CHARLESTON : Wiggins, Crawford (75
e Okoye), Brunt, Watson, Alavanja, Matteo (75
e Armstrong), Corcoran, Vercollone (90
e Romero), Daley (86
e Lesesne), Hollingsworth, Glinton (84
e McKnight)
MONTRÉAL : Sutton, Lyssand, Gervais, Pizzolitto, Vincello, Leduc (83
e Di Ioia), Ribeiro (65
e Antoniuk), Mert (59
e Bailey), Di Lorenzo, Biello, Salles
ARBITRE : M. Moody
AVERTISSEMENTS : Crawford, Ribeiro, Brunt, Antoniuk, Lesesne
LES BUTS : 39
e Hollingsworth (pen., 1-0), 60
e Daley (2-0), 71
e Antoniuk (2-1), 81
e Glinton (3-1)
Une semaine après avoir assisté à un spectacle pas extraordinaire de l’Impact à Trois-Rivières, on avait la chance de voir enfin un premier match de championnat cette saison, grâce à Charleston qui a la bonne idée de diffuser ses matchs sur Internet. Si pour leur public, ce n’est pas forcément utile, à quelques exceptions près, c’est un très beau service pour les supporters visiteurs qui ne peuvent pas forcément effectuer un aussi long déplacement.
Après quelques tests en tous genres, je réussis qui plus est à brancher mon ordi sur ma tv et à y mettre le son de CKAC, euh, pardon, de XM Radio. Et, malgré un petit décalage de deux secondes (avec l’avance pour la radio, ce qui faisait bien paraître les commentateurs à certains moments), le résultat était intéressant. A 19h30, je me retrouvais donc devant ma tv pour regarder cette rencontre et l’enregistrer sur DVD.
En tenant compte de la blessure de Braz et de la suspension de Ze Roberto, la composition de l’équipe n’était guère surprenante : Lyssand relayait l’international au poste d’arrière droit tandis que Mert se retrouvait devant lui au milieu à la place du Brésilien. Les 9 autres étaient les titulaires habituels à leur poste.
La première occasion fut montréalaise : Leduc adressait une longue passe à Di Lorenzo dans le coin gauche qui remettait en retrait à Salles. Le tir du Brésilien était bien placé mais un peu faible et Wiggins pouvait s’en emparer en deux temps.
La première frayeur vint après un peu plus de 10 minutes : une perte de balle de Vincello permit à un adversaire de filer seul vers Sutton. Heureusement, l’Argentin se reprit bien et rattrapa son concurrent pour donner le ballon au gardien. Mais un contrôle nonchalant de ce dernier l’obligea à dégager en catastrophe devant un attaquant local qui fonçait sur lui.
Mais à part ça, les Montréalais avaient résolument pris la direction des opérations. Une domination illustrée par Biello qui, à l’entrée du rectangle, se créait un espace avant de tirer et d’obliger Wiggins à se coucher.
Au milieu de la mi-temps, nouveau danger, tout relatif cependant : Ribeiro tenta sa chance de loin. Si c’était trop faible comme envoi, ça avait le mérite… d’être un envoi. Car malgré sa domination totale, l’Impact ne parvenait pas à se placer en situation de tir. Dès lors, difficile de marquer. Pourtant, les Montréalais bénéficiaient de nombreux coup de pieds arrêtés, que ce soient des corners ou des coup francs à 30-35m du but. Pour autant, ceux-ci ne se transformaient jamais en occasions.
Il faut aussi revenir sur la prestation de Salles. Ou plutôt, sur son rôle général. Car, oui, le match de ce samedi a illustré clairement que pour le moment, il y a un problème Salles. Est-ce de sa faute? En partie, mais pas totalement.
C’est que ses équipiers ne savent absolument pas jouer avec lui. C’est flagrant. Sauf peut-être Biello, qui est plus près de lui, et un peu Di Lorenzo, mais pas tant que ça. Salles, c’est pas Biello et ce n’est pas Sebrango. Les longues balles dans les espaces, ça ne sert à rien avec lui, surtout quand c’est sur les côtés. Les passes en hauteur bondissantes, même chose. D’ailleurs, avec le Cubain, c’était pareil car il plaçait son corps entre son adversaire et le ballon, le laissait rebondir et passer de l’autre côté et se créait un espace de la sorte. Oui mais voilà, ce n’est absolument pas le style de l’ancien joueur de Porto Rico.
Mais à Charleston, il n’a rien fait pour aider. Jamais, ou presque, il ne s’est porté à proximité de ses équipiers pour aller chercher le ballon dans des conditions qu’il affectionne. En fait, il a été totalement inutile tout au long du match. Ceci est une conclusion basée sur des images tv, et évidemment, il y a peut-être eu des choses qu’on ne voit pas. Peut-être a-t-il beaucoup pesé sur la défense, par exemple. Et un tel joueur peut être invisible 90 minutes et marquer un but salvateur.
De ce qu’on a vu en Caroline, sa prestation était nettement insuffisante, dans le jeu en tout cas. Parfois, on aurait été à 10, ce n’eût pas été pire. Il faut donc sérieusement travailler avec lui et en fonction de lui un peu plus quand même car c’est certain que Salles peut apporter beaucoup à l’équipe, ses qualités n’ont pas disparu pendant l’hiver.
Revenons au match où la domination de l’Impact ne diminuait pas et où les possibilités de but, elles, n’augmentaient pas. Peu avant la demi-heure, alors que l’équipe locale éprouvait du mal à se dégager, Di Lorenzo tentait un tir en cloche de 20m, plein axe, mais l’envoi passait au-dessus de la cible.
Il restait à peine plus de 5 minutes à jouer quand on se retrouva dans le camp montréalais, chose assez rare depuis le début de la rencontre. Un coup franc de 35 m au deuxième poteau pour Hollingsworth se termine en penalty pour Charleston. Sur les images, c’est impossible de voir où l’arbitre a vu un penalty. On nous parle d’un main de Leduc. Soit… Toujours est-il qu’Hollingsworth transforme le penalty et donne une avance de 1-0 à l’équipe locale, totalement contre le cours du jeu.
Charleston aura bien mieux profité des coups de pieds arrêtés qui lui ont été accordés… et on en restera là à la mi-temps. Une bien maigre avance. Facile à rattraper ? La domination montréalaise incitait à l’optimisme. Le nombre d’occasions, au pessimisme.
Les prestations de Leduc et Ribeiro, les médians centraux, peuvent résumer la première mi-temps, voire l’ensemble du match, qui est à leur image sans qu’ils soient pour autant plus fautifs que les autres. Leduc a récupéré un grand nombre de ballons, l’a très bien conservé aussi. Mais quand il fallait en faire un usage constructif, alors là, c’était autre chose… Quant à Ribeiro, il était plein de bonne volonté mais un médian axial offensif qui donne peu ou prou de passe de finition (= qui débouche sur un tir ou un but), ce n’est pas normal.
Une des grandes théories des journalistes sportifs dans le soccer est que le pire moment pour encaisser, psychologiquement en tout cas, c’est juste avant la pause. Si ça ne se vérifie pas toujours, le match de samedi l’a illustré à la perfection. Ce but avait vraiment sonné les montréalais qui ne faisaient plus montre de la même domination au retour des vestiaires.
Au contraire même, la défense allait elle aussi se mettre à pécher et, à l’image de Pizzolitto, auteur d’une bonne première mi-temps, retomber dans ses travers trifluviens.
A la 53
e minute, un long dégagement d’Alavanja lançait Glinton seul au but. Heureusement, Sutton était plus attentif que ses arrières et piqua un sprint pour arriver premier sur le ballon et sauver les meubles. L’avertissement, cette fois, avait été sans frais.
Mais il n’a, semble-t-il, pas été retenu. A l’heure de jeu, un autre errement défensif permit à Vercollone de partir seul sur son flanc gauche. Avant que Lyssand n’ait pu revenir, il remisa pour Hollingsworth seul dans l’axe, lequel décala sur la droite pour Daley. Idéalement placé, il ne laissa aucune chance à Sutton (2-0).
Et deux minutes plus tard, c’est cette fois Glinton que la défense montréalaise laissa partir seul. Pizzolitto, s’il ne put revenir à temps, l’obligea à se décaler vers la droite et à tirer sur Sutton, qui avait bien bouché l’angle.
A la 65
e minute, Leduc écarta sur la gauche pour Di Lorenzo qui remit en un temps dans l’axe pour Salles (tiens, une combinaison similaire à la première possibilité du match, ça doit être travaillé à l’entraînement). Malheureusement, le ballon finit sa course à côté.
A moins de 20 minutes de la fin, Sutton saisit bien un coup franc bondissant de Matteo tiré des 20 m.
De Santis avait fait monter au jeu Bailey et Antoniuk. Après des débuts hésitants, le Trinidadien allait parfaitement rentrer dans le match et apporter beaucoup sur le flanc droit où, pourtant, Mert n’avait pas démérité. Mais, à l’image de nombre de ses équipiers, l’Albertain avait été trop souvent hésitant.
Après une combinaison sur la droite avec Leduc, Bailey allait remettre en retrait à Lyssand, qui servait Gervais juste derrière lui. Le centre au deuxième poteau de l’arrière central allait trouver la tête de Salles qui remisait vers le but. Wiggins sortait des points mais envoyait vers Di Lorenzo qui contrôla avant d’envoyer un superbe retourné sur le poteau. Antoniuk, qui traînait comme par hasard dans le petit rectangle, allait faire preuve de l’opportunisme auquel il commence à nous habituer et réduire l’écart à 2-1. Le match était relancé ! Si vous voulez voir ce but, il est
ici. Notez la réaction de Biello qui ne comprend pas (à raison) le geste de l’arbitre et pense que le but est annulé !
Deux minutes plus tard, le capitaine allait servir Bailey seul dans le coin droit. Après être rentré dans le jeu, il tenta sa chance du gauche et obligea le portier local à se coucher sur le ballon. Ce fut ensuite à Antoniuk d’être servi, sur la gauche cette fois : il contrôla, se retourna et tira, de peu à côté.
Mais ce qui fait habituellement la force de l’équipe, à savoir sa défense, lui a été fatal lors de ce match à Charleston. Il restait une dizaine de minutes pour égaliser mais c’est Armstrong qui partait seul sur son flanc gauche (encore : les trois buts sont venus de ce côté-là !), centra pour Glinton, complètement oublié dans le rectangle, dont la reprise de la tête fut victorieuse (3-1).
L’addition aurait pu être encore plus salée quand sur un contre mené par Daley et McKnight, Sutton dut sortir à la rencontre de ce dernier pour l’empêcher de tirer dans de bonnes conditions. L’envoi passa finalement de peu à côté.
La dernière occasion sera pour l’Impact : un centre de Vincello pour la tête d’Antoniuk dont la reprise bien placée fut détournée on ne sait trop comment par Wiggins au prix d’une superbe détente.
Il n’aura donc fallu attendre que trois matchs cette saison pour subir une première défaite. Le prochain match, c’est ce dimanche à Virginia Beach. Deux matches en 24h, c’est vraiment lourd. Mais bon, une victoire permettrait de mettre du baume sur la défaite de la veille…