Apprentissage à la dure

Columbus Crew SC - Impact Montréal 3-2 – Match de championnat (phase classique) joué le 10/03/2018

COLUMBUS : Steffen, Afful, Mensah, Abubakar (90e Clark), Valenzuela, Trapp, Artur, Martinez (58e Argudo), Higuain, Santos (82e Crognale), Zardes

MONTRÉAL : Bush, Petrasso, Cabrera, Raitala, Lovitz, Piette, Krolicki, Taïder, Vargas (66e Edwards), Piatti, Mancosu

ARBITRE : M. Penso

AVERTISSEMENTS : Krolicki, Steffen

LES BUTS : 12e Higuain (pen., 1-0), 16e Zardes (2-0), 59e Piatti (2-1), 85e Edwards (2-2), 90e Zardes (pen., 3-2)


Balayé en première mi-temps par un adversaire largement supérieur, Montréal a fait preuve d’abnégation pour remonter deux buts de retard avant de concéder un penalty, et la défaite 3-2 à Columbus, dans les derniers instants. Un point perdu décevant sur le coup, mais un match dont les bénéfices à terme pourraient peut-être valoir bien plus.

De retour en forme, Vargas pouvait fêter sa première titularisation. Ce fut finalement Edwards qui en fit les frais : le Chilien a donc évolué à droite, et Krolicki a été confirmé dans le onze de base. Fanni commençait sur le banc, où était toujours Oduro au contraire de Choinière et Shome.

La tâche était bien plus difficile que la semaine dernière, face à une des meilleures équipes de MLS, qui a déjà prouvé ses bonnes dispositions dès la première journée avec une victoire impressionnante à Toronto. Même si les chances de ramener quelque chose de ce déplacement étaient bien plus faibles que la semaine dernière, il était quand même plus intéressant. On aurait assurément droit à un meilleur match. Mais aussi un adversaire représentant mieux la MLS (utile aussi bien pour le nouveau staff que les joueurs). Et la qualité en face, ça fait progresser l’équipe, contrairement à un adversaire qui ne fait rien et endort tout le monde avant de marquer des buts sortis de nulle part comme Vancouver.

Bon, ça c’était évidemment le point de vue d’avant-match. Ce duel, il fallait encore le jouer, et sur le terrain on a parfois des surprises. Columbus a quand même rapidement montré ses qualités. L’équipe locale s’est procurée la première occasion quand Afful a dépassé Lovitz et envoyé un tir d’un angle fermé repoussé par Bush.

Mais Montréal n’était pas en reste. Le bloc jouait très haut par moments. Même pour presser l’adversaire quand il tentait de reconstruire à partir de sa défense. Et quand l’équipe attaquait, il y avait du monde dans le rectangle adverse… comparé aux saisons précédentes. Cela a notamment permis un bel échange collectif à l’issue duquel Vargas a été isolé à l’entrée du rectangle : sa puissante frappe a été repoussée par la transversale.

Malheureusement, les carences actuelles ont rapidement été payées au prix fort. Jouant toujours les défenseurs centraux de fortune, Raitala s’est retrouvé très loin de sa zone de confort en marquage sur Abubakar lors d’un corner. Il l’a retenu par l’épaule, provoquant un penalty indiscutable qu’Higuain a converti en prenant Bush à contre-pied (1-0).

Columbus était lancé et a enfoncé le clou rapidement. En marquage sur Artur au premier poteau lors d’un coup franc de Columbus côté droit, Piette a devancé son adversaire mais a quasiment repris le ballon comme un attaquant, l’envoyant sur la transversale. Premier au rebond, Zardes a doublé l’avantage de ses couleurs (2-0).

La suite de la première mi-temps fut quasiment à sens unique. Les joueurs locaux sont passés le plus près de leur troisième but quand Martinez, après un une-deux avec Higuain dans le rectangle, a envoyé une passe au sol au deuxième poteau où Zardes s’est jeté mais a manqué le ballon d’une petite pointure.

Cependant, un peu comme lors de certains matches amicaux, même dominé, l’Impact arrivait à mettre le nez à la fenêtre. Taïder était dans les meilleurs coups. Comme quand, suite à une combinaison avec Vargas, il eut le temps d’envoyer un tir de loin, au-dessus. Ou quand il botta un coup franc sur lequel Raitala fut le plus prompt, envoyant néanmoins une reprise trop molle pour inquiéter Steffen.

Par moments, Columbus offrait une démonstration en première mi-temps. Sorties de défense, remontées de terrain, combinaisons collectives : on n’avait pas là une équipe de début de saison cherchant ses marques, mais bien des automatismes dignes du début de saison, et ce malgré pas mal de changements dans l’effectif cet hiver. Que revendiquer face à cela ? Pas grand-chose… Mais il faut se servir de la situation pour que quand on affronte ensuite un adversaire d’un niveau moindre, cela semble facile.

Dès la reprise, la domination locale se confirmait sur une action entamée et conclue par Valenzuela, sur un centre d’Afful, une reprise repoussée par Bush. Les deux arrières latéraux aux avant-postes, le ballon qui se promène facilement dans le rectangle de l’Impact, cela semblait trop facile… et ça peut être dangereux pour l’équipe qui mène la danse. Car Columbus a commencé à se reposer sur ses lauriers. Et, alors qu’on est encore début mars, on a déjà compris que cette saison contre Montréal, ça ne pardonnera pas souvent.

Face à un adversaire trop bien dans ses pantoufles, Montréal a soudain joué un peu seul. Et il ne se privait évidemment pas de tenter de revenir au score. En une petite dizaine de minutes, on nota ainsi un tir de Taïder droit sur Steffen, une relance ratée du gardien suite à laquelle Piette tira trop haut, un centre de Lovitz légèrement touché par Mancosu qui ne redressa pas suffisamment la trajectoire du ballon, un bel effort individuel de Taïder qui croqua toutefois sa frappe, ainsi qu’une action personnelle de Mancosu qui n’a eu d’autre option que d’envoyer un tir repoussé par Steffen.

Cette volonté méritait d’être récompensée, et elle le fut peu avant l’heure de jeu. D’autres diront que la nonchalance adverse méritait d’être punie… et c’est d’ailleurs elle qui a mené au but. Santos a envoyé une passe anodine à Higuain, qui reculait pour attendre le ballon sans voir que Piette n’avait qu’un pas à effectuer pour l’intercepter dans l’espace. Ce qu’il fit, avant de l’envoyer directement vers Piatti qui, d’un crochet et d’une frappe croisée bien placée, relança le match (2-1).

Si Columbus a repris ses esprits, il avait quand même du mal à troquer son pyjama contre son costume trois pièces de la première mi-temps. Alors, Montréal continuait sur sa lancée. En arrivant toutefois plus difficilement dans les parages du but adverse. Cela n’a pas empêché une très belle occasion sur laquelle Taïder s’est enfoncé dans l’axe, a combiné avec Vargas qui lui a remis le ballon d’une talonnade, puis a envoyé un tir qui a fini un rien à côté du poteau droit de Steffen.

Après deux rencontres, on a aussi constaté de grosses améliorations en matière de condition physique. Cela s’est vu à Vancouver, ça s’est confirmé aujourd’hui. Tant individuellement que collectivement, d’ailleurs, il y avait quelques contrastes entre les deux équipes en fin de rencontre. Certains joueurs de Columbus semblaient émoussés. Beaucoup plus ennuyeux pour eux : à 25 mètres du but de Steffen, il n’y avait quasiment plus personne pour récupérer le ballon, alors qu’un ou deux montréalais isolés pouvaient permettre à leurs couleurs de repartir rapidement vers l’avant.

Ces deux points combinés ont permis à Montréal de réenclencher une vitesse dans les 20 dernières minutes pour relancer la course à l’égalisation. Premier coup de semonce : un bon travail de Piatti sur la gauche du rectangle ponctué d’un centre qui est passé devant tout le monde avant d’arriver de l’autre côté où Edwards l’a maladroitement repris du tibia.

Autre observation intéressante, mais nouvelle celle-ci : le comportement en phase offensive. Par le passé, on a souvent vu l’Impact, quand il courait derrière le score, presser constamment de la même façon, c’est-à-dire le plus qu’il le pouvait au moment présent. Aujourd’hui, on voyait qu’il choisissait ses situations pour faire reculer son adversaire, masser du monde dans le rectangle, prendre certains risques ou tenter une combinaison rapide pour aller au but. Un de ces moments faillit être récompensé quand Lovitz envoya un centre vers Mancosu dont la reprise fut repoussée par la barre.

On a parlé quelques fois en ce début d’année du lien entre la fatigue et le manque de lucidité en fin de rencontre. C’est ce qu’on a vu dans la défense de Columbus, qui a dégagé un coup franc de manière catastrophique, permettant aux nombreux montréalais dans le rectangle d’y faire traverser le ballon jusqu’à Cabrera, dont la reprise de la tête prenait la bonne direction jusqu’à ce que Steffen ne réalise un arrêt fabuleux.

Sur le contre, Cabrera dut revenir dare-dare, et s’il gagna son duel musclé avec Santos, il ne put empêcher le ballon de se rendre à Zardes dont la reprise en force termina à côté.

Mais c’est bel et bien devant le but d’en face que le péril était le plus fréquent. Après son gros raté technique quelques minutes plus tôt, Edwards se reprit de la meilleure des façons en envoyant au fond des filets un centre de Lovitz d’une volée aussi esthétique qu’efficace (2-2).

L’abnégation montréalaise avait payé. L’équipe était bien dans le match. Oduro, que Rémi Garde aurait lancé dans la course à l’égalisation, pouvait retourner sur le banc. Mais Columbus a aussi des ressources mentales (de quoi rassurer ses supporters, ce fut un des gros problèmes il y a deux ans) et retrouva une partie de son football pour tenter de remettre les trois points dans son escarcelle. Ainsi, un beau une-deux avec Higuain permit à Afful de se retrouver en excellente position, mais l’arrière droit tira trop sur Bush pour le menacer.

On arrivait dans les tout derniers instants quand Argudo, servi par Valuenzela, s’enfonça dans le rectangle, dans le dos de Krolicki qui, sans doute par désespoir et volonté de montrer en effort, a tendu la jambe derrière lui. Une erreur de jeunesse monumentale, car ses chances de toucher au ballon étaient nulles… contrairement à celles d’accrocher son adversaire. Ce qui se produisit. S’il doit plaider coupable, ça ne veut pas dire qu’il faut en faire le bouc-émissaire du résultat : on a suffisamment reproché à quelques entraîneurs précédents de ne pas faire jouer les jeunes en les entourant bien. Là, c’est le cas, et si c’est bon pour l’apprentissage du joueur, c’est aussi associé à des risques qui se payent parfois cash.

L’Impact concédait ainsi son deuxième penalty de la journée. Sur celui-ci, Zardes s’avança pour le tirer et envoya le ballon en plein plafond. 3-2, et cette fois plus la moindre seconde pour tenter d’égaliser.

Il y a de nombreuses façons de réagir à cette rencontre. Si on regarde le résultat, l’amertume prédomine. Mais à de bien des égards, ce match fut très riche en apprentissage et en enseignements, tant dans l’exécution de certains préceptes, que dans la connaissance de la MLS pour les nouveaux (sur le terrain et sur le banc), les progrès effectués sans s’en rendre compte face à un adversaire de qualité, et on en passe. Et si finalement, ce point perdu avait accéléré la progression de l’équipe, permettant d’en gagner bien davantage à l’avenir ?

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