Une seule mi-temps dans les jambes et dans la tête

New York Red Bulls - Impact Montréal 4-1 – Match de championnat (phase classique) joué le 27/09/2020

NEW YORK : Jensen, Egbo (59e Pendant), Parker, Nealis, Duncan, Casseres (66e Fernandez), Valot (59e Yearwood), Stroud, Kaku (82e Jorgensen), Royer, Barlow (66e Tetteh)

MONTRÉAL : Diop, Brault-Guillard, Binks, Fanni, Raitala, Wanyama, Piette, Maciel (59e Sejdic), Bojan, Urruti, Lappalainen

ARBITRE : M. Mendoza

AVERTISSEMENS : Binks

EXCLUSION : 87e Binks

LES BUTS : 4e Bojan (0-1), 14e Barlow (1-1), 35e Barlow (2-1), 56e Royer (3-1), 57e Kaku (4-1)


Après avoir ouvert la marque puis fait jeu égal avec son adversaire pendant l’essentiel de la première mi-temps, Montréal a rompu physiquement et mentalement, s’inclinant 4-1 à New York. Si le score est exagérément sévère et que tout n’est certainement pas à jeter, certains problèmes deviennent urgents à régler avant que le découragement déjà perceptible ne balaye tout sur son passage.

Quioto suspendu, Taïder et Okwonkwo blessé, la quête du meilleur partenaire pour Binks entamée depuis l’exclusion de Camacho : Thierry Henry n’avait pas le choix de faire appel à d’autres joueurs au moment de composer son onze. Fanni prenait place aux côtés de Binks dans une défense centrale à deux, l’entrejeu était inchangé alors que Lappalainen devait exploiter les espaces sur la gauche pendant que Bojan et Urruti occupaient les autres postes les plus offensifs.

Gagnant en inspiration depuis quelques rencontres, le Catalan a continué sur son élan en étant d’abord à la source de la première occasion grâce à une très belle ouverture pour lancer Lappalainen sur la gauche. Ce dernier est rentré dans le jeu, a réalisé un crochet pour déstabiliser son défenseur et s’ouvrir un espace de tir, un envoi dévié par Jensen.

Deux minutes plus tard, New York ne s’était toujours pas réellement dégagé depuis l’occasion précédente. Alors que son bloc était mal positionné, Bojan, à 25 mètres du but avec le ballon, en a profité pour envoyer une superbe frappe au fond des filets de Jensen (0-1).

New York, qui avait montré des intentions offensives dans les tout premiers instants, a bien entendu remis le couvert et a rapidement cherché à menacer Diop. La première fut la bonne. On approchait du quart d’heure quand Egbo a récupéré le ballon et a envoyé une passe croisée pas des plus évidente vers Barlow, qui avait profité du fait que Brault-Guillard était parti vers l’avant. Diop est sorti pour réduire l’angle, mais son adversaire a parfaitement placé un ballon croisé synonyme d’égalisation (1-1).

Fort de ce but, New York a rapidement tenté de prendre l’avance. Barlow, très remuant et souvent insaisissable tout au long des 90 minutes, a reçu une superbe passe de Kaku. Entouré par deux défenseurs, il avait peu d’espace sur les côtés, tout comme devant lui puisque Diop était sorti et l’attaquant a buté sur lui.

Sans pour autant miser sur une tactique de défense et de contre - loin de là même - Montréal bénéficiait d’espaces d’un adversaire dont c’est un des points faibles défensifs. Lappalainen, qui jouait souvent à la limite du hors-jeu et s’y est fait prendre à quelques reprises, s’y engouffrait régulièrement. Une fois de plus lancé sur sa gauche, il a trompé Jensen après avoir fait sa course habituelle, mais dès que le ballon a franchi la ligne, le juge de ligne a levé son drapeau.

Quand Montréal avait la possession de balle et voulait construire patiemment, il faisait très bien circuler le ballon. C’était très encourageant car en perte de balle, New York pressait souvent fort et collectivement : le porteur du ballon avait rapidement en adversaire sur lui et peu de solutions. Et pourtant, il en trouvait une. Et ce, peu importe la moitié de terrain dans laquelle on évoluait. Cependant, dans le cours du jeu, quand il n’y avait pas de grands espaces à exploiter, ça manquait de tranchant et de poids sur la défense adverse, empêchant ces moments de domination de se transformer en possibilités de but.

Il fallut donc un coup franc aux visiteurs pour se montrer dangereux : envoyé par Maciel au deuxième poteau où il était convoité par bien du monde, il est arrivé à Wanyama, qui avait toutefois peu de solutions. Jusqu’à ce qu’il vit Piette derrière lui : sa passe en retrait était facile, la reprise du milieu de terrain plus qu’intéressante, mais un joueur local était sur la trajectoire du ballon pour le dévier en corner.

À l’aise face au pressing sans ballon de son adversaire, l’Impact souffrait bien davantage quand New York décidait d’accélérer et de pousser balle au pied. On s’en est bien rendu compte lors d’une action où Casseres est monté côté gauche quasiment jusqu’à la ligne de fond pendant qu’un nombre impressionnant de ses partenaires avait accompagné le mouvement très haut dans la surface de réparation. Casseres a glissé le ballon au petit rectangle où Royer l’a prolongé d’une talonnade on ne peut plus inspirée qui a surpris tout le monde sauf Barlow, auteur sans peine du but qui donnait l’avance à ses couleurs (2-1).

Pendant que le jeune buteur de New York faisait preuve d’une efficacité sans faille, en face, Urruti étalait encore ses carences à la finition. Bien monté sur son flanc, Brault-Guillard a centré au deuxième poteau vers Lappalainen qui a remis le ballon à l’Argentin qui, après avoir contrôlé et s’être retourné, a complètement raté sa frappe.

Bien payé de son avance à la pause, New York est remonté sur le terrain avec la ferme intention de doubler l’écart et de justifier le fait qu’il menait à la marque. On ne rejouait pas depuis deux minutes qu’une action confuse sur un corner permettait à Stroud de tenter sa chance, un envoi repoussé vers Valot dont le tir a été dévié par Brault-Guillard alors que Diop était déjà parti. Le gardien était battu mais, heureusement, le ballon est passé juste à côté du but.

New York avait résolument pris la direction des opérations. Le rythme n’était pas infernal, mais l’Impact ne parvenait pas à retrouver celui qui lui avait permis de faire jeu égal avec son adversaire pendant l’essentiel de la première mi-temps. Coup au moral en raison du deuxième but ? Fatigue physique ? Les deux ? Toujours est-il que les joueurs étaient plus attentistes, plus souvent deuxièmes sur le ballon et collectivement plus passifs.

Dix minutes après la reprise, ces impressions ont malheureusement été confirmées de la plus concrète des façons… Tout d’abord quand Kaku a donné un ballon à Royer qui a eu tout le temps de le recevoir, de le contrôler, de se retourner et de tenter sa chance des 25 mètres. Et seulement ensuite, un joueur visiteur est intervenu : Binks, qui a juste réussi à dévier l’envoi dont la trajectoire a changé et trompé Diop (3-1).

Fanni, visiblement encore sous le choc du but comme la plupart de ses partenaires, a ensuite raté une relance offrant aux new-yorkais une possibilité de déborder sur la gauche. Royer a centré sur Kaku qui a vu les défenseurs courir sans réfléchir et a ralenti pour recevoir le ballon au meilleur endroit pour le reprendre sans être gêné et du mieux possible : c’était puissant et imparable pour le gardien, qui n’avait plus que son découragement à afficher (4-1).

Le reste de la mi-temps fut à sens unique. Les rares joueurs de l’IMFC qui n’avaient pas été à la hauteur de leurs partenaires en première mi-temps ne se sont pas améliorés, alors que les autres semblaient découragés tant par la tournure des évènements que par la montagne insurmontable devant eux.

Et le marquoir aurait pu être encore beaucoup plus sévère. Mais il ne bougera plus. Ni sur cette tête croisée de Royer hors-cadre, ni sur cette frappe dans les nuages de Barlow oublié dans le rectangle, ni sur celle de Tetteh qui a pris la même direction car le joueur avait été surpris par les bonds du ballon, ni sur le but de Casseres annulé pour un hors-jeu de Kaku. Et tout aussi peu quand Diop est sorti pour arriver premier sur le ballon dans les pieds de Fernandez qui avait échappé aux défenseurs sur le centre de Duncan.

Si les filets n’ont plus tremblé, le calvaire n’était pas terminé. Nerveux depuis quelques rencontres et déjà averti à juste titre, Binks a fauché Fernandez qui allait le dépasser et partir au but. Occasion franche ? Pas certain. La jaune, sa deuxième, était justifiée. Ce qui n’a pas empêché un excès de zèle inutile et une punition exagérée du corps arbitral qui est allé perdre du temps à la vidéo pour décider d’une exclusion directe. Pinailler à ce point vu la tournure des débats et le temps qu’il restait était vraiment injustifié.

C’est donc la tête basse que les joueurs de l’Impact ont quitté le terrain de leur nouveau domicile temporaire. Les deux dernières rencontres avaient un double objectif, simple : mettre fin à la spirale des défaites et ne pas perdre le moral. Malheureusement, aucun des deux n’a été atteint. La semaine avant le match de samedi face à Chicago risque donc d’être pour le moins difficile à vivre, à Montréal, certes près des familles mais en quarantaine avec l’impossibilité de s’entraîner et de soigner les blessures.

Si ce qu’on a vu à New England ressemblait complètement à un jour sans dont il faut quasiment tout oublier, ce que l’équipe a montré ce soir n’est pas à jeter complètement. On retiendra la forme ascendante de Bojan, la circulation de balle intéressante et le fait d’avoir bien résisté au pressing sans ballon de New York à n’importe quel endroit du terrain avant le repos. Ce n’est pas donné à tout le monde. Comme le premier quart d’heure face à Philadelphie.

Toutefois, d’autres problèmes annihilent ces bonnes dispositions et doivent être corrigés dès que possible, histoire d’éviter que le négatif submerge tout sur son passage. Trop de joueurs indispensables n’ont pas de remplaçant à la hauteur. L’effectif est trop léger : même s’il y a davantage de solutions sur le banc que lors des dernières saisons, ça reste insuffisant. Même quand ils sont sur le terrain, certains titulaires n’ont parfois personne pour les aider à assumer certaines charges. Parallèlement à cela, il faut composer avec certains péchés de jeunesse, inévitables et qui font partie de l’apprentissage, et d’indiscipline. Les circonstances, elles non plus, ne peuvent pas être changées, il faut donc trouver d’autres solutions pour éviter au groupe de sombrer dans des moments de fatigue physique et mentale qui font perdre des points qui, autrement, auraient été à l’actif de l’IMFC.

Prochain test contre Chicago, longtemps loin derrière Montréal en bas de classement mais qui est revenu à un point et reste sur deux victoires consécutives. Encore un rendez-vous important, pour le moral et pour le classement.

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