Kevin Gilmore quitte la présidence

Publié le 2 novembre 2021

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Ce mardi 2 novembre, le club a annoncé que Kevin Gilmore, président et chef de la direction, quittait ses fonctions dès aujourd’hui “à la suite d’une décision mutuelle”. De l’engouement suscité à son arrivée aux polémiques précédant son départ en passant par la pandémie, ses trois saisons au poste auront été mouvementées et contrastées.

Arrivé le 22 janvier 2019, il sera donc resté à la tête du club un peu plus de deux ans et neuf mois, marqués par beaucoup d’animation, d’enthousiasme au départ, d’animosité à la fin, avec, entre les deux, une crise sanitaire internationale qui n’a rien facilité et un rebranding très mal maîtrisé.

Lors de son entrée en fonction, le nouveau président a suscité énormément d’engouement et d’attentes en déclarant qu’il fallait un changement de culture et arrêter de se considérer comme un petit marché en raison de l’ombre faite par le Canadiens.

Dans une longue entrevue à Québec Soccer, il avait exposé son programme visant à, entre autres, apporter plus de professionnalisme dans les bureaux, se servir du modèle du LAFC qui fait face à une rude concurrence sportive dans sa ville, dépenser de façon plus efficace, davantage raconter le club et son histoire au public, augmenter les moments de partage entre les joueurs et les supporters. C’est un peu sur ces points-là qu’il faut dresser son bilan.

Son expérience permettait de penser que dès son entrée en fonction, il s’attellerait aux volets avec lesquels il est le plus à l’aise, à savoir tout ce qui est commercial et corporatif. Mais pour cela, il a commencé par faire le tour de la situation, sans trop s’exposer publiquement.

Le premier grand coup sous son ère fut davantage lié au terrain. Alors que juste avant le changement de président, Joey Saputo avait réorganisé la structure sportive du club, durant l’automne, le chaînon manquant arriva : un directeur sportif, Olivier Renard, arrivé grâce à Walter Sabatini, à qui le propriétaire de Bologne et de Montréal avait demandé de chapeauter les activités sportives des deux entités. Un homme providentiel pour Gilmore, qui voulait quelqu’un de compétent et de confiance pour ne pas devoir se mêler de cet aspect. Il avait promis de ne pas s’y ingérer – par le passé, des dirigeants avaient reçu ce reproche, même si rien ne le prouvait hors de tout doute, et force est de constater qu’aucune polémique de ce genre n’a éclaté depuis 2019.

C’est d’ailleurs ce volet qui a été mis de l’avant lors du communiqué envoyé par le club pour annoncer le départ de Gilmore : “Nous sommes très fiers de la contribution de Kevin auprès de la direction de l'équipe sur le terrain et à la réorganisation de l'équipe technique, ont expliqué les membres du conseil d'administration du CF Montréal. Nous avons connu de nombreux succès sous sa direction et il a eu une contribution positive sur la performance globale du Club.”

Alors qu’on s’attendait à ce qu’il mette en place quelques nouveautés commerciales et des actions pour attirer davantage de partenaires corporatifs, l’inattendu a frappé : la pandémie de Covid-19, déclarée le 16 mars 2020. Comme dans tous les clubs du monde, les priorités de gestion ont été bouleversées. À Montréal, il a fallu notamment s’exiler aux États-Unis, tant pour les entraînements que pour les rencontres “à domicile”, ce qui a évidemment coupé court aux initiatives à implanter au stade mais aussi obligé à revoir toute la logistique. On ne sait pas exactement qui a fait quoi, tant en 2020 qu’en 2021, mais on peut dire que ce qui a été visible du grand public fut plutôt réussi dans ces circonstances difficiles.

Ces conditions, additionnées à tous les évènements de la dernière année, sont ce qui a poussé Gilmore au départ, selon lui. “Le contexte des 18 derniers mois a été très difficile, tant au niveau de la pandémie que de celui du Club, et très éprouvant sur le plan personnel pour moi et ma famille. Ceci a ultimement mené à ma décision de quitter l'organisation”, a-t-il ainsi déclaré via le même communiqué.

Il faut dire qu’après une année 2019 pleine d’espoirs puis 2020 en mode attente et gestion de crise sanitaire globale, 2021 fut celle des dissensions. La cassure est intervenue en janvier, lorsque le club a annoncé son changement de nom et de logo. Le tout lors d’une conférence surréaliste, mêlant arguments qui n’ont pas fait leurs preuves (toucher un marché international, avoir une image qui ressemble à Montréal) et incohérences comme le Sacré bleu moqué de toutes parts, pour présenter un nom rapidement ridiculisé car il faisait davantage penser à une équipe de parc ou de jeu vidéo n’ayant pas de droits commerciaux et un logo critiqué tant pour son manque de pertinence que pour le flocon-qui-n’en-est-pas-un et à la justification douteuse.

Si certains tenaient mordicus à ce que rien ne change, nombreux étaient ceux qui étaient ouverts et trouvaient qu’un nouveau nom et un nouveau logo étaient tout à fait acceptables… Sauf que tous se sont presque ralliés contre le résultat, qu’ils trouvaient déplorable, tout comme l’annonce et la manière de présenter le tout.

La méthode, lors de laquelle les supporters ne se sont pas sentis consultés, a aussi provoqué des remous. La communication déficiente fut un des principaux reproches adressés aux dirigeants lors de cette refonte, et ça n’alla pas en s’améliorant. Plus les semaines passaient, plus on lisait sur les réseaux sociaux des supporters (on ne parle pas juste de ceux derrière les buts, cela va de soi) décriant un lien de confiance brisé puis un détachement du club. Parfois car il n’avait plus le nom qu’ils aimaient, mais souvent à cause d’une façon de faire provoquant ce désamour.

Figure de proue de ces changements, aux côtés de Justin Kingsley qui avait fait la présentation à ses côtés, Gilmore fut pris pour cible par les supporters qui les désapprouvaient. Plus le temps passait, plus on en entendait demander son départ. Un mot-clef #GilmoreOut avait même ses partisans sur Twitter, et ce de gens prenant place partout dans le stade. Mais les plus vocaux s’exprimaient les jours de match, criant des noms d’oiseau exigeant son départ sans vraiment de subtilité. Notamment depuis la tribune du kop, le bloc 132.

Parlant de départs, il y en eut aussi dans les bureaux du club, avec un important roulement de personnel. Logique, quand un nouveau patron arrive, mais de nombreux échos rapportaient aussi des envies de voir ailleurs de certains employés ayant plié bagage.

Mais le plus visible, et audible, pour le grand public se passa début septembre, quand le club décréta la fermeture du bloc 132 pour “incidents répétés”, notamment une bagarre en dehors du stade avec des supporters de Toronto et des jets de projectile contre New York. Des faits qui, selon les intéressés, ont été largement exagérés et servi de prétexte pour faire taire la rébellion. Nous verrons comment, maintenant que Gilmore est parti, cette situation va évoluer.

Comme on le voit, les trois années du règne de Gilmore ont été très différentes, et si sur le terrain, l’optimisme est de mise, le lien avec les supporters est entre la marmite bouillante pour certains et le pergélisol pour d’autres.

Au moment de l’arrivée de Gilmore, bien des observateurs disaient que Joey Saputo avait fait de son mieux au poste de président et qu’il était temps de laisser place à d’autres méthodes pour parvenir à faire mieux et à permettre au club de progresser. Force est de constater que le passage de Gilmore, malgré l’enthousiasme qu’il a suscité au début, a ressemblé à celui de plusieurs entraîneurs dont le bilan n’est pas à la hauteur des attentes et des objectifs qu’il a énoncés à son arrivée.

Reste maintenant à trouver un successeur. Cela dit, dans son communiqué, le club n’a pas donné de détails sur la transition, sur la façon dont il serait dirigé le temps de l’arrivée d’un nouveau président ni sur quand et comment il comptait le recruter. Gageons que nous en saurons bientôt davantage.
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