La meilleure attaque, c’est la défense

Impact Montréal - New York Red Bulls 3-0 – Match de championnat (phase classique) joué le 01/09/2018

MONTRÉAL : Bush, Sagna, Fanni, Raitala, Lovitz, Piette, Azira, Taïder, Silva, Piatti, Amarikwa (78e Mancosu)

NEW YORK : Robles, Lade (58e Murillo), Escobar, Long, Lawrence, Davis (61e White), Rzatowski, Etienne (67e Muyl), Kaku, Royer, Wright-Phillips

ARBITRE : M. Marrufo

LES BUTS : 30e Fanni (1-0), 38e Sagna (2-0), 90e Piatti (3-0)


Après avoir dégoûté une équipe de New York émoussée qui s’est vidée de tout son jus dans la première demi-heure, les défenseurs de Montréal ont ensuite joué les rôles décisifs dans les deux premiers buts d’une victoire 3-0 qui n’a plus été contestée après l’ouverture du score sur corner par Fanni, auteur d’un tout grand match.

Pour la venue de New York, qui joue la tête mais en était à son cinquième match en quinze jours, Rémi Garde était privé de Camacho, relayé sans surprise par Raitala, et alignait ses trois renforts du mercato de concert, puisqu’Amarikwa commençait en pointe et qu’Azira épaulait Piette et Taïder dans l’entrejeu d’une équipe dont la disposition était plus conforme à ce qu’on connaît depuis plusieurs semaines. Dans le camp d’en face, plusieurs joueurs importants manquaient à l’appel, à commencer par Adams, mais aussi Murillo et Parker.

Ça n’empêchait évidemment pas les visiteurs de vouloir immédiatement imposer leur jeu et leur célèbre pressing haut. Ils investissaient donc le camp de l’Impact, timidement d’abord, mais avec de plus en plus d’insistance au fil des minutes. Reste que la première occasion est revenue aux Montréalais, sur un contre que Silva a tenté de jouer individuellement – il avait l’espace pour se le permettre, mais a complètement raté sa frappe de loin.

La première moitié de la première mi-temps a cependant fait courir un risque de torticolis à bien des spectateurs tant tout se passait dans la même partie de terrain. Pas seulement la moitié la plus proche de Bush, mais bien le flanc droit de New York, son côté fort par lequel il passait presque systématiquement. Ajoutez à cela du pressing et de la pression… et vous aurez quelque chose de bien beau mais qui a souvent cruellement manqué de variété. Et les mouvements des visiteurs semblaient de plus en plus prévisibles pour les défenseurs de l’IMFC, déjà dans d’excellentes dispositions.

Leurs vis-à-vis avaient bien moins de travail, mais n’étaient pas aussi précis. Ainsi, sur un contre, après plusieurs dégagements approximatifs, Azira put contrôler et tenter sa chance de loin : c’était cadré mais peu puissant et nullement inquiétant pour Robles. Reste que malgré la domination nette de ses couleurs, ce dernier n’avait pas franchement eu bien moins de travail que Bush.

Les supporters de l’IMFC avaient alors de quoi se montrer inquiets. Leurs favoris avaient quand même beaucoup de mal à s’extirper de l’étau et à ne serait-ce qu’amener le ballon dans le camp adverse. Mais au lieu de porter le coup de grâce, New York eut besoin de chercher son second souffle (qu’il ne trouva finalement jamais). Ce que les joueurs de Montréal ont parfaitement senti, se montrant dès lors plus entreprenants.

Mis à très rude contribution depuis le coup d’envoi, les défenseurs montréalais auraient aussi pu avoir besoin de respirer. Mais ce n’était visiblement pas nécessaire. Au lieu de ralentir pour reprendre des forces, ils allaient profiter de leur moment de supériorité. Auteur d’un très gros match défensif, et probablement meilleur joueur sur le terrain ce soir, Fanni a repris un corner de Taïder d’une tête décroisée qui a touché l’intérieur du piquet gauche de Robles avant de finir au fond des filets (1-0).

Un but qui vous donne des ailes (sans mauvais jeu de mot ni référence à l’Europa League) face à un adversaire dans un temps faible : l’idéal pour une équipe de Montréal qui n’a plus subi le jeu comme durant la première demi-heure – malgré un temps de possession toujours favorable à New York jusqu’à la pause – et a même commencé à enchaîner les occasions.

Un contrôle complètement raté de Kaku au milieu du terrain a permis à Piatti de partir alors qu’il n’y avait plus tellement de défenseurs face à lui. Voyant Robles un peu avancé, l’Argentin a tenté un petit lob qui a fini sur le toit du but. Dans la minute suivante, Sagna, monté haut, a donné devant lui à Silva dont le centre est arrivé à Amarikwa. Pas dans la meilleure position, il a vu Taïder bien mieux placé juste derrière lui et lui a glissé le ballon mais le tir de l’ancien pensionnaire de Bologne a fini au-dessus.

Il était dit que la délivrance devait venir sur phase arrêtée. Et des défenseurs. À la réception d’un coup franc de Silva au deuxième poteau, Raitala a effectué une remise aérienne vers le montant opposé où Sagna a prolongé le ballon dans le but. 2-0 ! Si New York a une des défenses les plus solides de MLS, elle a quand même une grosse faiblesse : les phases arrêtées. Montréal l’a parfaitement exploitée, et s’est ainsi mis en selle pour galoper vers les trois points.

Auteurs d’un match cinq étoiles derrière pour éviter que Bush ne doive trop travailler durant le plus fort du pressing adverse, les défenseurs couronnaient leur prestation par leur implication offensive déterminante. Il ne manquait que Lovitz sur la liste, et il aurait dû lui aussi avoir sa passe décisive quand, après avoir bénéficié d'énormément d’espace pour déborder, il a glissé le ballon en retrait à Piatti, complètement seul mais dont le tir a filé dans les nuages.

La deuxième mi-temps fut équilibrée entre une équipe de New York qui ne parvenait plus à imposer le rythme nécessaire pour revenir à la marque et un onze montréalais qui jouait ses partitions défensive et offensive en parfaite harmonie. On est donc allé d’un but à l’autre tout au long des 45 minutes, plaisantes mais au cours desquelles la physionomie des débats n’aurait jamais permis à quelqu’un ne connaissant pas le score de le deviner.

La première occasion fut montréalaise : après un beau travail dans l’axe, Piatti a glissé le ballon sur sa droite à Silva seul face à Robles, dont l’intervention dans le face-à-face fut impressionnante de solidité et permit de transformer un but qui semblait tout fait en corner.

La suivante fut pour New York, et surtout très symptomatique de l’état des visiteurs. Etienne ne parvenait pas à maîtriser un centre de la droite, le ballon arrivait à Wright-Phillips juste derrière lui : celui qui est d’ordinaire un redoutable buteur a enchaîné un bon contrôle et une frappe molle hors-cadre alors qu’il était en position de faire beaucoup mieux.

Si les visiteurs n’avaient pas varié leurs incursions offensives en début de match, Montréal, lui, faisait preuve de bien plus de diversité. L’équipe alternait les phases de possession (de 39% à la pause, elle est passée à 48% sur les 90 minutes) et les reconversions rapides. Sur l’une d’elles, la remontée du terrain impliqua de nombreux joueurs, et donc tout autant de passes, se finissant par un centre d’Amarikwa remis par Taïder vers Silva à l’entrée du rectangle. Malgré les deux défenseurs devant lui, l’Uruguayen est parvenu à tirer, mais son envoi a fini au-dessus. Ce fut bien plus direct cinq minutes plus tard, quand Robles dut sortir (superbement) à plus de 30 mètres de son but pour contrer Amarikwa lancé seul en profondeur.

New York peinait à réagir et encore plus à s’approcher du but de Montréal. Pas surprenant, vu que les visiteurs ne l’avait déjà pas fait durant leurs seules 25 bonnes minutes du match… Il fallut un coup franc joué en retrait pour voir Kaku envoyer un tir digne de ce nom, peu à côté de la cible, mais même si ça avait été cadré, Bush n’aurait pas été battu d’avance.

Voyant le chrono tourner et voulant malgré tout essayer de recoller à la marque, New York a poussé davantage à partir du milieu de la deuxième mi-temps. C’était moins intense qu’en début de rencontre, et encore moins menaçant puisque le principal danger fut un tir de loin écrasé signé Kaku, que Bush capta en se couchant sans le moindre problème sur le ballon.

Mais bon, les visiteurs voulaient quand même prendre des risques et laissaient donc des espaces. Taïder en profita, ponctuant un bel effort individuel plein axe d’un tir mal négocié par Robles, sauvé par son poteau avant que Piatti ne surgisse pour envoyer le ballon au fond des filets. Un but annulé par la vidéo pour un hors-jeu de l’Argentin tout sauf évident sur les images qui nous ont été proposées (les mêmes que l’arbitre a vues pour décider). Rappelons que le règlement est pourtant clair : un arbitre ne peut se déjuger après avoir utilisé la vidéo que si son erreur est manifeste… Il y avait pourtant bel et bien un joueur hors-jeu au moment du tir de Taïder : Amarikwa, dont le mouvement sur le rebond a pu gêner Robles, on le concède. Mais là encore, ça se discute, et le juge de ligne aurait dû le voir en temps réel.

Quoi qu’il en soit, c’était toujours 2-0, et pas parti pour changer. Royer, complètement invisible tout au long de la soirée (à la pause, il avait réussi… 3 passes !), rappelait à tout le monde qu’il était bel et bien sur le terrain, d’un tir de loin qui a fini au-dessus. Si l’Autrichien a été fantomatique 90 minutes durant, ses dix partenaires n’étaient plus là non plus, même les plus frais et ceux qui s’en étaient le moins mal sorti.

Voyant que les défenseurs avaient la tête ailleurs, Silva a carrément semblé surpris mais tout heureux de pouvoir ajuster un tir de loin, repoussé par le poteau : Taïder fut le plus prompt au rebond (difficile d’imaginer un joueur adverse l’être), avait échappé au piège du hors-jeu mais, fin seul, a tiré au-dessus.

Ce n’était que partie remise. À peu près à la même distance du but mais avec des joueurs des deux camps positionnés autrement, Silva vit cette fois Piatti complètement seul sur la gauche. Il ne s’en étonna même pas, et glissa parfaitement le ballon dans la course de son partenaire qui put, en toute quiétude, finalement marquer son petit but et fixer les chiffres à 3-0.

“La meilleure défense, c’est l’attaque” fait partie des expressions du ballon rond que l’on entend souvent. Son sens, c’est que le meilleur moyen de ne pas encaisser est de jouer devant. Ce soir, on pourrait dire que “la meilleure attaque, c’est la défense”, avec une interprétation bien différente toutefois. Non, ce n’est pas en bétonnant (et en misant sur la vitesse ou la technique de joueurs offensifs) que Montréal a gagné, mais bien parce que ses défenseurs ont eu un rôle crucial dans les buts décisifs de ce match. En plus d’être impeccables derrière.

En une semaine, la situation a bien changé : la défaite à Toronto avait suscité bien des inquiétudes. Depuis lors, les Ontariens ont perdu deux rencontres et se retrouvent à neuf points de Montréal, avec seulement un match de moins, et surtout un calendrier bien plus difficile. Les principales menaces se nomment donc New England (6 points de retard, 2 matches de moins) et DC United (9 points de retard, 4 matches de moins), deux adversaires que l’IMFC affrontera d’ici la fin de la saison régulière et dont le droit à l’erreur se réduit chaque semaine. Les deux ont des rendez-vous compliqués à venir, pendant que Montréal ne jouera pas en championnat pendant la trêve internationale, avant de reprendre le collier dans deux semaines à Philadelphie.

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