Et si la route de la Russie passait quand même par le Brésil ?

Publié le 19 octobre 2012

Ce jeudi, la démission attendue de Stephen Hart a été entérinée par l’Association canadienne de soccer dont le président, Victor Montagliani, a livré un discours plutôt encourageant. Il n’a pas fallu attendre longtemps pour qu’une première décision tombe, il va se mettre dès demain à la recherche d’un nouveau sélectionneur et veut que l’équipe continue de jouer régulièrement jusqu’aux prochaines échéances.

Depuis ce fameux 8-1, les réactions ont été nombreuses et sont venues de tous les horizons : médias, dirigeants, joueurs, formateurs, anciens internationaux, etc. Les avis sont presque unanimes : il faut des réformes en profondeur dans le soccer canadien et ce, à tous les niveaux. Beaucoup s’entendent aussi pour dire qu’elles ne se feront pas ressentir à temps pour la génération qui devra se qualifier pour la Coupe du monde 2018.

Autre donnée du problème : la retraite d’une génération qui avait à la fois une qualité et un vécu supérieurs à ceux de ses prédécesseurs… mais aussi de ses successeurs, et peut-être pour longtemps. Par exemple, lors de la dernière émission Coup Franc (que vous pouvez écouter en bas de ce texte), John Limniatis a déclaré qu’on n’a pas de génération capable de quoi que ce soit avant celle qui a disputé le championnat du monde des -17 ans l’an dernier, alors qu’Olivier Brett a émis des doutes sur l’avenir des joueurs actuels des équipes de jeunes.

Tout cela est très inquiétant et ne laisse rien augurer de bon quant à une participation du Canada au Mondial russe en 2018. Il faut un plan, et le mettre en application tout de suite, plutôt que de compter sur les joueurs qui seront bons lors du début des éliminatoires, en 2016, et espérer que les faire jouer ensemble débouchera sur un miracle. Alors, je vous présente cette idée qui peut sembler complètement folle mais est peut-être la meilleure piste pour se qualifier pour la Coupe du monde en attendant que les réformes promises portent fruit : avoir le même groupe, à quelques exceptions près, pour les Jeux olympiques 2016 et la Coupe du monde 2018, et commencer à le faire jouer en équipe A tout de suite.

LES GRANDES LIGNES

- Le groupe de base : faire des joueurs nés en 1993 ou après la base de l’équipe nationale A (oui, je dis bien de l’équipe nationale A) et veiller de près à leurs intérêts.

- Les renforts : identifier des joueurs plus âgés, en nombre limité, qui offrent des garanties et serviront de leaders à l’équipe en lui apportant une réelle valeur ajoutée.

- L’entraîneur : ce sera le même pour toutes les équipes d’âge représentées par ce groupe. Donc pour les -20 ans jusqu’au prochain championnat du monde, pour les espoirs jusqu’aux Jeux olympiques 2016 et pour l’équipe A.

- Les matches : en plus des éliminatoires pour les tournois d’âge auxquels doit prendre part la base du groupe, programmer des matches amicaux pour l’équipe A autant que possible, avec un niveau de difficulté progressif.

- Objectif : avoir pour 2016 un groupe soudé et rôdé qui, renforcé par quelques joueurs incontournables au meilleur niveau, aura les bases nécessaires pour entamer les éliminatoires de la Coupe du monde 2018 dans les meilleures dispositions.

- Parallèlement à ça, il faut évidemment accomplir les réformes nécessaires, car on a là un plan pour sauver une génération pendant qu’on met en place ce qu’il faut pour sauver le soccer canadien.

MISE EN PLACE, DÉTAILS ET RAISONNEMENT

1. Mettre en place les diverses réformes dans les domaines de la formation, de la compétition, etc. Parce que le plan qui suit n’est valable qu’à court terme et qu’une fois caduc, il laissera un grand vide derrière lui si aucun autre travail parallèle n’a été accompli. Je mets ce point en tête, car c’est le plus important pour l’avenir, la pérennité de notre soccer.

2. S’entendre sur les grandes lignes du plan exposé ici, car il faudra que le futur sélectionneur soit d’accord avec lui et le mette en application (ça doit donc être discuté avec tous les candidats potentiels). Pour cela, il est important de dialoguer avec toutes les parties prenantes, en premier lieu les joueurs, tant ceux qui seront impliqués que les autres. Il faudra s’assurer que le sélectionneur accepte d’avoir en mains plusieurs équipes (dont feront partie à peu près les mêmes joueurs) et, surtout, donne des garanties sur sa présence en poste pour les 6 prochaines années. C’est un très long mandat et ce choix sera très important.

3. Identifier une quarantaine de joueurs nés en 1993 ou après et faire d’eux la BASE de l’équipe nationale. Oui, je sais, ce sont des gamins, mais ils auront plus de matchs compétitifs ensemble que quiconque si on prend cette mesure dès aujourd’hui. Et c’est bien le principal reproche que j’entends : les joueurs de l’équipe nationale ne se voient pas assez, ne se connaissent pas assez. Alors, il faut commencer à y travailler immédiatement. Ces joueurs, il faut les choyer, veiller pendant 6 ans à ce qu’en tout temps, ils soient en bonne posture dans leur club et avoir des émissaires capables de les visionner régulièrement. Aucun d’entre eux ne peut être sans club ou ne pas jouer au niveau où son développement / sa carrière le requiert. Si c’est le cas, l’ACS doit faire tout son possible pour que la situation change rapidement. Et nos 3 clubs de MLS doivent être prêts à les accueillir si besoin est (il va sans dire qu’ils auraient alors leur mot à dire dans la liste). Cette liste doit être stable et ne doit pas être révisée tous les 6 mois. Bien entendu, les joueurs qui n’ont plus aucune chance d’être au sommet en 2018 doivent en sortir et les nouveaux talents doivent y entrer, mais ça ne doit pas ressembler à une église.

4. Bien entendu, on ne va pas jeter comme ça des jeunes dans la fosse aux lions. Il faut bien les entourer. Ainsi, l’ACS doit aller voir les joueurs plus âgés, notamment ceux de l’équipe actuelle susceptibles d’être encore là en 2018, et trouver des leaders. Mais elle ne doit faire preuve d’aucune complaisance et être très sévère dans ses choix. Il faut que ces joueurs apportent un plus sur le terrain, mais aient aussi le potentiel de devenir des leaders dans leur club et offrent des garanties de stabilité : pas besoin de types qui seront des porteurs d’eau pendant 6 ans, risquent de passer la plupart de leur temps sur le banc, d’être écartés par leur club, de jouer dans des compétitions de deuxième zone ou d’avoir en 2018 un jeune de la liste précédente aussi bon ou meilleur qu’eux. Oui, ça va faire des victimes, il y aura des joueurs sacrifiés mais la qualification est possiblement à ce prix. Il faut aussi déterminer quelques incontournables, qui seront toujours là, et un nombre maximum (sans noms, cette fois) de joueurs nés après 1993 que le sélectionneur peut convoquer à chaque rendez-vous. J’irais avec 3 et 6 respectivement, et il ne faut surtout pas que ces chiffres soient trop élevés.

5. Avoir une planification précise des matches amicaux pour l’équipe A. On ne va pas envoyer des jeunes de 19 ans avec seulement quelques renforts en Espagne dès leur premier rendez-vous. Il faut y aller graduellement, mais sans complaisance exagérée non plus. On commence avec des adversaires à leur portée et des ambiances qui leur conviennent, tant à domicile qu’en déplacement, et on augmente graduellement soit l’une soit l’autre dose. Des déplacements hostiles contre des adversaires faibles ou agréables contre des adversaires forts, pour après un certain temps (deux ans) les envoyer au Honduras, au Panama et consorts. Dans le même temps, elle disputera les rendez-vous déjà prévus pour l’équipe A, comme la Gold Cup (demander à devoir s’y qualifier ne serait peut-être pas mal non plus). Cela risque d’être difficile au début, il faut donc bien entourer et protéger les joueurs, veiller à ce que, peu importent les premiers résultats, ils apprennent, progressent et restent constamment dans des dispositions positives.

6. Conséquence : l’équipe de base sera réunie dès les prochaines qualifications pour la Coupe du monde des -20 ans. Elle disputera aussi les éliminatoires des Jeux olympiques de Rio en 2016 (et, espérons-le, la phase finale du tournoi – le cas échéant, avec les trois joueurs plus âgés autorisés, elle ressemblerait à l’équipe A). Parallèlement à ça, renforcée par 3 à 6 joueurs, elle se réunirait aux dates prévues par la Fifa pour les matches internationaux, et à d’autres si possible, pour disputer des matches amicaux contre d’autres équipes A. Il y aurait, évidemment, un seul entraîneur pour tout ce beau monde. Ça permettrait des économies, peut-être pour payer plus cher un seul homme. Au début au moins, il faut l’entourer de ceux qui ont entraîné cette génération au cours des années précédentes.

7. Une fois en 2016, on aura un groupe de base qui se connaîtra, se sera vu régulièrement depuis plusieurs années et aura accumulé de l’expérience internationale à plusieurs niveaux : les bases pour aborder les éliminatoires de la Coupe du monde 2018 en étant bien préparé et se qualifier pour le grand rendez-vous en Russie.

Matthias Van Halst

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