“Ouf !”
Impact Montréal - FC Edmonton 2-0
Match joué le 04/06/2011
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MONTRÉAL : Gaudette, Billy, Aaboubou, Hatchi, Pelletier (28e Tsiskaridze), Camara, Le Gall, Ribeiro (81e Testo), Di Lorenzo, Diouf, Agourram (73e Mayard)
EDMONTON : Baart, Rago, Hamilton, Matthijs, Saler, Kooy, Oppong (81e Parker), Parker, Chin (64e Cox), Saiko, Craig (76e Antoniuk)
ARBITRE : M. Oliva
EXCLUSION : 79e Baart
LES BUTS : 34e Diouf (1-0), 82e Billy (2-0)
Certes, la prestation contre Edmonton était loin d’être parfaite. Mais au cours des dernières semaines, on a vu tellement de choses pas géniales, que pour ce match et cette victoire attendue depuis longtemps, j’ai envie de me concentrer sur ce que j’ai aimé (avec parfois quand même l’un ou l’autre mais…) et qui a trop souvent manqué depuis le début de la saison.
Les longs ballons d’Hatchi. Les coups de botte en avant, ce n’est pas mon truc quand c’est envoyé n’importe où, ce à quoi nous ont trop souvent habitué nos défenseurs (centraux). Par contre, utilisé à bon escient et sans abus, ça peut devenir une option intéressante. Quelques passes de 50m de l’ancien Hurlu ont ouvert la voie à ses partenaires offensifs et pu amener le danger. En plus, il s’est bien acquitté de ses missions les plus importantes, les tâches défensives.
Camara et ses apports. Ceux qui ont vu la préparation s’y attendaient, il fait preuve d’une facilité déconcertante (même si parfois excessive) en milieu de terrain. Il a mis quelques fois le nez à la fenêtre, mais a surtout été un pare-chocs solide devant la défense et sa capacité de conserver le ballon offre le temps à ses équipiers de se placer. Un régulateur qui devrait atteindre et dépasser le Sandro Grande des grands soirs.
Autre apport très intéressant de Camara : son replacement en défense pour permettre à un arrière de monter. C’est arrivé très souvent de voir un des quatre défenseurs (généralement les backs, mais parfois aussi les centraux) s’aventurer loin de sa ligne. Camara prenait alors place dans la défense (on n’enlèvera pas de sitôt sa prudence à l’Impact) et ça a apporté des situations intéressantes, de la variation dans l’animation du jeu et davantage d’options offensives.
Le Gall qui rentre dans le jeu. L’ancien Havrais jouant les ailiers de débordement, ça fonctionnait en 2010, ça foire en 2011. Mais quand il se fond dans l’attaque, permute ou se rapproche du joueur en soutien (Diouf en l’occurrence), va vers le but plutôt que le poteau de corner, alors là, on a bien du plaisir. Ses petits ballons pour les attaquants ont aussi semé quelques fois la panique dans la défense d’Edmonton (c’est de la sorte qu’il lance Mayard sur l’action qui mène au carton rouge). Et derrière lui, grâce à lui mais aussi à Camara, Billy s’en est donné à cœur-joie. Ça aussi, ce fut très agréable. Même s’il a été meilleur que depuis le début de la saison, sur la gauche, Di Lorenzo n’a pas été au sommet de son art, et il n’a absolument pas le style de jeu pour évoluer de la sorte.
La moitié offensive qui ne ressemble plus à un bagel (ou la fin de la frilosité en milieu de terrain). En alignant un médian offensif, Ribeiro en l’occurrence, Marc Dos Santos a enfin bouché le trou qui compliquait toute la construction du jeu, vu qu’autour, les qualités des joueurs ne correspondaient pas à la mission assignée. Le résultat a été probant, vu que les occasions ont enfin été nombreuses (j’exagère, mais peut-être pas tant que ça, en disant qu’en un match, il y en a eu autant qu’en un mois). Ribeiro, décevant lors de ses rares apparitions cette année, a saisi sa chance, notamment en donnant la passe décisive sur le premier but. À lui de confirmer au cours des prochaines semaines.
Le deuxième attaquant qui peut jouer comme un attaquant. Corollaire de la remarque précédente, le joueur en soutien de l’homme de pointe recevait les ballons dans une optique de finition plutôt que d’avoir à construire lui-même avec un seul équipier (marqué à la culotte) devant lui. Bien entendu, il n’a plus eu l’air du cuisinier à qui on demande de traire les vaches. Et il a pu nous régaler.
Le jeu instinctif de Diouf (le second attaquant en question). Quand il faut contrôler, attendre, lever la tête et faire une passe, il rate souvent son coup, on l’a vu lors de ses sorties précédentes. Mais quand il doit se démarquer, jouer en un temps, faire preuve d’intelligence de jeu et foncer, alors là, on peut apprécier toutes ses qualités. Quand il a ouvert la marque, tout le stade a dit “Ouf !“ (Trop facile, je sais, mais c’est inspiré par le speaker qui l’a appelé Diiiiiiiouf après son but.) Il s’est aussi créé bien d’autres occasions, souvent en s’excentrant et en tirant d’un angle fermé (comme sur le but, d’ailleurs). Il faut continuer à utiliser ses qualités à bon escient, ne pas le faire jouer contre-nature et ne pas le brûler (j’ai aussi une petite pensée pour Ech Chergui qui, dans une telle animation offensive, aurait enfin eu la chance de montrer ses qualités dans de bonnes conditions).
La confiance (partiellement) retrouvée d’Agourram. Si l’Impact s’est créé quatre occasions durant le premier quart d’heure, c’est en bonne partie grâce à lui. Il s’est un peu éteint par la suite, et l’équipe a été moins dangereuse jusqu’au but. Il a eu d’autres bons moments et est en progrès en match. Vivement qu’il y soit constant à son réel niveau.
La rentrée de Mayard. Autant j’étais déçu de voir Agourram sortir, autant son remplaçant a permis de clore les débats. Même si ça a fait passer d’une victoire étriquée à une victoire plus conforme à la physionomie du match, j’appelle ça un changement gagnant. Vivement quand même celui qui fera passer d’une défaite à un succès. Déjouant toujours le piège du hors-jeu, c’est lui qui provoque l’exclusion de Baart (pour une faute de main en dehors de son rectangle) et le coup franc qui amène le 2-0 (conclu par Billy tel un renard des surfaces). Mayard aurait dû aussi inscrire son but mais une tergiversation, un retour d’Hamilton et un choix de Le Gall (qui y est allé seul quand il a tiré sur le poteau) l’en ont empêché.
Toutes ces bonnes choses doivent bien entendu être confirmées. D’abord ce mercredi à Atlanta, dont les résultats laissent croire qu’il s’agit de loin de l’équipe la plus faible de la série. Il faudra donc une victoire convaincante avant de montrer qu’on est aussi capable d’obtenir de bons résultats face à un adversaire sérieux, dimanche à Puerto Rico.
Matthias Van Halst
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