Courage et passion plus forts qu’orage et temporisation

Columbus Crew - CF Montréal 1-2 – Match de championnat (phase classique) joué le 03/08/2022

 CF Montréal
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COLUMBUS : Room, Moreira, Mensah, Williams (46e Degenek), Santos, Morris (88e Molino), Nagbe, Diaz (70e Igbekene), Zelarayan (73e Artur), Etienne (70e Yeboah), Hernandez

MONTRÉAL : Breza, Corbo, Camacho, Waterman, Brault-Guillard (46e Lappalainen), Wanyama (64e Piette), Koné, Choinière (64e Johnston), Torres (64e Quioto), Mihailovic (70e Toye), Kamara

ARBITRE : M. Szpala

AVERTISSEMENTS : Waterman, Diaz

LES BUTS : 14e Zelarayan (1-0), 88e Kamara (1-1), 90e Waterman (1-2)


Malmené en première mi-temps dans la chaleur face à un adversaire qui a rapidement ouvert la marque avant de temporiser, Montréal s’est imposé 1-2 à Columbus grâce à des titulaires habituels remplaçants aujourd’hui, dont la montée au jeu a fait basculer le match, une interruption météorologique bien mieux gérée que son adversaire et une volonté farouche de s’imposer affichée jusque dans les derniers instants.

Alors que Columbus effectuait un seul changement par rapport à son dernier match (celui de samedi dernier a été reporté en raison des conditions météo à Charlotte), Wilfried Nancy faisait tourner, c’est le moins qu’on puisse dire. Même Breza revenait dans le but, alors que parmi les titulaires habituels, seuls Camacho, Waterman, Wanyama et Mihailovic étaient sur le terrain. Tout comme Kamara, qui recevait la chance de s’illustrer dans une ville où il a souvent brillé… même si le club a changé de stade entre temps. Notons quand même que tout comme Koné, Choinière et Torres, il fait partie des 13 joueurs les plus utilisés cette saison. Puisque Brault-Guillard commençait régulièrement les matches l’an dernier, on peut presque dire que le seul Corbo avait un réel pédigrée de joueur de ce qu’on appelle communément une “équipe B”.

Même si Montréal est plutôt bien entré dans son match, c’est l’équipe locale qui a créé le premier danger sérieux : un centre de la droite d’Hernandez était remis par Williams vers Etienne légèrement décalé à droite très haut dans le rectangle et, surtout, très bien placé : il aurait au moins dû cadrer son tir, qu’il a envoyé au-dessus.

Aucune équipe n’avait pris de réel ascendant en ce début de rencontre. Sans être fou, il était intéressant avec deux formations bien intentionnées sans se jeter comme des folles. Illustration de cet équilibre, le fait que des défenseurs des deux camps durent détourner des ballons chauds pour les empêcher d’arriver à un adversaire démarqué.

Peu avant le quart d’heure, toutefois, les filets ont tremblé. Columbus faisait passer le ballon de gauche à droite, d’où Moreira le donna en retrait à Zelarayan à l’extérieur du rectangle. Souhaitant tenter sa chance de loin, le meneur de jeu a quelque peu raté son contrôle mais il avait tellement d’espace devant lui qu’il a quand même pu avancer et envoyer une frappe croisée, légèrement déviée, qui a trompé Breza, cloué au sol (1-0).

Ça chauffait pour Montréal. Deux minutes plus tard, toujours sur la droite, Diaz centra vers Hernandez qui avait échappé aux défenseurs mais était bien haut, ce qui lui laissait peu d’espace devant lui : Breza l’occupait et a sorti un bon réflexe pour repousser le tir à bout portant.

L’orage fut bref. La suite ressembla à ce qu’on avait vu jusque-là… en plus lent, toutefois. La chaleur n’y était probablement pas étrangère (elle peut aussi expliquer certains choix de l’entraîneur montréalais), tout comme le fait que Columbus, fort de son avantage, évitait tout risque et jouait la temporisation tant en possession qu’en perte de balle.

Si on fait abstraction d’une action dangereuse qui n’aurait pas compté pour hors-jeu, la première occasion montréalaise survint peu avant la demi-heure : Torres lançait Brault-Guillard, très actif sur la droite. Ce dernier envoya un puissant ballon au premier poteau : difficile de savoir si c’était un centre ou un tir, toujours est-il que Room a dû intervenir.

La première mi-temps se poursuivit sur ce faux rythme, rendant le match peu emballant, pas non plus aidé par un Columbus jouant bas et mal à l’aise en contre-attaque. Ce qu’on eut de plus menaçant à voir fut un coup franc remis par Kamara vers Corbo qui, entre le point de penalty et l’entrée du rectangle, tenta une frappe immédiatement contrée par la forêt de jambes jaunes juste devant lui. Room n’eut même pas à s’inquiéter.

Le passage au vestiaire permit à Montréal de reprendre un peu de fraîcheur, exception faite de l’infortuné Brault-Guillard, blessé juste avant et remplacé. À la reprise, les visiteurs parvenaient à mettre davantage de rythme dans les échanges, sans toutefois se créer d’occasion.

Columbus ne mit le nez à la fenêtre qu’après six minutes… avec, immédiatement, un avertissement des plus sérieux : de loin, Hernandez envoya un tir enroulé qui heurta le poteau de plein fouet. Un geste dont il est le spécialiste, comme vous pourrez le lire dans le prochain Québec Soccer. J’ai écrit l’article aujourd’hui… et j’ai encore eu l’impression de me relire quelques instants plus tard quand, ayant un peu d’espace devant lui, le Colombien en profita pour reprendre un centre au cordeau de Diaz. Heureusement pour Montréal, Lappalainen eut le geste défensif qui sauve pour dévier en corner ce tir croisé qui prenait la bonne direction.

Pour faire pencher la balance, Wilfried Nancy a procédé à plusieurs changements. Ce qui a failli payer rapidement puisque, à peine monté au jeu, Quioto a piqué le ballon à Mensah au milieu du terrain pour filer à toute allure dans le grand espace devant lui. Il avait plusieurs choix, aucun plus évident que l’autre : avancer, tirer tout de suite ou chercher Kamara. Il a choisi le second, une frappe pas hyper bien placée et sur laquelle Room s’est couché facilement.

Deux minutes plus tard, un autre remplaçant, Johnston perça côté droit avant de passer le ballon en retrait à Koné à l’extérieur du rectangle dans lequel Kamara était en mouvement. Le médian donna le ballon dans la course de celui-ci mais l’attaquant tira à côté.

Demi-changement si on peut l’appeler ainsi : Lappalainen était passé sur la gauche, où Choinière n’avait pas été à son affaire. Et c’est de là qu’il donna un très bon ballon à Quioto, très solide au milieu de plusieurs adversaires sur le gauche du rectangle ce qui lui permit d’envoyer un puissant ballon qui est passé devant la ligne sans que Toye n’y touche. Kamara était aussi à l’affût : il s’est jeté mais n’était pas tout à fait face au but et s’il est arrivé au ballon, il n’a pas pu le prolonger entre les poteaux.

L’orage grondait devant le but de Columbus… et menaçait aussi dans le ciel de l’Ohio. Le match était dès lors arrêté. À deux minutes près, son résultat aurait pu être validé si le risque météo avait perduré plusieurs heures. Mais on n’avait pas passé les 75 minutes de jeu, on aurait donc de toute façon dû recommencer à jouer, ce qui fut quoi qu’il en soit possible après un peu moins d’une heure et demie d’interruption.

Cette nouvelle reprise a dans un premier temps ressemblé au début de la deuxième mi-temps : Montréal prenait le jeu à son compte dans le camp adverse, sans toutefois créer d’occasion franche. Contrairement à son adversaire, qui a menacé coup sur coup en contre-attaque. Sur la première, Hernandez a hérité d’un long ballon et filé seul au but, mais Breza a remporté la face à face. Une minute plus tard, le Colombien a dribblé Piette sur la droite pendant que ses équipiers ne semblaient pas trop y croire… Dans un angle très fermé, il a dû se résoudre à tenter un tir un peu désespéré et pour le moins difficile qui a fini loin du cadre.

Rien pour entamer la bonne volonté montréalaise. Avec un premier moment chaud depuis la fin de l’orage quand Corbo envoya un ballon aérien vers Kamara qui a sauté super haut, suffisamment pour largement dépasser ses adversaires, mais il n’a pas pu toucher au ballon.

Cinq minutes plus tard, Quioto, virevoltant depuis son entrée en jeu, envoyait un nouveau très bon centre au cordeau puissant qui traversait le petit rectangle sans trouver de coéquipier pour le prolonger. Toutefois, un adversaire l’avait dévié en corner. Détail on ne peut plus important puisque le coup de coin voyait Kamara émerger en zone centrale d’une tête décroisée ne laissant aucune chance à Room (1-1).

Columbus voulait visiblement reprendre l’avantage… mais n’y arrivait plus. Au contraire, les arrêts de jeu étaient montréalais, car les visiteurs ne se satisfaisaient pas d’un point. On vit d’abord un autre centre au cordeau puissant de Quioto traverser le petit rectangle. Bis repetita opus 2, cette fois avec une tête décroisée de Kamara, sur un centre de Johnston, mais Room n’était pas battu et a réalisé un superbe arrêt.

Ce n’était que partie remise. Montréal en voulait. La preuve : alors que Lappalainen avait le ballon 50 mètres derrière eux, 6 joueurs restaient devant avec le désir de le recevoir. Le Finlandais l’a envoyé vers Waterman, qui a pris ses distances de Moreira avant de finir de le mettre dans le vent grâce à un contrôle bien ajusté puis de placer le ballon hors de portée de Room (1-2) !

Si au coup d’envoi, on parlait beaucoup de la chance accordée aux joueurs qui n’étaient pas titulaires contre New York City… ce sont les montées au jeu de Quioto, Lappalainen et Johnston, remplaçants ce soir et habituellement sur le terrain au début du match, qui lui ont donné une nouvelle allure. Et si les buts ont été inscrits par des joueurs présents dès le coup d’envoi, Waterman ne fait pas partie de ceux qui avaient une chance particulière à saisir ce soir ; au contraire, il a confirmé et encore marqué des points.

On notera aussi la nouvelle bonne fin de match de Montréal. Double, car il y a non seulement eu les buts marqués (rares cette année dans le dernier quart d’heure, surtout marqué par la solidité défensive), mais aussi l’état d’esprit et la gestion de la pause forcée, bien meilleure que celle de l’équipe locale qui avait pourtant l’avantage d’être dans un environnement familier. Le tout sans Miahilovic ni Wanyama sur le terrain, ce qui n’est pas non plus négligeable.

Lors de la conférence de presse d’après-match, l’entraîneur et les joueurs ont, comme samedi dernier, fait référence à Jason Di Tullio. Après le match contre New York City, Samuel Piette avait parlé de courage et passion. De quoi inspirer les joueurs sur le terrain et, espérons-le, la direction pour un changement de slogan officiel du club, les valeurs de quelqu’un qui l’a représenté dignement sur le terrain et dans le vestiaire (y compris avec les équipes de jeunes), prononcées par son joueur local emblématique de ces dernières années.

Gageons qu’il faudra aussi beaucoup de courage et de passion sur le terrain lors du prochain match, samedi contre Miami, pour compenser les gros efforts fournis ce mercredi lors d’une soirée particulièrement chaude, longue et lors de laquelle il a fallu fournir des efforts jusqu’au tout dernier instant. En attendant, les joueurs peuvent fêter non seulement ce résultat mais aussi l’excellente opération qu’ils ont effectuée au classement, où le trou entre Montréal et la ligne rouge est de plus en plus béant.

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