Andrew Wenger : « Avec Marco à mes côtés, je veux accélérer mon apprentissage »

Publié le 29 septembre 2012

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Nous sommes le 12 janvier 2012, à Kansas City. Andrew Wenger attend sa prochaine destination. Montréal ? Vancouver ? « Il était le meilleur joueur disponible aujourd’hui », dira Jesse Marsch après avoir sélectionné l’homme à tout faire de l’équipe de l’Université Duke. Mais qui est Andrew Wenger ?

Originaire de Lititz, en Pennsylvanie, Andrew Wenger a commencé à jouer au soccer à l’âge de 5 ans. Pourquoi le soccer ? « Je ne sais pas trop, avoue le principal intéressé. J’imagine que mes parents n’ont fait que suivre le protocole du parent américain typique et m’ont inscrit au soccer. » S’il a aussi joué brièvement au base-ball et au basket-ball, c’est toutefois pour le soccer qu’il développe une passion. « Si je me suis rendu si loin, c’est parce que j’adore ce sport. Je passais généralement mes soirées d’été dans le jardin balle au pied. Seul, je m’inventais des scénarios et je me défiais de faire certaines choses avec le ballon. »

Par la suite, Andrew Wenger passe d’équipe en équipe en grimpant les échelons, souvent aux côtés de son bon ami Zarek Valentin. « J’ai joué dans l’équipe de Zarek de 11 ans à 18 ans. Nous habitions à 5 minutes l’un de l’autre, explique Andrew. Comme il habitait dans un autre district scolaire, nous étions adversaires au secondaire et nous nous sommes affrontés dans quelques matchs âprement disputés. Mais nous étions très amis en dehors du terrain et en plus, nous jouions pour le même club. » En plus de s’être liés d’amitié, les deux ont développé une belle complicité sportive. « Zarek évoluait au poste de milieu défensif, alors que j’occupais la position de milieu offensif. Cela nous a permis de bien nous connaître sur le terrain. »

Les deux comparses se sont ensuite séparés momentanément à l’université. Andrew rejoint les rangs de Duke pendant que Zarek prend le chemin d’Akron. En 2011, après être passé de l’axe de la défense à l’attaque, Andrew marque 17 buts et remporte le trophée Hermann, remis au meilleur joueur de NCAA, et gagné avant lui par Darlington Nagbe (Portland) et Teal Bunbury (Kansas City), sans compter les Alecko Eskandarian, Claudio Reyna, Alexi Lalas, Brad Friedel et autres figures connues du soccer nord-américain qui sont aussi dans la liste. Mais le fait de remporter ce trophée ne garantit pas le succès en MLS. Encore faut-il s’y adapter. « La MLS est un cran au-dessus dans tous les aspects du jeu. C’est plus physique, notre contrôle du ballon doit être impeccable et il faut par-dessus tout être beaucoup plus concentré et réfléchir davantage pour bien comprendre le jeu », explique Andrew. Évidemment, la saison étant plus longue en MLS (huit mois au lieu de trois mois en NCAA), elle aussi est nettement plus exigeante physiquement.

Alors imaginez si en plus de devoir vous adapter à une compétition plus dure physiquement, vous passez votre temps à voyager entre votre nouvelle équipe et votre université, pour terminer vos études. Un contexte ardu pour n’importe qui, mais encore plus pour une recrue dans une équipe nouvellement arrivée dans la ligue. « Ce n’était évidemment pas la situation idéale, mais je tenais à le faire pour terminer mes études. C’était difficile, car je devais beaucoup voyager et je ne parvenais pas à maintenir le niveau d’entraînement nécessaire pour jouer en MLS », de dire Andrew, qui a multiplié les aller-retour en début de saison. Par contre, il reconnaît que cela lui a permis de s’adapter progressivement à son nouvel environnement au lieu de se faire jeter dans le bain, ce qui a facilité le processus.

Qui dit MLS, dit aussi coéquipiers plus expérimentés. Qui est donc le coéquipier qui a le plus impressionné Andrew Wenger dans sa courte carrière ? Un joueur avec lequel il ne croyait probablement jamais jouer de sa vie : Alessandro Nesta. « Il est tellement sûr et calme balle au pied. Il trouve toujours une porte de sortie et un moyen de conserver la possession du ballon », explique l’ancien défenseur axial. Mais Andrew se dit aussi impressionné par la capacité de distribution du défenseur italien. À son arrivée à Montréal, lors d’un entraînement avec les joueurs blessés ou suspendus, Nesta envoyait de longs ballons par-dessus la défense improvisée. « Il avait l’air d’un quart-arrière de la NFL! La classe! »

Évidemment, Nesta n’est pas le seul coéquipier qui impressionne le premier choix du SuperDraft. Reconverti en attaquant à l’Université, c’est désormais à cette position qu’il envisage l’avenir à Montréal. Et qui de mieux pour lui enseigner les trucs du métier que Marco Di Vaio ? « Mon travail consiste à agir en éponge à ses côtés pour absorber tout ce que je peux absorber comme information. Marco est un joueur brillant qui fait des courses réfléchies et qui gaspille rarement des ballons, explique Andrew. J’ai appris à faire de courses dans l’espace et j’ai étudié son synchronisme. Souvent, on comprend le jeu et le mouvement qu’il faut exécuter, mais la partie la plus difficile est de l’exécuter au bon moment. Marco est excellent là-dedans. C’est quelque chose qui vient avec l’âge et l’expérience, mais avec Marco à mes côtés, j’espère pouvoir accélérer le processus. »

En dehors du terrain, le passionné d’histoire s’intéresse à son nouveau milieu de vie, comme en fait foi son article sur l’histoire de Montréal. Dans ses temps libres, il aime découvrir la ville, un endroit à la fois. « J’adore explorer la ville et découvrir de nouveaux endroits. Il y a tellement d’endroits plaisants et différents les uns des autres que j’ai l’impression qu’il me faudra plusieurs étés pour vraiment saisir l’essence de la ville. »

Inutile de dire que nous aussi, on espère le voir explorer notre ville pendant plusieurs étés. Et peut-être même en hiver, sait-on jamais. Il n’a qu’une demande spéciale à ce sujet : « Retardez la neige le plus possible! ». C’est pas parce qu’on n’a pas essayé, Andrew…
Eric Chenoix
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