MONTRÉAL : Weber, Braz, Gervais, Pizzolitto, Vincello, Lyssand, Zé Roberto, Wilson (64e Mert), Biello (75e Antoniuk), Di Ioia (62e Bailey, 86e Fukasawa), Salles (71e Ribeiro)
SEATTLE : Eylander, Merl (80e Tomlinson), Jackson, Keel, Harvey (89e Besagno), Somoza (62e Klaas), Sakuda, O'Brien, Gregor, Lévesque, Weaver
ARBITRE : M. Connolly
AVERTISSEMENTS : Merl, Gregor, Weaver, Pizzolitto, Braz, Salles
EXCLUSION : 69e Zé Roberto (2j.)
LE BUT : 9e Salles (1-0)
Au milieu d'un mois quasi complet de rencontres en déplacement (6), nos joueurs avaient une pause, si je puis m'exprimer ainsi, pour un match à domicile. L'adversaire : Seattle, mauvais souvenir s'il en est puisque c'est cette même équipe qui avait, sur notre terrain, mis brutalement fin à nos rêves de titre la saison dernière.
Perdus dans les limbes du classement, l'équipe de l'Etat de Washington est, de loin, la plus spectaculaire de la compétition puisqu'elle a la fois la meilleure attaque et la pire défense. C'était donc un choc des extrêmes, on sait bien que la pluie de buts est rare avec l'Impact. Quoique, on a déjà eu droit à deux feux d'artifice cette année.
Mais c'est une douche qui accueillit les joueurs, à un moment désagréable en plus puisque c'est celui où ils doivent se tenir raide comme des piquets pour les hymnes nationaux qu'on connaît tous par coeur. La pluie abondante ne durera pas, en revanche, il y a eu quelques orages au loin et la vue des éclairs dans le ciel à l'arrière-plan a conféré un spectacle particulier au match.
Mais c'est évidemment sur le terrain qu'on attendait le spectacle, et surtout une revanche de nos joueurs, qui restaient sur une défaite au Minnesota, au grand dam de Toronto qui aurait pu, sur le coup, quitter la dernière place pour la première fois cette saison... S'il n'est nul besoin de vous donner la composition de la défense, le milieu et l'attaque se présentaient comme suit : dans l'axe, Lyssand et Zé Roberto, à droite et à gauche, respectivement Biello et Wilson, en pointe, Salles soutenu par le jeune Di Ioia, qui fêtait sa première titularisation à Montréal.
Dès les premières minutes, on vit un esprit conquérant de la part des hommes de Nick De Santis. La première action allait venir des pieds de trois des meilleurs joueurs sur le terrain, avec un beau travail de Biello pour commencer, qui donna sur la droite à Lyssand qui eut tout le temps de centrer pour la tête de Salles. La reprise de celui-ci était bien placée mais Eylander, gardien totalement connu à l'aube de la saison, montra qu'il avait sûrement un ancêtre chez les grenouilles et d'un bond, dévia le ballon de sa trajectoire.
Ce n'était que partie remise. Cette fois, Salles n'eut besoin de l'aide de personne. A 20m du but, le Brésilien vit qu'il avait le temps de tirer. Mais le temps de chercher son pied gauche, et un défenseur lui était revenu dessus. Qu'importe, il l'effaça de belle manière et trouva le moyen de se placer sur son redoutable pied et de tirer. L'envoi dévié prit Eylander à contre-pied avant d'aboutir au fond des filets (1-0). Cela partait on ne peut mieux !
Depuis le 18 juin, seul l'Impact avait réussi à battre Seattle, invaincu lors de 6 de ses 7 dernières rencontres. Rapidement, on vit que c'était une équipe qu'il fallait, encore plus que les autres, priver de ballon. Avec des milieux qui se connaissent et ont eu un rôle dans la titre conquis l'an dernier et le meilleur buteur actuel de la compétition, Weaver, devant, ils avaient des atouts pour nous faire mal si on les laissait trop jouer. Malgré leur possession de balle déficitaire, ils allaient d'ailleurs souvent mettre le nez à la fenêtre sur les coups de pieds arrêtés. Il fallait vraiment s'en méfier et éviter d'en concéder.
Leur défense moins solide - entre autres - fit que cette rencontre a été une bonne occasion pour nous montrer les qualités de Massimo Di Ioia. Si pendant la préparation, il semblait pas mal léger pour ce niveau, hier, j'ai compris pourquoi Nick De Santis lui faisait confiance. Le garçon a bénéficié de bonnes circonstances puisque autour de lui, tous ses partenaires ont connu un bon match. Il fallait en profiter et il a saisi sa chance. Je ne sais pas si c'est son style de jeu ou le travail à l'entraînement, mais il s'est remarquablement fondu dans le collectif et, dans ces conditions favorables, s'entendait à merveille avec tous ses partenaires comme s'il les côtoyait depuis plusieurs saisons. Il aura des matches beaucoup plus difficiles (avec des adversaires plus solides ou des partenaires à côté de leurs pompes) mais là, il a étalé un potentiel qu'on ne demande qu'à voir s'exprimer. L'expérience va venir avec le temps et c'est un joueur d'avenir pour notre équipe. On n'a pas eu des tonnes de bons attaquants québécois, alors réjouissons-nous !
Revenons au match. L'Impact a disputé 15-20 très bonnes premières minutes. Après un petit relâchement, il a repris son rythme et c'est Biello, très actif depuis le coup d'envoi, qui a sonné la charge. Le capitaine vola un ballon sur la droite et le céda en retrait à Salles. Le Brésilien ne le reçut pas exactement où il voulait et, en essayant de se placer, il le manqua. Pas grave : Lyssand avait suivi et surgit de derrière pour envoyer un tir qui passa peu à côté.
A la demi-heure, Salles allait se muer en passeur en offrant une ouverture quatre étoiles à Di Ioia. Au cœur de la défense, celui-ci allait réussir à se débarrasser de ses adversaires avant de remettre idéalement en retrait à Salles. Le Brésilien reprit le ballon en un temps mais d'un superbe réflexe du pied, Eylander contra le tir. Biello était encore à l'affût mais son tir fut dévié en corner.
Et puis, on assista à une phase anodine qui aurait pu être le tournant du match. Vous comprendrez plus tard. Zé Roberto commet une faute sur Gregor. On ne sait pas ce qu'il se passe entre les deux joueurs par la suite, et même s'il se passe quelque chose, mais ça va vite. Et l'Américain bouscule notre milieu Brésilien. Logiquement, l'arbitre lui montre une carte jaune. Mais il en sort en fait une pour les deux joueurs. Quelques minutes plus tôt, alors qu'il n'était pas parvenu à empêcher le ballon de sortir en touche, le même Gregor l'avait dégagé de rage. Il aurait déjà dû être averti à ce moment-là. Auquel cas, son incartade avec Zé Roberto lui aurait valu un deuxième bristol jaune ou l'arbitre aurait épargné les deux protagonistes. Nous y reviendrons.
Deux minutes plus tard, Seattle allait se créer sa première occasion, un tir dans le filet latéral, suite à un corner sur lequel la défense montréalaise avait éprouvé des difficultés à se dégager.
Le show Salles allait continuer, avec deux tirs de loin. Le premier, dans l'axe, obligea Eylander à se coucher. Sur le second, excentré sur la gauche, le Brésilien reçut le ballon, se retourna et le reprit d'une demi-volée du gauche superpuissante : c'eût été le but de l'année si le cuir n'avait fini sa course quelques centimètres au-dessus de la cible.
Dans les derniers instants de la première mi-temps, Wilson effectua un bon travail avant d'ouvrir sur la droite pour Biello. Encore un bon centre en retrait, cette fois vers Di Ioia, mais il croqua son tir.
La pluie avait rendu le terrain et le ballon glissants. Elle a rendu le jeu plus rapide et a possiblement contribué à rendre la première mi-temps de nos joueurs, déjà affûtés, encore meilleure en augmentant l'écart entre les deux équipes. Un seul Montréalais éprouvait de grosses difficultés dans ces conditions : Weber. Il relâcha tous les ballons ou presque qui se présentaient à lui. Et quand il le laissa échapper dans les arrêts de jeu sur un beau coup franc d'O'Brien, on crut à la catastrophe. Heureusement, l'action se termina sans mal.
L'arbitre siffla la pause sur le score de 1-0, très flatté pour des visiteurs qui devaient leur salut à leur gardien et à des tirs quelques centimètres du mauvais côté. Quant à Montréal, il ne s'était pas mis à l'abri et restait à la merci d'un coup du sort. On a encore en mémoire l'élimination de l'an dernier...
Après une première mi-temps d'un tel acabit, une des meilleures qu'il nous ait été donné de voir depuis longtemps, on s'attendait à ce que ça continue, au moins jusqu'à ce que l'Impact marque un deuxième but. Mais on allait voir un tout autre match après la reprise. Lors des 25 minutes suivantes, l'Impact ne porta le danger qu'à deux reprises devant le but adverse : d'abord suite à une action individuelle de Braz sur la droite, dont le tir fut dévié en corner, ensuite grâce à un joueur adverse qui manqua son contrôle plein axe mais Jackson empêcha Bailey d'en profiter.
Seattle non plus ne montrait pas grand-chose et l'Impact l'empêchait très bien de développer son jeu. Cependant, un long coup franc profondément sur la gauche que Weaver envoya dans le petit filet vint tirer la sonnette d'alarme. Mauvaise surprise en vue !
Celle-ci allait survenir à la 69e minute quand Zé Roberto tackla de manière dangereuse, le pied en avant et trop élevé. L'arbitre lui montra une carte jaune logique. Mais c'était la deuxième et le Brésilien dut regagner les vestiaires. Quand on pense que la première semblait bien sévère et que Gregor aussi aurait pu être exclu, on se dit que même si ce deuxième avertissement est mérité, cette exclusion est injuste. Mais il fallait faire avec et continuer à 10.
Pour la deuxième fois en supériorité numérique en deux matchs, Seattle allait montrer que dans cette situation, c'est une équipe très difficile à affronter. Les Américains allaient évidemment prendre le jeu à leur compte et c'était au tour de nos défenseurs de prendre le relais et de disputer une fin de partie au niveau de la première mi-temps de leurs équipiers.
Comble de malchance pour Nick De Santis, il avait déjà effectué deux changements et l'exclusion de Zé Roberto allait les rendre plus nuisibles à l'équipe qu'autre chose. Mert remplaçait Wilson sur la gauche et Bailey avait pris le relais de Di Ioia devant. Mais deux attaquants, c'était trop. Il fallait donc en sortir un et il ne voulut pas assommer Bailey en le sortant quelques minutes à peine après l'avoir fait monter au jeu. Salles fut donc sacrifié, au profit de Ribeiro.
Mais Bailey seul devant, c'était loin d'être une solution idéale. Certes, il pouvait le mettre sur le côté et placer Biello en pointe, mais avec tout ce que notre capitaine avait déjà donné, c'était probablement au-dessus de ses forces. Ainsi, De Santis opta pour ce choix tactique mais sortit Biello et le remplaça par Antoniuk. Il devait être content d'avoir droits à cinq changements...
C'est à un peu plus de 10 minutes de la fin que Seattle sera dangereux pour la première fois depuis son avantage numérique. Un coup franc repoussé aboutit dans les pieds de Klaas dont la belle reprise passa peu au-dessus de la cible.
Mais l'occasion d'égaliser la plus nette arriva à la 83e. Suite à une mauvaise relance de la défense montréalaise, le ballon repartit en un rien de temps vers la tête de Weaver qui le reprit à bout portant. Il fallut un superbe réflexe de Weber pour sauver les meubles. Mais l'action n'était pas terminée et le but était délaissé : Harvey, qui avait bien suivi, eut une occasion en or d'y pousser le ballon mais son tir échoua lamentablement au-dessus.
Deux minutes plus tard, sur un ballon relâché par Weber, plusieurs joueurs de Seattle se précipitèrent dessus pour tirer et tirer encore, mais il y avait eu une faute entre temps et l'arbitre nous permit de reprendre notre souffle.
On aurait pu se mettre définitivement à l'abri durant les arrêts de jeu quand Lyssand et Ribeiro, à deux devant face à une défense où il ne restait plus grand-monde, récupérèrent le ballon. Ribeiro tenta d'y aller seul mais ça n'a pas fonctionné.
Un deuxième but aurait été le bienvenu car Seattle comptait se battre jusqu'au bout. Suite à un cafouillage dans le rectangle, Tomlinson, légèrement excentré sur la droite, tire en glissant et... elle est rentrée ou non ? Ah, cet effet d'optique... impossible de savoir jusqu'à ce que, ouf, non, ce n'est pas but !
Au coup de sifflet final, le soulagement était tout aussi grand que la joie. Sur l'ensemble du match, les trois points étaient mérités. Mais il aura fallu faire de la résistance en fin de partie, notamment face à Gregor, toujours prêt à prêter main forte à ses avants mais qui n'aurait plus dû être sur le terrain, et surtout ce diable de Weaver. L'enquiquineur par excellence pour une défense. Rapide, mobile, travailleur : Pizzolitto a eu la tâche difficile avec lui et il s'en est tiré de maîtresse manière. Pour sa première année à ce niveau, celui qui est déjà le meilleur buteur de la compétition va attirer les convoitises s'il continue sur cette voie.
Salles, Di Ioia, Weaver, mais aussi Biello : les joueurs offensifs se sont très bien exprimés sur le terrain lors de ce bon match de football. La première mi-temps de Montréal valait le déplacement à elle seule. Espérons que nos joueurs puissent bientôt arriver à jouer de la sorte durant 90 minutes. Les retours de Ribeiro et Di Lorenzo ne pourront que les y aider.
En attendant, il faut aussi penser à récupérer car le prochain match est déjà ce vendredi. Et c'est le piège parfait puisque nous nous déplaçons dans le Smarties Stadium d'Atlanta, où l'équipe locale est invaincue. Il conviendra donc de s'en méfier, même si on les a battus 4-1 à domicile. Surtout qu'on avait aussi planté 4 buts à Minnesota...
Calendrier
Prochain match
Cincinnati - Montréal
Dimanche 22 mars, 13h00
Dernier match
Orlando - Montréal2-1
Samedi 14 mars, 19h30
► Calendrier complet
Classement MLS
| J | Pts | | 1. Nashville | 5 | 13 |
|
| 2. Los Angeles FC | 5 | 13 |
|
| 3. Vancouver | 5 | 12 |
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| 4. San José | 5 | 12 |
|
| 5. San Diego | 4 | 10 |
|
| 6. New York City | 4 | 10 |
|
| 7. Colorado | 5 | 9 |
|
| 8. Salt Lake | 4 | 9 |
|
| 9. Seattle | 4 | 9 |
|
| 10. Charlotte | 5 | 8 |
|
| 11. Dallas | 5 | 8 |
|
| 12. Chicago | 5 | 7 |
|
| 13. Toronto | 5 | 7 |
|
| 14. Miami | 4 | 7 |
|
| 15. New York | 5 | 7 |
|
| 16. DC United | 5 | 7 |
|
| 17. Houston | 4 | 6 |
|
| 18. Austin | 5 | 5 |
|
| 19. LA Galaxy | 4 | 4 |
|
| 20. Atlanta | 5 | 4 |
|
| 21. Kansas City | 5 | 4 |
|
| 22. Minnesota | 4 | 4 |
|
| 23. Saint-Louis | 5 | 4 |
|
| 24. New England | 4 | 3 |
|
| 25. Portland | 4 | 3 |
|
| 26. Orlando | 5 | 3 |
|
| 27. MONTRÉAL | 4 | 3 |
|
| 28. Cincinnati | 4 | 3 |
|
| 29. Columbus | 5 | 2 |
|
| 30. Philadelphie | 5 | 0 |
|
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