Ça ne marche pas à tous les coups

Impact Montréal - California Victory 0-2 – Match de championnat (phase classique) joué le 01/07/2007

 
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MONTRÉAL : Weber, Gatti, Arango, Vincello, Leduc, Zé Roberto (70e Fabro), Ribeiro, Trembly (62e Gbeke), Marcina (76e Di Ioia), Palleschi (62e Di Lorenzo), Moojen

CALIFORNIA : Reed, Aguilar, Dunn, Schwarze, Casillas, Fitzgerald (46e Aguayo), Munoz, Palomares, Sanchez, Hansen (85e Epitié), Morales

ARBITRE : M. Gantar

AVERTISSEMENTS : Palomares, Fitzgerald, Aguilar

EXCLUSION : 43e Vincello (2j.)

LES BUTS : 59e Hansen (0-1), 84e Morales (0-2)


Après une période de vaches maigres et un succès sans gloire contre Porto Rico, la venue du California Victory était une occasion idéale de se relancer.

L’an dernier, en fin de saison, quand ça allait aussi mal, un match à Sherbrooke contre Virginia Beach avait permis de retrouver l’espoir. Cette fois, la rencontre était une nouvelle fois un faux match à domicile, mais à Québec. L’adversaire était dernier du classement et pour l’occasion, Nick De Santis avait apporté quelques modifications à son équipe (laissant notamment Di Lorenzo et Fabro sur le banc), ce qui avait bien fonctionné à Seattle.

Oui mais voilà, on ne peut pas avoir un miracle à tous les coups. Trembly, très remuant à Seattle, était coincé entre Ribeiro et Zé Roberto et n’arrivait pas à se mettre en évidence. Palleschi sur la gauche était aussi mauvais qu’en pointe deux jours plus tôt et Marcina démontrait une fois de plus que le flanc droit n’est pas fait pour lui. Devant, Moojen ne recevait aucun ballon et courait sur les côtés pour compenser les déficiences de ses coéquipiers. Voilà, en gros, le portrait peu reluisant de notre production offensive avec le seul Ribeiro qui parvenait à faire quelque chose.

Le terrain n’aidait pas non plus. Que ce soit la surface artificielle (dont les joueurs se plaignent aussi au Mondial des -20 ans, même s’ils jouent sur des terrains homologués par la Fifa) ou les marquages extérieurs qui, pourtant, sont interdits par les règlements de la Flfa (les lois du jeu stipulent que “seules les lignes approuvées par la loi 1 peuvent être tracées sur le terrain de jeu” et que la reproduction de logos est interdite sur le terrain et sur le matériel équipant le terrain durant la durée du jeu). Et après, on veut être pris au sérieux… Les deux commentateurs de Radio-Canada n’en pensaient pas moins et elles sembler beaucoup les gêner jusqu’à ce que l’un d’entre eux, apparemment exaspéré, lance que “les lignes blanches sur le terrain ne sont pas censées exister”.

Héros malheureux de la journée, Vincello, qui avait disputé toutes les minutes de la saison (le seul) et un des joueurs qui déteste le plus jouer sur du synthétique. Alors qu’il avait déjà écopé d’un carton jaune, il se lança dans un tackle un peu fou avant la pause, lors duquel il prit son adversaire, son équipier et… un deuxième avertissement, synonyme d’exclusion.

Malgré sa relative discrétion par rapport au match à Seattle, Trembly avait été le joueur le plus en vue du début de rencontre. Tout d’abord car il envoya le premier tir digne de ce nom, peu avant le quart d’heure, ensuite parce qu’il sauva sur sa ligne un corner rentrant. Celui-ci avait été consécutif à un tir d’Aguilar sous la transversale et dévié par Weber.

La meilleure occasion montréalaise vint des pieds de Ribeiro qui, peu après la demi-heure, envoya un boulet de canon de l’extérieur du droit que Reed détourna du bout des doigts mais pas suffisamment pour envoyer le ballon en dehors des limites de jeu. Il toucha le bas de la transversale avant de rebondir juste devant la ligne ! Il fallait de nouveau un exploit individuel pour créer le danger.

C’est que dès qu’on tente de jouer collectivement, il y en a toujours un pour faire foirer l’action. Exemple dans les arrêts de jeu quand Ribeiro botta un coup franc au deuxième poteau, remis vers Palleschi qui, même si la reprise était difficile, réussit quand même à envoyer le ballon à la fois au-dessus et de l’autre côté du but.

Réduits à dix, les Montréalais n’ont plus montré grand-chose après la pause (ce qui ne changeait pas beaucoup d’avant, finalement même s’il faut quand même reconnaître que la première mi-temps fut moins mauvaise que les deux de vendredi… peut-être aussi grâce à l’adversaire).

Les Californiens saisirent crânement leur chance et montrèrent à leur demi-hôte du jour comment concrétiser ses occasions et passer rapidement d’un bout à l’autre du terrain (ce n’est pas tout de vouloir que les joueurs aillent vite, c’est surtout le ballon qui doit aller vite et de ce côté-là, on est très mal embarqué).

Sur une action rapidement dessinée juste avant l’heure de jeu, Morales envoya un centre de la droite pour Hansen qui gagna son duel avec Gatti et envoya le ballon au fond du but. Plus précisément, à l’endroit où Weber se trouvait une fraction de seconde plus tôt. Le mouvement de notre gardien vers la droite a fait qu’il n’avait aucune chance d’arrêter la reprise. Et c’était donc 0-1…

Cinq minutes plus tard, Weber pouvait une nouvelle fois aller chercher le ballon au fond de ses filets. Hansen avait encore frappé en reprenant un tir dévié de Munoz. Cependant, l’arbitre l’annula pour hors-jeu.

Montréal aussi allait avoir son but annulé pour hors-jeu : un coup franc de Ribeiro au deuxième poteau avait été repris par Arango mais repoussé par Reed dans les pieds de Fabro, qui le poussa dans le but. Cependant, l’arbitre n’hésita pas. Qu’avait-il vu ? Difficile à dire. À première vue, l’Argentin était hors-jeu au moment du tir d’Arango et l’arbitre jugeait qu’il avait profité de sa position. Cependant, il a peut-être estimé que Fabro avait touché le ballon du bras (mais l’angle de la tv puis l’horrible poteau jaune nous empêchaient de voir). C’est là qu’on apprécie d’être au stade : on en aurait su davantage en voyant si le coup franc était direct ou indirect. Mais pendant ce temps…

Il n’en fallait pas plus pour que notre entraîneur laisse sortir envers le trio arbitral les reproches qu’il voulait probablement faire à ses joueurs… La sanction fut immédiate : il fut prié de suivre le match d’ailleurs que sur le banc (avec un policier à ses côtés, là aussi c’est tellement ridicule que ça en est comique…)

À un quart d’heure de la fin, les Californiens ont offert un beau mouvement qui commença par une belle transversale de bien 50m dans les pieds de Sanchez pour se continuer par quelques passes que les montréalais regardaient aller et se terminer par un tir que Weber dut capter en deux temps, devant Hansen à l’affût.

Montréal fut menaçant à son tour suite à un beau une deux entre Leduc et Di Ioia, le premier traversant la défense mais son tir n’était pas assez croisé.

La leçon numéro deux de la part des visiteurs allait tomber à le 84e. Trois gestes d’une grande beauté à montrer dans les écoles de soccer. D’abord la relance à la main du gardien, envoyant le ballon à 40m sur le flanc gauche dans les pieds d’un de ses équipiers. Quelques passes limpides plus tard, un superbe changement d’aile de Casillas, directement dans les pieds de Morales. Enfin, le contrôle du gauche de ce dernier suivi d’un tir du droit qui ne laissa aucune chance à Weber (0-2).

Épitié eut même l’occasion d’humilier totalement l’Impact. Lancé entre deux défenseurs, il ne profita pas de la présence de Casillas isolé sur sa gauche, préférant jouer seul. Son tir fut contré par Arango.

Gatti aurait pu réduire la marque suite à un corner mais sa reprise de la tête sous la barre fut déviée par un défenseur contre celle-ci.

Même réduite à 10 durant une mi-temps, une équipe qui veut jouer le haut du classement se doit de gagner contre la lanterne rouge. Cette défaite n’est pas seulement ennuyeuse dans les chiffres mais, une fois de plus, dans la manière. Ça commence à faire beaucoup.

 
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