L’espoir puis l’effondrement
Red Bull New York - Impact Montréal 5-2
Match joué le 31/03/2012
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NEW YORK : Meara, Solli, Conde, Holgersson, Miller, Richards, McCarty (90e Barklage), Marquez (46e Tainio), Lindpere (69e Ballouchy), Cooper, Henry
MONTRÉAL : Ricketts, Valentin (65e Wenger), Ferrari, Wahl, Gardner, Arnaud, Felipe, Bernier, Mapp (85e Neagle), Nyassi, Corradi (77e Braun)
ARBITRE : M. Kennedy
AVERTISSEMENTS : Corradi, Ballouchy
LES BUTS : 18e Nyassi (0-1), 28e Henry (1-1), 38e Mapp (1-2), 45e Cooper (pen., 2-2), 56e Henry (3-2), 72e Ballouchy (4-2), 90e Henry (5-2)
Le déplacement de Montréal à New York a été à deux visages : très inspiré contre un adversaire nonchalant, l’Impact a offert une excellente première mi-temps, avant de complètement s’effondrer après la pause.
Après quatre rencontres, on peut tirer une conclusion sans équivoque des prestations de l’équipe de Jesse Marsch : Impact ne rime pas avec timidité. On a encore pu le constater à New York où, peu impressionnés par l’adversaire, Felipe et les siens ont montré d’entrée de jeu qu’ils ne se contenteraient pas d’attendre dans leur camp. Deux centres de la gauche vinrent l’illustrer mais le premier ne put atteindre Nyassi alors que le second, relâché par Meara, ne put ensuite être exploité.
Il fallut attendre 10 minutes, et une frappe écrase de Richards, pour voir Ricketts mis à contribution. Mieux dans leur match, les New Yorkais commençaient à avoir davantage d’emprise sur le jeu, sans toutefois dominer outrageusement. En face, on ne s’en laissait pas compter et Nyassi profita d’une approximation d’Holgersson pour filer seul face à Meara et inscrire le premier but montréalais en déplacement depuis l’entrée du club en MLS.
Un départ rêvé pour Montréal qui, pour la première fois depuis son entrée en MLS, bénéficiait du soutien de supporters qui avaient fait le voyage depuis le Québec. Environ 200, ils ont été en voix durant toute la partie. De quoi encore ajouter à une atmosphère particulière dans un stade véritablement séduisant (où, en plus, les journalistes sont très bien placés, en espérant avoir la même chose dans le stade Saputo revampé). Maintenant que je l’ai vu, mon idée est confortée : il devrait servir de modèle pour toutes les enceintes de MLS.
La physionomie de la partie reprit ensuite comme avant l’ouverture du score : des joueurs locaux plus volontaires mais jamais à l’abri d’une étourderie. Sans conséquence, toutefois. Et c’est une nouvelle fois le côté fort des New Yorkais, le droit, qui a payé : un centre de Marquez était repris de la tête par Henry qui obligeait Ricketts à aller chercher le ballon au fond de ses filets (1-1).
Plutôt versatile, Marquez a aussi raté un geste qui aurait pu profiter à Corradi mais, heureusement pour le Mexicain, Meara était attentif. Le portier local ne put en revanche rien sur un effort personnel de Mapp, qui a souvent eu tendance à rentrer dans le jeu avec succès, qui plaça le cuir dans le coin droit du but (1-2).
Le spectacle ne voulait pas s’arrêter et après une tentative montréalaise de lob du milieu de terrain, cadrée mais captée par Meara, ce fut au tour d’une reprise croisée de Cooper de longer la ligne sans la franchir. Solli a ensuite dû effectuer un retour solide, mais correct, pour empêcher Mapp, décidément en forme, de partir seul au but. Bien lancé par Corradi, Nyassi en eut la possibilité mais, déporté sur la gauche, il tira dans le filet latéral.
Plus que méritant, l’Impact s’apprêtait à rentrer au vestiaire avec un but d’avance jusqu’à ce que, dans les arrêts de jeu, Ferrari ne tackle impétueusement McCarty dans le rectangle, utilisant ses jambes comme des ciseaux : M. Kennedy n’hésita pas et désigna le point de penalty. Cooper vint clore une première période riche en spectacle en convertissant calmement le coup de réparation (2-2).
L’arbitre s’était souvent fait remarquer au cours des 45 premières minutes par sa propension à laisser jouer. Conséquent dans ses décisions, il avait un style qui avantageait généralement l’Impact, toujours aussi physique mais davantage maître de ses gestes.
Certainement revigorés par ce but et après quelques mots du coach à la pause, New York remonta sur le terrain sans Marquez et avec une volonté de plus grande application. Cela paya après une dizaine de minutes quand, bien placé à l’entrée du rectangle, Thierry Henry pivota et envoya le ballon dans le coin du but de Ricketts (3-2). L’Impact passa près de la correctionnelle à peine deux minutes plus tard lorsqu'une frappe de Miller d’un angle fermé fut repoussée par l’angle du but. À peine le temps de dire ouf et la panique était à nouveau semée dans la défense bleue, un tir de Richards étant repoussé, un autre de Tainio dévié en corner.
Depuis sa première prise d’avance dans la rencontre, New York jouait à son meilleur et une approximation de Ricketts, qui les multiplie depuis le début de saison, semblant avoir un sens de l’orientation catastrophique, faillit être punie par Cooper mais Gardner sauva à même la ligne.
Jesse Marsch a alors décidé de prendre des risques, sortant Valentin pour Wenger et chamboulant à nouveau l’organisation de son équipe (Arnaud passant en défense, Nyassi au milieu droit). Rien n’y fit et si Henry s’en donnait à cœur-joie de ce côté, c’est encore de l’autre qu’est tombé le quatrième but : un centre de Solli ne put être prolongé victorieusement par Henry, qui avait tenté le geste spectaculaire au premier poteau, mais le fut par Ballouchy, à l’affût quelques encablures plus loin (4-2).
L’essentiel de l’action s’est d’ailleurs déroulée le long de la même ligne, surtout en première mi-temps, et c’est du flanc droit de New York, sa faiblesse défensive et sa force offensive (merci à Vision du Jeu pour les infos), que sont venues de nombreuses actions décisives.
Bellouchy aurait pu encore alourdir la marque, sur un autre centre de Solli, mais sa reprise de la tête fut trop croisée. Ce n’était que partie remise et à une minute de la fin du temps réglementaire, un tir à distance de Cooper maladroitement repoussé par Ricketts était converti en but par un Henry sans pitié (5-2).
Très mal payés de leur bonne première mi-temps, les Montréalais ont ensuite subi la loi d’une équipe new yorkaise largement supérieure après la pause. Une fois de plus, on notera certainement des raisons d’être satisfait, mais un match ne dure pas 45 minutes, et la défense, souvent pointée comme le maillon fort de l’équipe, a présenté des failles très inquiétantes. À réparer rapidement, car le prochain match arrive vite et ne sera pas de tout repos, ce mercredi à Salt Lake.
M. V.H.
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