Combien d'étrangers peut-on avoir en USL ? Voici la réponse une fois pour toutes : sept dans le noyau (sur un maximum de 26 joueurs) mais seulement cinq parmi les 18 joueurs sur la feuille de match (le nombre d'entre eux simultanément sur le terrain peut aussi être de cinq).
Pourtant, on dit sans cesse que l'Impact a “déjà ses cinq étrangers” et n'a donc plus de place. Alors, qu'en est-il ?
D'abord, l'Impact a en ce moment quatre joueurs étrangers confirmés pour la saison 2005 : Bailey, Commodore, Sebrango et Vincello. Kolic a (enfin) ses papiers en règle alors que Sebrango, bien que sportivement cubain, est civilement canadien et c'est ceci qui rentre en compte pour la ligue : les deux sont donc considérés comme assimilés.
Qui est le cinquième ? On connaîtra bientôt le nom de l'oiseau rare qui s'envolera pour Montréal et qui, apparemment, a déjà signé ou presque... Mais il ne fait aucun doute qu'une place de choix est gardée en réserve dans le nid de l'Impact.
Il reste donc deux places. Oui... mais non, pas vraiment en fait. Alors que quelques étrangers sont susceptibles de renforcer l'équipe (un Finlandais et un Japonais principalement), Nick De Santis confiait aux principaux intéressés que leur statut de joueur étranger ne plaidait vraiment pas en leur faveur.
Pourquoi ? Pour plusieurs raisons. D'abord parce que le club, dans son souci de développer du talent local, ne va pas faire venir des joueurs de l'extérieur pour les laisser moisir dans la tribune. Et c'est ce qui arrivera au sixième étranger quand les cinq autres (tous titulaires en puissance) seront disponibles. Deuxièmement, on n'offre pas à ces joueurs des contrats de pacotille. Et, de nouveau, quel intérêt de débourser une masse salariale importante pour un gars qui passe du temps dans la tribune.
Et puis, pour les joueurs qui ne vivent pas à Montréal, il n'y a pas que le salaire qui coûte des sous au club. Ils sont logés dans un bloc-appartements commun où tous vivent l'un à côté de l'autre. Non seulement, il faut prendre en charge le loyer mais il faut aussi... qu'il reste des appartements libres dans le bloc. Et il faut s'occuper d'eux plus particulièrement, surtout s'ils ne maîtrisent pas une des deux langues nationales.
Voilà donc pourquoi l'Impact parle toujours de ses cinq étrangers. Car les sixième et septième, s'ils ne sont pas superflus, ne seront certainement pas engagés à la légère. La solution ? Naturaliser... Mais là, on n'a plus affaire aux lois du sport. Et comme au Canada, contrairement à d'autres pays, le soccer n'est pas lié à l'honneur de la nation, les naturalisations accélérées ne sont pas à l'ordre du jour.
Matthias Van Halst