Confiance

Impact Montréal - Minnesota Thunder 4-0 – Match de championnat (phase classique) joué le 21/05/2006

 
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MONTRÉAL : Sutton, Braz (69e Di Tullio), Gervais, Pizzolitto, Vincello (71e Lyssand), Leduc, Zé Roberto, Di Lorenzo (78e Antoniuk), Ribeiro (82e Gatti), Biello, Salles (73e Bailey)

MINNESOTA : Warren, B. Branan, Friedland (79e Dombrowski), D. Branan, Kilickan, Winkel, Wilson (84e Brisson), Schmidt, Alvino, Knox (76e Paye), Tarley

ARBITRE : M. Liu

AVERTISSEMENT : Winkel

LES BUTS : 9e Pizzolitto (1-0), 30e Leduc (2-0), 67e Ribeiro (3-0), 87e Antoniuk (4-0)


Une semaine de pluie ! Plus encore même... L'Impact avait perdu à Charleston, et Montréal s'était couvert de gris. Pour la première fois depuis la saison 2003, et donc sous l'ère De Santis, l'équipe avait un goal average négatif. Le spectacle attendu grâce à l'arrivée de nouveaux joueurs offensifs talentueux n'avait pas encore été montré. Pour cette première à domicile, la mission était claire : se reprendre ! Nos joueurs l'ont fait, et de quelle façon !

Alors qu'on se demandait quelle équipe Nick De Santis allait aligner (le match annulé à Virginia Beach lui aurait au moins permis de faire certains essais), l'entraîneur, fidèle à ses principes depuis deux ans, choisit son onze de base habituel pour débuter la rencontre. Avant celle-ci, les Ultras Montréal avaient fait passer un message via le deuxième tifo de leur existence (et de l'histoire du club) : “Ramenez-la”, en-dessous du dessin de la Coupe remise au champion.

La trame était à peine posée que le scénario idéal allait se produire pour l'Impact : un but en début de rencontre. On ne jouait pas encore depuis dix minutes quand un corner arriva sur la tête de Salles, complètement esseulé. Le Brésilien, qui a décidément du mal à terminer les actions, croisa sa tête au deuxième piquet et réussit encore à l'envoyer où il y avait un défenseur. Mais Pizzolitto, à l'affût, fonça sur le ballon repoussé tant bien que mal avec un seul but : le mettre au fond. Et le stade pouvait exploser de joie (1-0).

On jouait dans un camp, comme à Charleston, mais le rythme était plus élevé. Et l'adversaire, plus faible, ne pouvait suivre. Il tentait bien de mettre le nez à la fenêtre mais Sutton dut se montrer attentif une seule fois dans la première demi-heure en effectuant une sortie anticipative. Sinon, il n'était guère mis en danger. En face, il y avait aussi moins de passes ratées que face aux joueurs de Caroline du Sud. Il n'empêche, les attaquants recevaient toujours aussi peu de ballons.

L'action la plus dangereuse survint dix minutes après le but quand un long ballon arriva à Salles en duel avant de continuer sa route vers Di Lorenzo dont le centre-tir fut dévié en corner. Il fallut presque attendre le même laps de temps pour voir un excellent service de Ribeiro pour Salles sur la droite dont le centre travaillé glissa entre les mains de Warren avant de filer en corner.

Eh oui, comme une semaine plus tôt, on se procurait encore de nombreux coups de pieds arrêtés en zone dangereuse. Mais l'efficacité était cette fois au rendez-vous. Le deuxième but, comme le premier, tomba suite à un corner. Di Lorenzo l'avait botté, Gervais l'avait remis vers Ribeiro qui tenta un ciseau qu'il manqua et toucha à peine le ballon des crampons (ce qui n'a pas empêché nos amis de l'Impact de lui donner l'assist...) Dans les deux camps, de nombreux joueurs semblaient s'être arrêtés pour admirer le geste : ce n'était pas le cas de Leduc qui reprit le cuir de plein fouet pour le loger dans le coin opposé du but (2-0).

Deux minutes plus tard, sans doute marri d'avoir manqué son premier geste, Ribeiro tenta un autre ciseau, en plein milieu du terrain, sans vraiment de raison spéciale, mais bien pour le plaisir des yeux. C'était réussi cette fois et cela permit à Di Lorenzo d'effectuer une reprise en demi-volée, hors-cadre malheureusement.

L'action précédente avait été entamée du flanc droit montréalais où Adam Braz était on ne peut plus actif. Très inspiré, il profitait pleinement du laxisme de ses opposants directs pour s'impliquer tant et plus dans le jeu. C'était du tout grand Braz, digne de celui qui avait brillé à la Gold Cup l'été dernier. Il n'était pas le seul à s'illustrer. Peu à son affaire au Blackbaud Stadium, le secteur offensif faisait preuve de beaucoup de mobilité et de disponibilité. Dans ce registre, on aura remarqué l'inévitable Di Lorenzo mais aussi un Mauro Biello tantôt à gauche, tantôt à droite, tantôt dans l'axe. Quant à Ribeiro et Leduc, ils avaient retrouvé la précision dans leurs passes et se démenaient toujours autant. Mais plus efficacement cette fois.

Il était dit que la journée serait bonne et que tout réussirait à nos joueurs. Comme ce coup franc manqué de Ribeiro qui se retrouvait les fesses à terre alors que le ballon, lui parvenait quand même à Biello. Le capitaine le céda à Salles qui, à son tour, tenta le retourné et obligea Warren à se coucher.

La dernière action dangereuse de la première période avait une nouvelle fois été créée sur la droite avant d'aboutir à Salles, dos au but à une vingtaine de mètre de celui-ci. Il contrôla et se retourna immédiatement pour envoyer un boulet de canon du pied gauche : à côté. Quand il aura retrouvé le chemin de la cible, ce genre de choses va faire très, très mal...

Ah oui, quand même, il y a eu du danger devant Sutton dans les arrêts de jeu. Notre gardien repoussa un coup franc des poings mais si le ballon revint dans son rectangle, le tir du joueur visiteur était raté.

2-0 au repos, donc, un score on ne peut plus logique sur l'ensemble de la mi-temps même si dans le dernier quart d'heure, ça sentait encore le but et un 3-0 n'aurait étonné personne.

On rejouait depuis à peine deux minutes quand un beau mouvement dessiné sur la gauche aboutit à Salles qui choisit d'y aller en solitaire et ponctua son mouvement d'un puissant tir en plein sur Warren. Ce dernier dut quand même s'y reprendre à deux fois pour maîtriser le ballon.

Et on passa une nouvelle fois près du but quelques instants après quand un ballon de Zé Roberto arriva à Di Lorenzo sur la gauche : son tir fut repoussé, la reprise de Salles aussi, ce fut ensuite au tour de Biello de tenter sa chance mais cette fois, Warren s'empara du ballon.

La suite allait être plus calme. Sans doute repus, les Montréalais allaient un peu baisser le rythme et la pression, sans jamais toutefois commettre la monumentale erreur de laisser l'adversaire revenir dans la partie. A moins que ce n'ait été un léger assoupissement dû à une opposition pour le moins endormie.

Cela n'empêcha pas d'autres occasions. Et les joueurs locaux continuèrent d'être premiers sur presque tous les ballons. Cela s'explique par le niveau de l'adversaire (mais comment ont-ils fait pour battre Seattle 4-0 ?) certes, mais aussi par la volonté des Montréalais de donner le meilleur d'eux-mêmes.

On notera deux possibilités autour de l'heure de jeu : d'abord un centre de Di Lorenzo sur lequel Ribeiro ne put décroiser sa reprise de la tête, ensuite un corner du second nommé repris du bout du pied par Zé Roberto dans le coin du but que Warren dut repousser. Salles, à l'entrée du rectangle, tenta alors un retourné acrobatique. Le quatrième de la journée !

Si ce geste avait peu de chances d'aboutir, dans ces circonstances, il était le bienvenu : à 2-0, perdre ce genre de ballon n'est pas grave. Par contre, cela a contribué au spectacle et ça, ça plaît beaucoup au public. On nous avait promis qu'on allait s'amuser... eh bien voilà, cette promesse-là, elle est tenue. Avec 4 retournés lors de ce match, en plus de celui de Di Lorenzo qui a amené le but d'Antoniuk à Charleston, on va s'en faire une spécialité si ça continue.

On approchait du milieu de la mi-temps et Braz s'illustra une dernière fois sur son flanc droit en centrant pour Ribeiro qui, cette fois, ajusta parfaitement sa reprise de la tête : 3-0 et le milieu offensif alla comme il se doit et comme il en a pris l'habitude célébrer ce but devant le kop.

Alors qu'on était plus que probablement à l'abri d'une mauvaise surprise (à 2-0, on ne sait jamais : un but à la con et les autres qui attaquent comme des fous en fin de match, et badaboum, catastrophe), Nick De Santis procédé à une flopée de changements. Il a notamment sorti Braz, Di Lorenzo et Ribeiro. Dommage que le public ne comprenne pas ce genre de changements qui permettent aussi (ailleurs, en tout cas...) de servir une chaude salve d'applaudissements à des joueurs qui ont offert une excellente prestation. Ces trois-là l'auraient bien mérité plutôt que deux-trois claquements de mains.

Biello, lui, était toujours sur le terrain et continuait de courir de tous les côtés. A un quart d'heure du terme, il effectua une passe lumineuse vers Zé Roberto du côté droit, surprenant toute la défense. Malheureusement, le Brésilien manqua son tir.

Ce fut ensuite au tour de Bailey de servir son capitaine sur la gauche. Warren s'avança et laissa un trou béant sur sa gauche. Centrer ou tirer ? Ce fut finalement un centre-tir du capitaine mais trop croisé pour finir au fond des filets et malheureusement, personne n'avait suivi pour prolonger le ballon dans le but vide.

Il manquait un but pour que la fête soit complète. C'est Antoniuk l'opportuniste (dans le bon sens du terme) qui allait l'inscrire. L'ancien joueur de Portland, complètement oublié à hauteur du petit rectangle, allait recevoir un centre de la droite des pieds de Zé Roberto, contrôler le ballon de la poitrine et fixer les chiffres à 4-0. Décidément, s'il est maladroit balle au pied, ce type a vraiment l'art de se retrouver au bon endroit au bon moment.

4-0, imaginez ! La dernière victoire de ce type de Montréal, c'était à Calgary il y a 3 ans. La dernière fois que l'Impact a marqué 4 buts à domicile, c'était l'an dernier contre Charleston : 4-2, après quelques prestations en dedans. Le kop avait d'ailleurs là aussi préparé une banderole : “Où sont les champions ?”. Décidément, ça semble porter bonheur. La dernière victoire à domicile avec 4 buts d'écart remonte à la fin de la saison 98, 5-1 contre Connecticut. Enfin, n'oublions pas que depuis 2003, nos joueurs avaient pris la très mauvaise habitude de commencer à domicile par un nul blanc ennuyant au possible. 4-0, ça change !

Une des forces de l'équipe (et à mon avis, il y a la marque de Nick De Santis là-dedans), c'est de se corriger rapidement après une sortie manquée. On en a encore eu un bel exemple aujourd'hui. Finalement, il a eu raison de faire confiance à son onze habituel. Grâce à ce résultat, cette confiance est désormais dans la tête de nombreux joueurs, eux qui auraient pu douter. Maintenant, il faudra confirmer. Contre un adversaire d'un tout autre calibre, qui nous a posé pas mal de problèmes lors du premier match : Miami. Même si ça ne va pas faciliter notre tâche, espérons que Romario soit de la partie. Coup d'envoi dimanche à 16h00.

 
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