Il y a dix ans de cela, je posais mes valises pour de bon au Québec. C’était le 3 juillet 2002 très exactement. Ce soir-là, il y avait un match au centre Claude Robillard entre Montréal et Cincinnati. Je voulais y aller mais je logeais à l’autre bout de la ville. Fatigue oblige, j’ai fait l’impasse.
Mais je n’attendais (déjà) qu’une chose : le match suivant, très exactement une semaine plus tard. Les visiteurs ? Rochester. Je ne savais alors rien de la rivalité entre les deux équipes, du statut de l’adversaire et je me suis pointé au stade très naïvement. Tellement qu’après avoir franchi le guichet, je me suis arrêté devant la personne vérifiant les tickets, écartant bras et jambes, prêt à me faire fouiller…
Ne connaissant personne, j’ai pris place en plein milieu de la tribune latérale, juste en face de la ligne médiane. Une vue parfaite ! Je me suis copieusement emmerdé pendant 45 minutes. En partie en raison du niveau de jeu (mais je m’attendais à un truc largement inférieur à la D1 belge donc ça ne m’a pas tellement gêné), mais surtout en raison de l’ambiance. Je n’avais jamais vu de ma vie autant de monde faire aussi peu de bruit… et je vous passe toute la merde que nous crachaient les haut-parleurs à l’époque (bruits artificiels et publicité pendant le match). Il y avait 5000 personnes dans le stade, une première depuis longtemps qui semblait même inespérée. J’ai dû porter bonheur, puisque jamais par la suite le nombre de spectateurs n’est repassé en-dessous de cette barrière.
Il y a avait une petite poignée de types dans un coin qui gueulaient, et parmi eux un gars aux cheveux bouclés qui courait avec un drapeau entre les deux étages de la tribune (certains auront reconnu Daniel). Ils semblaient faire partie des rares personnes qui s’amusaient dans le stade, j’ai donc décidé d’encourager l’équipe avec eux. C’était l’embryon de ce que sont devenus les Ultras Montréal aujourd’hui. Ne pouvant me passer de foot, je me suis joint au groupe jusqu’à ce que mes obligations professionnelles ne me le permettent plus. J’ai quand même dû attendre pas mal de temps avant de retrouver un emploi dans mon domaine : journaliste sportif, spécialisé en football et en cyclisme (sport pour lequel la rupture fut plus brusque encore). Ça ne m’a pas empêché de continuer à tout faire par la cause du football au Québec (en créant notamment ce site avec François).
Je connaissais déjà l’existence des UM (pas encore surnommés comme cela à l’époque), puisqu’ils avaient un site web qui était dans mes favoris Internet avant même mon départ de Belgique, tout comme le site de l’Impact et un très bon article de feu Jacques Gagnon (que j’ai eu le bonheur de côtoyer à Québec Soccer) intitulé “Le football est Québécois” et paru dans La Presse (malheureusement introuvable sur le web depuis quelques années). Pendant ma période avec eux et après, j’ai pu témoigner de toute la passion, de tout l’acharnement dont ils ont fait part, et parfois de toute la haine à laquelle ils ont dû faire face (venue à certains moments de ceux-là même qu’ils voulaient aider). Je suis fier d’avoir apporté l’une ou l’autre pierre à l’édifice et tiens à féliciter tous ceux qui leur ont permis d’arriver où ils en sont pour leur dixième anniversaire. J’espère qu’on leur mettra le moins de bâtons dans les roues possible et que le stade sera un jour rempli de gens qui payent tous leur billet de leur poche parce qu’ils ont le club à cœur. Peu importe qu’ils soient dans le kop au milieu des fumigènes et des drapeaux, ailleurs dans le stade à chanter et taper des mains, ou moins démonstratifs mais tout aussi passionnés.
Mais revenons à notre match contre Rochester. Montréal s’était imposé pour le moins facilement 2-0, contre un adversaire peu imaginatif dans un match au rythme généralement lent. Je me souviens même avoir surnommé les visiteurs “Rochester Sleeping Escargots”. L’Impact faisait le mur derrière (ah, Bob Lilley et son boring soccer ultra-défensif) et devant, Sebrango et Biello (l’un seul en pointe, l’autre entre lui et la masse) s’en donnaient à cœur-joie. Le premier a d’ailleurs fini meilleur buteur à l’issue de la saison, si ma mémoire est bonne.
Les Ultras Montréal, Sebrango, Biello. Je parle d’il y a dix ans, ils sont encore là… et ils ne sont pas seuls. Je ne me souviens plus de la composition exacte de l’équipe ce jour-là, mais même si les choses ont diamétralement changé depuis 2002 (heureusement !!!), il y a encore de nombreux éléments qui étaient au club à l’époque et y sont toujours aujourd’hui. À commencer par le plus emblématique de tous, le président Joey Saputo.
On ne parle en effet pas que du terrain, parce que dans les coulisses aussi, il reste des vestiges de cette première année de relance du club (pour ceux qui ne savent pas, il avait fait faillite en 2001). Je ne vais pas dresser de liste de noms, de peur de me tromper ou d’oublier quelqu’un, mais déjà à l’époque, on entendait la voix de Robert Tanguay nous dire d’être très prudent pour le retour à la maison après le coup de sifflet final.
Biello, donc, est aujourd’hui entraîneur adjoint. Son partenaire offensif de l’époque, Sebrango, joue toujours pour le club et, durant sa courte retraite avortée, a été nommé entraîneur des équipes de jeunes (qui étaient, elles, très loin d’exister en 2002). Il n’est pas seul à encore porter le maillot montréalais aujourd’hui, puisque sur le terrain, on pouvait aussi voir Greg Sutton, qui entrait dans ses meilleures années, et Patrice Bernier, alors un jeune espoir qui a connu entre temps une belle carrière outre-Atlantique.
Autre talent prometteur de l’époque qui est passé en Scandinavie l’année suivante, Adam Braz occupe aujourd’hui le poste de « gérant d’équipe » (team manager). Il faut être plus ancien pour se souvenir de son passage au club, mais Jason Di Tullio, qui a dû arrêter sa carrière prématurément suite à une grave blessure, jouait alors régulièrement : il est aujourd’hui entraîneur des -16 ans de l’Impact.
L’ancien joueur au rôle le plus charismatique est évidemment Nick De Santis, qui après avoir été entraîneur et mené l’équipe au titre en 2004, est aujourd’hui directeur sportif du club.
Même s’ils ne sont pas dans l’organigramme, Patrick Leduc et Lloyd Barker (attaquant reconverti en back gauche et mon joueur préféré lors de mes premières années ici – j’ai toujours eu un faible pour les bons joueurs occupant ce poste) gravitent encore autour du club, en tant que consultants pour divers médias.
Ce n’est plus le cas de Nevio Pizzolitto, capitaine qui a pris sa retraite il y a quelques mois, ni de Gabriel Gervais, même s’il fut consultant pour Radio-Canada jusqu’il y a peu. Ce sont quand même eux qui vont m’aider à tricher (voir plus bas). Jouant régulièrement cette saison-là, Drew Kopp ne s’est pas éternisé à Montréal, alors que Zé Roberto y est resté plus longtemps, se faisant quelques amis. Ce sont les exceptions les plus notables à avoir disparu de la circulation. J’ajouterais encore les noms de Rocco Placentino, dont plusieurs gardent surtout en mémoire son dernier passage au club, et de Darko Kolic, qui jouait moins mais que l’on croise régulièrement de nos jours à des activités de soccer au Québec.
Mettez tous ces noms ensemble, trichez quelque peu pour deux d’entre eux, et on peut avoir un onze complet avec des joueurs de 2002 toujours impliqués de près ou de loin aujourd’hui : Sutton, Braz, Gervais, Pizzolitto, Barker, Di Tullio, Leduc, De Santis, Bernier, Biello, Sebrango.
Matthias Van Halst
Calendrier
Prochain match
Cincinnati - Montréal
Dimanche 22 mars, 13h00
Dernier match
Orlando - Montréal2-1
Samedi 14 mars, 19h30
► Calendrier complet
Classement MLS
| J | Pts | | 1. Nashville | 5 | 13 |
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| 2. Los Angeles FC | 5 | 13 |
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| 3. Vancouver | 5 | 12 |
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| 4. San José | 5 | 12 |
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| 5. San Diego | 4 | 10 |
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| 6. New York City | 4 | 10 |
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| 7. Colorado | 5 | 9 |
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| 8. Salt Lake | 4 | 9 |
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| 9. Seattle | 4 | 9 |
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| 10. Charlotte | 5 | 8 |
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| 11. Dallas | 5 | 8 |
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| 12. Chicago | 5 | 7 |
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| 13. Toronto | 5 | 7 |
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| 14. Miami | 4 | 7 |
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| 15. New York | 5 | 7 |
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| 16. DC United | 5 | 7 |
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| 17. Houston | 4 | 6 |
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| 18. Austin | 5 | 5 |
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| 19. LA Galaxy | 4 | 4 |
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| 20. Atlanta | 5 | 4 |
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| 21. Kansas City | 5 | 4 |
|
| 22. Minnesota | 4 | 4 |
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| 23. Saint-Louis | 5 | 4 |
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| 24. New England | 4 | 3 |
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| 25. Portland | 4 | 3 |
|
| 26. Orlando | 5 | 3 |
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| 27. MONTRÉAL | 4 | 3 |
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| 28. Cincinnati | 4 | 3 |
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