Bilans de saison 2022 (3) : aperçu général de la saison

Publié le 9 novembre 2022

 CF Montréal
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Troisième du classement général avec 65 points (loin devant les 51 de 2015) et une pléthore de records battus depuis l’accession du club en MLS : oui, la saison 2022 de Montréal fut historique même si, par le passé, il y eut des performances plus historiques encore. Sauf que cette fois, on a réussi à s’inscrire dans la durée et non pas dans les exploits d’un jour ou d’une courte période. De quoi espérer voir l’équipe jouer les premiers rôles dans la continuité sur plusieurs saisons.

L’an 3 du nouveau plan sportif a été plus qu’une confirmation. Pour rappel, tout avait commencé en 2020 avec Thierry Henry, qui instaurait une nouvelle philosophie de jeu et essuyait les plâtres avec un effectif pas forcément adapté. En 2021, Wilfried Nancy lui a succédé au pied levé, et a franchi l’étape attendue avec l’arrivée de nouveaux joueurs. Le tout, dans un contexte de pandémie qui a compliqué la vie de tout le monde.

Cette année, la mission était d’être au point dans le jeu et compétitif au classement. C’est ce qu’on a vu pendant une demi-saison… avant de tenir compagnie à Philadelphie et au LAFC par la suite, pour former un trio d’équipes archi-dominateur de la deuxième moitié de la campagne. Si cette dernière s’est arrêtée abruptement aux portes du carré d’as de la phase finale de la Coupe MLS, la défaite contre New York City ne doit en rien occulter une saison réussie.

L’effectif n’a pas été chamboulé pendant l’hiver, loin de là. Tous les cadres sont restés hormis Struna qui avait déjà perdu de sa superbe, et seul Johnson était arrivé dans l’optique d’être immédiatement opérationnel. Kamara, lui, devait apporter son expérience sur le terrain et en dehors, tout en palliant l’absence d’attaquants, écartés pour blessure, en début de saison. Johnson s’est métamorphosé en latéral moderne, Kamara a fait bien davantage que remplir le rôle initialement prévu pour lui. Ces deux joueurs sont d’ailleurs ceux à avoir pris part au plus grand nombre de rencontres cette année.

On a presque tendance à l’oublier, mais la saison a commencé avec une campagne de Ligue des champions qui a rappelé de nombreux souvenirs, avec un affrontement contre Santos Laguna, cette fois victorieux, avant de tomber en quart de finale contre un Cruz Azul supérieur. En championnat, cela dit, l’équipe ne tournait pas et n’a commencé à trouver sa vitesse de croisière qu’en avril, mais si les résultats étaient au rendez-vous, la manière ne l’était pas encore.

La période de la mi-mai à la mi-juillet fut propice aux doutes, avec des performances en dents de scie. On tanguait entre le potentiel de l’équipe, fortement perceptible mais avec régulièrement une sensation de trop peu, et quelques échecs retentissants notamment en supériorité numérique contre Austin, en coupe à Toronto ou au LA Galaxy. Il y avait trop régulièrement un accroc dans la machine bien huilée.

Et puis, il y eut le déclic après la défaite contre Kansas City. Était-ce le remplacement du très fantasque gardien Breza par un Pantemis plus sûr malgré quelques couacs ou une remise en question collective ? Toujours est-il que lors des trois derniers mois et quelques qui ont suivi, l’équipe n’est passée qu’une seule fois à côté de son sujet (contre New York) mais a avant tout montré qu’elle émargeait au haut du classement, contrôlant facilement les adversaires inférieurs et trouvant toujours le moyen de s’en sortir face aux des équipes plus coriaces quand elles lui jouaient de mauvais tours. Il y eut aussi quelques prestations de haut vol, notamment un 4-0 bien tassé contre New England, aussi convaincant dans les chiffres que dans la manière.

Hors du terrain également, les sourires étaient au rendez-vous. Nommé durant les premiers mois de la saison au poste de président, Gabriel Gervais, emblématique défenseur d’une rare époque où l’équipe avait une meilleure moyenne de points par match que cette année (à un niveau inférieur, certes), a suscité l’unanimité autour de lui tant chez les supporters que les observateurs. La triste fin de l’ère Gilmore a continué d’être effacée avec la présentation d’un nouveau logo, lui aussi apprécié, qui remplacera le flocon en 2023. Et l’ambiance dans le stade est revenue quand le kop derrière le but côté tour olympique a pu enfin se reformer avec des groupes de supporters organisés, même si le nom Ultras Montréal en a disparu. Tant et si bien qu’hormis l’inappropriée dénomination CF, les mauvais choix extra-sportifs de l’ancienne présidence ne sont plus guère visibles.

L’été se terminait donc dans la joie et l’allégresse, avec un stade à nouveau rempli et de très hautes ambitions sportives dans le chef de certains, largement supérieures à celles affichées en début de saison. De façon réaliste, on pouvait plutôt se dire : objectif atteint, la suite sera du bonus à savourer… et à prendre si on en a l’occasion, cela va de soi.

Il est cependant difficile de tenir une forme aussi étincelante sur la durée, et on a commencé à en percevoir quelques signes en toute fin de saison régulière. Quelques joueurs étaient un peu moins précis, montraient un léger essoufflement. D’excellente, et intouchable hormis par les autres cadors, l’équipe était passée à presque très bonne mais prenable par davantage d’adversaires. Parmi eux, New York City, contre qui elle n’avait déjà jamais su trouver la bonne recette en saison régulière. Un dernier plat trop amer qui ne doit toutefois pas faire oublier le repas aussi copieux que délicieux que fut l’année 2022 dans son ensemble.

LES TOURNANTS


2 avril
N’ayant plus gagné depuis la belle victoire contre Santos Laguna en Ligue des champions, mais désormais sans devoir continental, Montréal s’impose 3-4 à Cincinnati. Si le match est spectaculaire, on retient surtout un Wanyama des grands soirs, une bonne gestion de l’avance en fin de match et un onze-type du moment n’obligeant plus trop l’entraîneur à se soucier de la rotation, trois des éléments qui ont contribué aux succès de la saison. C’est aussi un troisième match de suite sans défaite, une série qui se prolongera jusqu’à 9.

22 juin
Guère inspiré offensivement, maladroit défensivement et apathique tant devant que derrière, Montréal se prend une véritable claque 4-0 en demi-finale de la Coupe du Canada sur le terrain d’un Toronto pourtant loin d’être étincelant. Cela accentue une période de doutes faites de hauts et de bas, dont deux autres revers cinglants, au LA Galaxy et contre Kansas City, entrecoupés d’un succès probant à Seattle.

16 juillet
Deuxième gardien depuis le début de la saison, Pantemis retrouve sa place entre les perches après les multiples errements de Breza qui avait multiplié les gouttes ayant finalement fait déborder le vase. Le gardien empêche l’égalisation de Toronto dans les dernières minutes dans un duel remporté par Montréal par le plus petit écart : l’équipe reprend ses distances avec ses concurrents directs au classement et lance une nouvelle série d’invincibilité lors de laquelle elle prendra 20 points sur 24.

20 août
Un des matches-référence non pas de la saison, mais de l’histoire du club. L’entraîneur avait apporté quelques ajustements à l’animation offensive, ils ont fonctionné à merveille. Sans s’époumonner à tenter tout et n’importe quoi, l’équipe a parfaitement muselé les forces et exploité les faiblesses de New England, sèchement battu 4-0. Des bons choix sur le terrain 90 minutes durant, mais aussi aux vestiaires. Bruce Arena était pantois. On aurait aussi pu retenir la victoire 3-2 contre Chicago du 13 septembre, lors duquel Montréal a démontré qu’il faisait partie des équipes du haut du classement, capable de contrôler sans problème n’importe quel adversaire plus limité.

23 octobre
Après une saison régulière terminée tambour battant (16 points sur 18), on sentait l’essoufflement poindre depuis quelques semaines. C’était toujours bon, mais il y avait un peu de sable à certains endroits de l’engrenage. Un début de match raté, une excellente suite de première mi-temps annihilée par un gardien adverse très inspiré, des reconversions défensives mal gérées et une deuxième mi-temps où la bonne volonté n’a pas suffi pour éviter une défaite 1-3 contre New York City aux portes du carré d’as de la phase finale de la Coupe MLS.

LES JOUEURS


Noyau : Très équilibré, sans grande vedette mais avec assez de joueurs de talent pour permettre à l’entraîneur d’utiliser 19 d’entre eux pour 20 rencontres ou plus (sur 42). Nancy a cela compté principalement sur 13 joueurs de champ qui ont participé à quasiment toutes les rencontres. Deux positions ont posé plus particulièrement problème : le gardien, jusqu’à ce que Pantemis émerge, et le troisième larron offensif avec Quioto et Mihailovic, ce qui a aussi poussé le coach à tenter des variantes, même si en fin de saison Koné a mis tout le monde d’accord. Pour le reste, les rares absences (il faut souligner le petit nombre de blessés, loin de ce qu’on a pu connaître par le passé) étaient généralement palliées sans heurts.

Top : Romell Quioto. Après avoir étalé la palette de ses talents la saison dernière, le Hondurien a eu un rôle plus fixe dans l’équipe, à la pointe de l’attaque, souvent seul, parfois accompagné. Si son rôle était fixe, lui ne l’était pas. Sa mobilité a ouvert des espaces pour que des partenaires (notamment Mihailovic) s’infiltrent et pour déstabiliser les défenses, lui permettant souvent de partir seul face au gardien adverse. Si le plan collectif a toujours été clair, Quioto apportait une certaine variété, et même lorsqu’il était moins efficace, l’équipe a généralement fait meilleure impression lorsqu’il était sur le terrain.

Flop : Zorhan Bassong. Adolescent, il était dans les équipes de jeunes de bons clubs européens qui disaient le plus grand bien de lui. Malheureusement, chez les grands, il ne confirme pas. Cette saison, il est passé à côté de son sujet à plusieurs reprises et quand ce n’était pas le cas, il n’a pas apporté de valeur ajoutée lors de rencontres où l’équipe était peu performante. Pour le voir à partir de l’été, il fallait prendre la direction des terrains de PLSQ.

LE COACH


Wilfried Nancy : Après avoir repris le flambeau de Thierry Henry la saison dernière en poursuivant le plan annoncé, il a continué sur son élan, répondant dans un premier temps aux attentes générales. Et puis, si la structure collective établie s’est maintenue sur cette voie, l’entraîneur et ses adjoints ont permis à l’équipe de franchir un cap en sublimant certains joueurs à leur poste. Pensons en premier lieu aux latéraux, avec Johnson qui arrivait en tant que défenseur pur et dur et à l’ancien ailier Lappalainen. Les joueurs qui progressent pendant leur séjour à Montréal, ce fut souvent trop rare. Si c’est moins le cas depuis quelques années, cette fois, en outre, ça a permis à l’équipe de finir dans le top 3 du classement général. L’entraîneur y a une grosse part de mérite.

TENDANCES


Adaptation (+) : Rarement y a-t-il eu aussi peu d’arrivées lors d’une même saison puisque, hormis les retours de prêts, on ne compte que six transferts entrants, dont Ketterer et Offor, pas venus pour jouer. Les deux joueurs pour lesquels il y avait les attentes les plus sérieuses, Johsnon et Kamara, furent de franches réussites. Corbo a eu besoin de s’adapter et n’aurait pas pu prétendre à davantage qu’au rôle de remplaçant de luxe. Kwizera a été un choix de SuperDraft discret.

Spectacle (++) : Un style de jeu clair, résolument tourné vers la domination de l’adversaire et une troisième place au classement, c’est déjà généralement très bon pour le spectacle. Mais ajoutez à cela des erreurs défensives et des buts encaissés tôt suivis de retournement de situation favorables et vous en offrez encore davantage aux amateurs de sensations fortes (même si bien du monde se serait passé de stress inutile). Bref, suivre Montréal fut très amusant cette année, tant pour ses supporters que pour les spectateurs neutres.

Structure sportive (++) : Deux arguments pour souligner cette réussite à tous les niveaux. Le premier, la métamorphose d’Alistair Johnston : il fallait que la direction sportive cerne son potentiel, que l’encadrement technique lui apprenne son nouveau rôle et que le joueur réponde aux attentes. Le second, la condition physique de l’équipe, tant en raison du nombre de blessures réduit par rapport au passé que des fins de match très bien gérées, voire aussi la bonne fin de saison.

Image (++) : On a commencé la saison avec un flocon, l’amertume laissée par l’ancienne direction et un kop vide à l’avenir compromis. On la termine avec Gabriel Gervais qui fait l’unanimité à la présidence, le retour des supporters et le club qui vante le fait qu’il y ait de l’ambiance derrière chaque but. On commencera 2023 avec un nouveau logo, qui représente peut-être même encore mieux le club que celui présenté pour l’entrée en MLS.

Spectateurs (+) : On peut parler de première réelle saison post-pandémie, et donc forcément, le stade a pu enfin être occupé au complet. Cela dit, ce fut longtemps laborieux. Les chiffres sont comparables à ceux de 2019, dernière année pré-Covid, mais après un départ (très) difficile, les tribunes ont été copieusement remplies en fin de saison, une tendance positive donc.

Les bilans de la saison 2022 sur ImpactSoccer.com
1. Le bilan du club
2. Les joueurs sous la loupe
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