Le gros mental battu par le souci du détail

Impact Montréal - Toronto FC 1-3 – Match de championnat (phase classique) joué le 27/08/2017

 Impact de Montréal
MONTRÉAL : Bush, Duvall, Cabrera, Ciman, Lovitz, Piette, Dzemaili, Bernier (66e Romero), Salazar (70e Oduro), Piatti, Mancosu (55e Jackson-Hamel)

TORONTO : Bono, Zavalata, Moor, Mavinga, Hasler (70e Beitashour), Morrow, Bradley, Delgado (70e Osorio), Vazquez, Giovinco, Altidore (80e Ricketts)

ARBITRE : M. Sibiga

AVERTISSEMENTS : Dzemaili, Cabrera, Zavaleta, Ciman

LES BUTS : 41e Giovinco (0-1), 52e Altidore (0-2), 90e Piatti (1-2), 90e Giovinco (1-3)


Combatif dès les premiers instants, Montréal a vendu chèrement sa peau mais a dû s’incliner 1-3 face à une équipe de Toronto qui a fait preuve à la fois de beaucoup de contrôle et d’une grande propension à faire la différence tant dans les détails que dans les moments importants.

Effectif presque au complet (on pense évidemment à l’infortuné Oyongo), gros match et gros choix pour Mauro Biello, puisque plus de 11 joueurs lui avaient donné satisfaction au cours des dernières semaines. L’entraîneur a estimé que Cabrera, Salazar et Mancosu faisaient partie du onze le plus en mesure de battre Toronto. On retrouvait donc Fisher, Oduro et Jackson-Hamel sur le banc. En face, Greg Vanney semble avoir trouvé son onze de base et, malgré la rencontre de mercredi à Philadelphie, il n’en dérogeait pas.

La “mentalité” fut un des éléments centraux des discours montréalais tout au long de la semaine. Comment cela allait-il se traduire ? C’est simple : dès le coup d’envoi, Montréal a tenté de presser son adversaire comme un citron et de l’obliger à se recroqueviller dans son camp. Histoire, probablement, de l’impressionner. L’équipe locale s’est aussi la première mini-occasion, un tir à distance de Salazar sur lequel Bono s’est couché sans problème.

Ça a tenu le temps que ça a tenu… mais ça a vite fini par se rééquilibrer dans la possession et dans le jeu. Parce que dans les duels, l’avantage a longtemps été nettement montréalais. Ce qui permettait à Bernier et consorts de parvenir à équilibrer les échanges. En matière d’occasions aussi, c’était du 50-50. Il fallait donc arriver à la mini-occasion torontoise : servi plein axe à 25 mètres du but, Altidore, tenu de près, a tenté un tir de loin, hors-cadre.

C’est au quart d’heure que Montréal fut le plus menaçant en première mi-temps, suite à un coup franc sur le coin gauche du rectangle obtenu après une faute de main de Delgado. Dzemaili a tiré au sol vers le coin opposé du but, mais d’une superbe détente, Bono a non seulement repoussé le ballon mais il l’a aussi écarté de quelques montréalais à l’affût du rebond.

La partie de ping pong se poursuivait. Et donc, l’occasion suivante serait torontoise. Une possibilité aux cinq minutes : pas un rythme surmené dans ce domaine, ce qui n’empêchait pas le match d’être très agréable à suivre, et pas seulement en raison de l’ambiance et du fait qu’il était serré. Altidore, qui prenait du volume au fil des minutes, a crocheté sur la gauche du rectangle avant de tenter sa chance d’un angle fermé à la base et encore réduit par la sortie du Bush, sur lequel il a tiré.

Si la menace montréalaise la plus sérieuse avant la pause fut le coup franc de Dzemaili, ce ne fut peut-être pas la plus belle possibilité locale. En effet, elle a été initiée d’une ouverture lumineuse de Bernier pour lancer Mancosu sur la droite : attentif, Piatti avait parfaitement suivi, et était en position idéale face au but, démarqué. Mais après avoir trop traîné, l’Italien a décidé d’y aller tout seul et de tirer, dans le filet latéral. Gâchis…

À la demi-heure, l’énergie de la volonté montréalaise commençait à diminuer, les duels à s’équilibrer, et Toronto a tout doucement pris le dessus. Cela a commencé quand il a dessiné un beau mouvement sur la gauche permettant à Giovinco de servir Morrow qui a envoyé un centre tendu au sol sur lequel tout le monde s’est jeté… mais personne n’a réussi son geste, ni d’un côté ni de l’autre. Le ballon a terminé sa traversée dans les pieds de Delgado, qui a à son tour envoyé un centre qui a parcouru le petit rectangle où personne n’était en position de toucher le ballon jusqu’à ce que Duvall ne le dégage. Bradley l’a récupéré et a tenté un tir de loin, dans les nuages.

L’intensité montréalaise dans les duels était encore souvent au rendez-vous. L’adresse, un peu moins. Et comme Toronto traînait de plus en plus aux abords du rectangle, les visiteurs ne perdaient pas de vue la possibilité d’obtenir un coup franc bien placé… C’est arrivé une première fois, plein axe : Giovinco a tiré au-dessus.

Deuxième chance pour les visiteurs après un duel très accroché entre Dzemaili et Altidore, au point que l’international suisse a commis la faute. Un autre coup franc dangereux pour Toronto, cette fois sur la gauche du rectangle : Giovinco n’a pas laissé passer sa chance, inscrivant son cinquième but de la saison sur coup franc direct, le sixième de son équipe cette saison de la sorte, et le premier des siens de l’après-midi (0-1).

Si le bilan global de la première mi-temps était à l’avantage de Toronto, c’était très léger, et ça ne justifiait pas forcément le but d’avance. Bien entendu à la pause, Montréal avait l’impression d’être parfaitement dans le coup, et voulait transformer cela en réalité en égalisant dès que possible. Sans surprise, les joueurs locaux sont revenus sur le terrain en force (d’autant plus prévisible que leurs débuts de deuxième mi-temps sont souvent inspirés).

La grosse volonté d’égaliser avait toutefois du mal à se matérialiser. Montréal allait quand même se créer une occasion… traduisant bien ce début de deuxième mi-temps. La volonté, la pression furent la cause des problèmes de Toronto à se dégager. Piette était à la récupération et a directement glissé a Bernier qui a tenté une reprise en un temps, mais Bono était à la bonne place : le danger n’était finalement pas si grand.

Par contre, cette intensité, ce fameux “mental” était peut-être trop orienté vers l’attaque, et ça a coûté cher. Une touche jouée rapidement sur laquelle la défense était inattentive a profité à Delgado (qui passe son temps à observer ses adversaires et à bouger en fonction de leurs mouvements ou distractions) : il a débordé sur la droite et a pu envoyer un centre bondissant au petit rectangle où Altidore, complètement oublié, s’est contenté d’une touche croisée en douceur pour tromper Bush (0-2).

L’Impact a mis une petite dizaine de minutes à s’en remettre. Durant ce laps de temps, Toronto a eu une chance énorme de plier complètement les débats. Servi par Giovinco, Hasler, sur la droite, a profité du fait que tant la défense que Bush étaient à nouveau débordés pour envoyer un centre qu’il aurait suffi de prolonger dans le but, mais la passe était trop longue : au poteau opposé, Vazquez s’est emparé du ballon, l’a remis en zone dangereuse, ce qui a engendré une nouvelle situation confuse dans le rectangle jusqu’à ce qu’une faute soit commise sur Bush.

L’Impact semblait désespéré. Il n’obtiendra qu’un corner sur un tir de loin de Piatti. De quoi inciter Ciman à secouer le cocotier. Récupérant le ballon, il est monté avec, lançant une remontée collective par l’axe pendant que Dzemaili arrivait à se démarquer sur la droite. Un travail payant, puisqu’il a été mis en bonne position de tir : mais Bono a repoussé sa première tentative avant que la seconde ne soit déviée en corner.

Mais bon, les quelques noix de coco à terre n’avaient aucunement assommé d’homme en rouge. Difficile de choisir entre l’impuissance des uns et les qualités défensives des autres – la réalité est certainement au milieu des deux – toujours est-il que malgré son envie de s’installer dans le camp adverse, l’Impact a passé un quart d’heure sans être menaçant le moins du monde. Et les remplacements, tant d’un côté que de l’autre, n’y ont rien changé.

Il a fallu attendre un coup franc pour revoir une occasion : botté par Dzemaili au deuxième poteau, il a vu Cabrera surgir et devancer tout le monde, mais la finition du défenseur à fait défaut. Il ne restait plus grand solution, hormis prendre davantage de risques. Et donc, tout le monde montait, dont Duvall déjà très porté vers l’avant en temps normal. Cette fois, au lieu d’arpenter son aile, il s’était recentré, effectuant en outre un bon appel, qui n’avait pas échappé à Dzemaili. Mais le tir puissant de l’arrière droit a manqué le cadre.

Qui dit risques dit évidemment davantage de place aux occasions adverses. Et cela n’allait pas manquer. Il a fallu un réflexe de Bush digne de son match ici-même avec Baltimore (que ceux qui s’en souviennent lèvent le doigt) pour repousser une tête croisée de Ricketts sur un centre de Giovinco.

Défendant depuis un bon bout de temps, Toronto n’essayait jamais ou presque de contre-attaquer. Même quand il en avait des occasions plus que flagrantes. On peut citer en exemple un changement d’aile de Vazquez (qui a d’ailleurs été à la base de la construction d’une action intéressante) alors qu’il y avait beaucoup d’espace devant, dans une situation où les joueurs offensifs montréalais se seraient précipités (et s’en seraient donné à cœur-joie). Cela traduit très bien la différence de style entre les deux équipes.

Mais il y a des fois où, faut pas déconner, l’offrande est tellement énorme qu’on ne peut que l’accepter. Ainsi, à deux minutes de la fin, la défense des bleu, blanc, noir avait tellement la tête à l’attaque – ou était tellement endormie – que Toronto a décidé de tenter la contre-attaque. Ce qui a tellement surpris Giovinco qu’il a poussé son ballon trop loin alors qu’il filait seul en direction de Bush ! Cela dit, imaginez à quel point cette équipe pourrait faire encore plus de ravages si elle savait aussi se reconvertir rapidement vers l’avant…

Un nouveau chapitre des histoires de coup franc s’est écrit dans les dernières minutes. Tout d’abord quand Giovinco, plein axe, a plutôt mal tiré le sien, bien placé, qui a en outre été dévié en corner. Ensuite à l’autre bout du terrain lorsque Dzemaili a choisi de glisser le ballon derrière lui à Piatti : la défense a mal réagi et l’Argentin a rapidement vu l’angle où placer le ballon, ce qu’il a fait avec la maestria qu’on lui connaît pour relancer le suspense (1-2).

Cela n’a vraiment, mal alors vraiment pas duré longtemps : le ballon était à peine remis en jeu que Beitashour envoyait un centre vers Giovinco dont la volée passait entre les jambes de Bush : 1-3, cette fois les supporters de Toronto pouvaient jubiler pour de bon et savourer leur succès.

Soyons objectifs : cette équipe de Toronto, à l’échelle de la MLS, fait très forte impression, tant devant que derrière… et encore plus au milieu (sans oublier sur les côtés). Si on peut avoir l’impression que le résultat d’aujourd’hui ne tenait pas à grand-chose, en réalité, c’est que ce pas grand-chose, Toronto est capable de l’accomplir semaine après semaine depuis le début de saison, avec une grande régularité. Et aujourd’hui, il ne s’est en fin de compte pas vraiment senti en danger.

Le côté positif de la médaille, c’est que ce dimanche, on a, à plusieurs point de vue, eu l’impression d’assister à un match au sommet de MLS. Alors que plus tôt cette saison (et il n’y a parfois pas si longtemps), l’Impact disputait des rencontres où les deux équipes semblaient à leur place en fond de classement. Restera à justifier cela contre des adversaires plus abordables, qu’ils jouent dans le haut ou le bas de tableau… À commencer par confirmer dès la semaine prochaine la victoire obtenue plus tôt en août contre Chicago, qui reviendra déjà au stade Saputo !

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