(Long) résumé de la rencontre d'information organisée par la direction technique

Publié le 29 juillet 2011

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Cette semaine, l’Impact a organisé une séance d’information concernant son “plan technique” pour 2012. Le club a eu la bonne idée de mettre tout ça en ligne, pour ceux qui n’y étaient pas, et de mon côté, je vais tenter de résumer ça (pas toujours simple, car c’était très riche en informations) pour ceux qui ne veulent pas regarder cette vidéo d’une petite heure.

Le but de l’opération, tel qu’expliqué par Joey Saputo, était d’expliquer les détails et les enjeux importants ainsi que le travail accompli au cours des derniers mois et ce qui va être fait dans les mois à venir. Le président, mais surtout Nick De Santis et Matt Jordan, se sont chargés de donner les explications.

On est entré directement dans le vif du sujet, en parlant du futur entraîneur. Il faut dire qu’il sera le point central des décisions qui seront prises et qu’il est donc actuellement le chaînon manquant. L’objectif est qu’il soit en fonction le plus tôt possible. Il y avait au départ une vingtaine de candidats, et il en reste trois. Il semble bien qu’à un moment, ils n’étaient plus que deux… Mais depuis le départ de Marc Dos Santos, beaucoup de « projets de staff technique » – pour reprendre les mots de De Santis – ont été présentés au club. D’ailleurs, certains pourraient constituer une option de rechange si l’Impact ne trouve d’accord avec aucun des trois candidats encore en lice.

Une fois que le nouveau “T1” aura signé son contrat, le club va bâtir autour de lui (petite parenthèse, hors séance d’information, T1 est le numéro que l’entraîneur porte sur son maillot dans certains pays). Il aura un grand poids dans les décisions qui seront prises. Il choisira entre autres son staff, et De Santis a insisté sur l’importance que la direction technique du club et l’entraîneur soient sur la même longueur d’ondes afin de choisir les joueurs qui constitueront l’effectif de l’an 1 de Montréal en MLS. Autrement dit : le choix de l’entraîneur est crucial.

“C’est le coach qui va décider à quoi ça va ressembler, notamment au niveau de son staff ou des scouts”, a déclaré Saputo. “Concernant par exemple les recruteurs, on ne veut pas engager du monde et se faire dire par l’entraîneur : ‘Pourquoi lui ?’, a précisé le DT de l’Impact. Dans d’autres équipes, que je ne nommerai pas, l’entraîneur, la direction sportive du club et la haute direction ne sont pas sur la même page. C’est ce que nous voulons éviter.”

Petite parenthèse 2011, puisque la question a été posée : De Santis a dit qu’il pourrait rester entraîneur jusqu’à la fin de la saison, mais que si le nouveau veut prendre la place, il pourra le faire, mais encore qu’il y a d’autres possibilités… Finalement, tout est possible et rien n’est exclu.

Une fois tout ce beau monde en place, il faudra construire une équipe. Et tout ça, en respectant les règles de la MLS. Elles sont très loin du libéralisme auquel les Américains nous ont habitué ! Il faut presque un doctorat pour maîtriser tout ça, et en tout cas une tête bien faite. Il y a beaucoup de stratégie et le rapport qualité / prix des joueurs a encore plus d’importance qu’ailleurs (pour le résumer avec les mots de De Santis, il faut des joueurs “qui ne coûtent pas cher et donnent beaucoup de minutes”). On se croirait dans un (solide) jeu de société ou dans les jeux où il faut construire une équipe à partir des joueurs d’un championnat et où on a des points en fonction de leur performance (ah, je m’amusais bien avec ça quand j’étais en Belgique…)

Bon, revenons à Montréal, où celui qui s’y colle, c’est Matt Jordan. Il a donc expliqué les principales règles et lui ou De Santis a précisé comment le club comptait s’y prendre pour chacun de ces points.

Il y a plusieurs étapes de recrutement organisé. Pour tout nouveau club, la première permet d’aller… chiper les joueurs des concurrents. Mais ce n’est pas aussi simple. Deux jours après la finale de la MLS Cup, chaque club doit sélectionner 11 joueurs à qui on ne peut pas toucher. Les joueurs formés au club sont également intouchables. Parmi les autres, l’Impact pourra choisir un total de 10 joueurs, mais pas plus d’un par club. “Nous pouvons y trouver trois titulaires.” La méthode employée pour être efficace : “Nous regardons la majorité des matchs de MLS chaque semaine pour évaluer les joueurs. Nous tenons compte aussi des aspects extra-sportifs, comme les salaires, car il y a le plafond salarial à respecter.” Il faut aussi tenter de deviner quels joueurs seront intouchables et quels joueurs suivre de plus près. Jordan a qualifié l’exercice de travail de fou qui lui procure beaucoup de plaisir.

Lors de l’étape suivante, tout le monde entre en jeu. Chaque équipe a droit de choisir, à tour de rôle, un joueur, et vu que l’Impact est le nouveau venu, il sera chaque fois le premier à choisir. Les joueurs viendront de deux sources différentes : les universités américaines ainsi que la séance d’essais à laquelle participeront des joueurs qui veulent se montrer aux recruteurs de MLS. Au total, chaque équipe choisira 6 nouveaux. À cette fin, De Santis a noué des liens avec un réseau d’entraîneurs d’équipes d’université. Une fois que leur championnat commencera, cet automne, lui et Jordan se déplaceront beaucoup pour voir à l’œuvre les joueurs qui ont la meilleure réputation, et rencontrer certains d’entre eux.

On arrive donc à 16 joueurs (mais rien ne dit que tous les joueurs sélectionnés signeront à Montréal).

Vu que l’Impact n’est pas un nouveau club mais vient d’une division inférieure, il a aussi le droit, jusqu’en mars, d’y choisir un joueur avec qui il est le seul à avoir le droit de négocier (seul parmi les équipes de MLS, évidemment, si le type veut aller à Barcelone ou à Al Shabab, il ne va pas attendre la permission de Don Garber).

Attendez, c’est pas fini. Il y a aussi la liste de découvertes. Pour le 8 décembre, chaque club doit donner à la MLS une liste de 10 joueurs qu’il a découverts et qui l’intéressent. Vu que ce ne sont pas les clubs qui signent les contrats mais la MLS, c’est en quelque sorte un moyen de départager tout le monde quand ils sont trois à vouloir bouffer le même os… pardon, à vouloir engager le même joueur. Si un de ces joueurs est convoité par plusieurs clubs, c’est celui qui l’a le plus haut sur sa liste qui peut discuter avec lui en priorité. Et s’il est au même niveau pour les deux clubs, là encore, il y a un ordre de priorité entre les clubs. Autre privilège du nouveau venu : Montréal est aussi en tête de cette nouvelle liste.

Après, il faudra compléter l’effectif avec, par exemple, des joueurs déjà là, ou d’autres dénichés ailleurs. Certains de ceux qui sont au club actuellement (et sont “déjà en évaluation”, dixit De Santis) et quelques autres invités seront conviés en fin de saison pour des essais, probablement dans le même style que ce que l’on a connu en début d’année. Répondant à Frédéric Lord de la SRC, le directeur technique a aussi précisé qu’aucun joueur actuel ne connaîtra son sort avant novembre.

Parmi les nouveaux, beaucoup de monde se demande s’il y aura l’un ou l’autre “joueur désigné”. Ce terme désigne trois joueurs que le club peut payer autant qu’il veut : seulement 350 000 $ sont pris en compte dans le plafond salarial. Choix capital, il ne sera évidemment pas fait avant l’arrivée du nouvel entraîneur, vu l’importance qu’on lui donne. Mais De Santis a quand même tenu à préciser ceci : “Si on est sûr qu’il aura un rendement de 100%, ce sera évidemment une option que nous allons étudier. Mais il ne faut pas oublier que beaucoup de ces joueurs ont été des échecs. Les plus vieux, il faut voir s’ils sont prêts à faire des sacrifices comme jouer à 30 degrés ou faire de longs voyages.” Jordan y a été de ses anecdotes et a surtout donné son modèle de réussite dans le domaine : Piotr Nowak.

Il reste encore pas mal de places et pour les autres nouveaux, l’Amérique du Sud semble une destination privilégiée : des relations ont été bâties en Colombie, en Argentine et au Paraguay. “Pas avec des équipes mais avec des gens qui ont amené, avec succès, des joueurs en Amérique du Nord.” J’ose même pas imaginer le mélange entre le système de co-propriété des joueurs club / agent pour certains Argentins et les règlements de la MLS… Il y a déjà eu des rencontres avec le staff de la Fiorentina (qui était venue jouer ici l’an dernier) et des contacts en Europe, notamment en Scandinavie.

Jordan a été voir les qualifications de la Concacaf pour le Mondial des -20 ans, l’Impact a aussi été faire de la prospection en Argentine, en Allemagne ou encore en Uruguay. Et ils ont (évidemment, oserais-je dire) assisté au stade à plusieurs rencontres de MLS. Tout ça permet d’avoir une liste de noms, mais ça n’ira plus loin qu’après, répétons-le, l’arrivée de l’entraîneur, qui tranchera quant à qui doit venir ou non.

Le club a été rencontrer d’autres clubs de MLS pour voir comment ils travaillent et a aussi regardé ce qu’il y trouvait bon et moins bon. Il s’est déjà rendu à Portland, Colorado et Vancouver, et a d’autres destinations au programme.

Tout ce beau monde doit entrer dans un effectif total de 30 joueurs… divisé en deux (c’était trop simple). Seuls les 20 premiers comptent dans le plafond salarial. Les 10 autres, généralement des jeunes, ne comptent pas. Parlant de jeunes, Saputo a dit qu’il voulait voir des joueurs formés au club dans l’équipe première non pas l’an prochain mais bien en 2014, 2015, 2016.

Le plafond salarial évolue d’année en année mais ne doit pas être respecté à la lettre. En effet, en plus, chaque équipe dispose d’une latitude. Ainsi, en plus des 2,81 millions de dollars américains du plafond salarial, l’Impact pourra le dépasser de 1,1 million… voire plus. En effet, cette somme (baptisée “allocation money”) peut être échangée entre les clubs, comme d’autres services, par exemple le nombre de joueurs étrangers (enfin, ni Américains ni Canadiens). Le maximum est de 8, mais on peut par exemple filer un peu de son “allocation” à un club en contrepartie d’une place : il ne peut plus avoir que 7 “étrangers”, mais nous on en a droit à 9.

Finalement, la règle la plus simple est qu’on doit avoir 3 canadiens dans l’effectif (dans les 30).

Il y a toutes sortes de contrats, parfois garantis, parfois semi-garantis, et tous vont à la MLS. “Le club dit qu’il est intéressé par un joueur et pense lui offrir tel salaire, mais le joueur et son agent négocie avec la ligue”, nous ont expliqué les responsables techniques de l’Impact.

Avec tout ça, on comprend mieux l’importance de connaître la MLS pour l’entraîneur : ça a finalement peu à voir avec le style de jeu, mais surtout avec les nombreux règlements à maîtriser. Si ça se passe mal et qu’il a des exigences incompatibles, la situation ne va pas s’arranger…

Vous en voulez encore ? Le dessert, c’est la convention collective entre la MLS et le syndicat des joueurs, très détaillé aux dires de Jordan, et qui impose d’autres contraintes. Mais là, je vous laisse regarder la vidéo pour avoir quelques détails, de même que certains autres exemples utilisés lors de la rencontre.



M. V.H.
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