comme de l’autre, contrairement aux innombrables passes latérales et en retrait.
Dans les cinq dernières minutes de la mi-temps, on eut à se mettre sous la dent : un centre de Lyssand pour Zé Roberto qui se jeta mais qui était trop court, un centre de Braz pour les bras de Nelson et un une deux Fukasawa - Biello dans la zone dangereuse avec un ballon poussé trop loin.
L’Impact pouvait continuer à jouer de la sorte pendant une semaine, il n’aurait pas trouvé le fond des filets. C’était statique d’un bout à l’autre, et surtout sans ballon. Seul Biello bougeait et tentait de créer des espaces. Zé Roberto aussi tirait bien son épingle du jeu. Mais quand même, à certains moments, c’était à se demander si on avait onze joueurs sur un terrain de soccer ou onze vaches dans un pré. Une photo témoigne de cet était de fait :
Après la pause, certains allaient retrouver un certain niveau, d’autres encore empirer. Dans le rôle du bovin principal, Nevio Pizzolitto. Après trois minutes à peine, il allait se trouer complètement pour la première fois et si ce n’était un retour en catastrophe de Braz pour sauver les meubles, c’eût probablement été 0-1.
On croyait que l’équipe s’était réveillée après la passe de Fukasawa pour Bailey au deuxième poteau que le Trinidadien prolongea peu à côté et un mouvement intéressant sur la droite avec Biello qui remit directement à Fukasawa dont le centre ne trouva personne. Erreur…
Une heure de jeu. Ma mâchoire est presque arrachée. Je me dis qu’à l’entrée, plutôt que de distribuer des sièges, ils auraient dû offrir des oreillers. Il fallut attendre la montée au jeu de Salles pour que ça s’anime enfin. Et si le Brésilien est parfois inefficace et maladroit, il faut reconnaître que quand il est sur le terrain, l’ensemble de l’équipe joue mieux. Est-ce un hasard ? Je ne pense pas.
Mais, ô surprise, Nick De Santis décida de placer l’attaquant… dans le trou béant du milieu de terrain. Vraiment bizarre comme décision…
Le duo d’attaque n’ayant rien montré, il décidé de faire monter Di Ioia. C’est Biello qui fit les frais du changement, alors qu’il n’avait pas démérité. Mais avec un calendrier aussi débile, et trois matches en cinq jours dans ce cas, il est logique que l’entraîneur ait voulu épargner les forces de son capitaine.
Toujours est-il qu’à partir de ce moment, Bailey se réveilla et procéda à plusieurs déviations en un temps créant de l’espace pour un équipier. Le premier à en bénéficier sera Salles, qui pouvait partir seul au but. Enfin, seul, pas tout à fait, car un défenseur lui collait aux basques et l’aider à s’emmêler les pinceaux. Il ne tira même pas mais poussa le ballon à côté.
On jouait mal. Très mal. Mais, voilà la note positive de la soirée, contrairement à une époque où les réalités mathématiques étaient bonnes mais celles du terrain affligeantes (pour le dire autrement, l’ère Bob Lilley), l’équipe impose le respect et les soirs où elle est prenable, comme ce vendredi, son adversaire n’ose pas trop prendre de risques. Malheureusement pour nous, ça n’a finalement rien changé lors de cette rencontre.
Au milieu de la deuxième mi-temps, on se procura deux corners de suite. Sur le second, Di Ioia (qui a amené beaucoup d’animation après son arrivée sur le terrain) tenta sa chance d’un angle fermé mais son tir passa légèrement au-dessus.
Une minute plus tard, Pizzolitto rata complètement son intervention et Nusum put tirer de loin. Sutton, avancé, était battu. Heureusement, l’envoi passa tout juste à côté du but.
On eut à peine le temps de se remettre de cette occasion que Pizzolitto commit une nouvelle bourde, donnant carrément le ballon à Brillant. Le Québécois de Virginia Beach ne rata pas cette occasion de marquer sous les yeux de certains de ses proches (0-1).
120 secondes plus tard, Fronimadis, qui semble revenu dans les grâces de l’entraîneur, reçut un ballon plein axe, à 20m du but. Il avait tout le temps et l’espace pour tirer. Vous savez, les tirs puissants et précis qu’il nous avait offerts ces dernières années, certains se terminant par un superbe but. Eh bien sur ce coup, il tenta lamentablement une passe, n’importe où et totalement ratée. Vous avez dit confiance ? Vous avez mis le doigt sur un problème !
Les 20 dernières minutes seront plus animées mais pas forcément plus convaincantes. Di Ioia, d’un tir et à l’affût après un excellent envoi à distance de Mert que Nelson eut du mal à contrôler, fut le plus dangereux. Zé Roberto tenta aussi sa chance des 25m (que de tirs à cette distance !), le ballon passa juste au-dessus.
De l’autre côté, on misait sur le contre. Une tête de Nusum passa d’abord peu au-dessus avant de prendre Pizzolitto de vitesse et de se présenter seul face à Sutton qui, par un bel arrêt, conserva l’intérêt de la fin du match.
Précipitation et n’importe quoi allaient se mêler en fin de partie, au lieu de la vitesse et de la précision nécessaires. Ca aurait pu quand même se concrétiser au marquoir lors d’un gros cafouillage dans le rectangle qui ne déboucha cependant sur rien de concret.
Il restait 5 minutes dans le temps réglementaire. Di Lorenzo s’apprêtait à botter un coup franc. Derrière lui, il restait Sutton et deux joueurs de champ. L’un d’entre eux était Salles. Un pressing de fin de match avec notre meilleur buteur comme avant-dernier défenseur, sur un coup de pied arrêté en notre faveur. C’est quoi ce bordel ? Le tout grand n’importe quoi de ce match illustré en un instant…
Dans les minutes suivantes, le Brésilien a tenté sa chance du gauche des 25m (est-ce qu’on était obligé d’être è cette hauteur sur le terrain pour tirer ?) mais Nelson était une nouvelle fois bien placé. Comme il allait bien se coucher sur une tête de Salles qui reprenait un coup franc quelques instants plus tard (ben oui quoi, il était plus utile là…)
Entre temps, Sutton avait encore sauvé la mise quand il sortit avec beaucoup de détermination dans les pieds de Nusum, parti en contre.
La dernière occasion fut pour Gatti, aligné pour la deuxième fois cette saison, dont la tête plongeante passa peu à côté.
Pour terminer la rencontre sur une mauvaise note, Zé Roberto a fauché dans le rond central, plus par fatigue et maladresse, un adversaire qui s’en allait seul au but. Il aurait dû recevoir une carte rouge directe, ce fut la deuxième jaune. L’exclusion était quand même là mais pour ne rien arranger, le Brésilien s’est fracturé le tibia sur son intervention. Sa saison est terminée. Décidément, une saison noire pour lui.
Une attaque déprimée et déprimante, en manque de confiance, une défense méconnaissable, un milieu en manque d’imagination et trop dépendant de la forme d’un ou deux joueurs : mais qu’est-il arrivé à l’équipe séduisante qui a battu Seattle et Rochester ?