Edito : l'arrivée de Gilmore ouvre le champ des possibles

Publié le 22 janvier 2019

 Impact de Montréal
Ce mardi 22 janvier 2019 est une date clef dans l’histoire de l’Impact de Montréal. Celle du départ de Joey Saputo de la présidence du club. Plus qu’une page qui se tourne, c’est un énorme chapitre qui se referme. Place désormais à l’ère Kevin Gilmore. Puisse-t-elle être tout aussi passionnante !

Ceux qui suivent le club, même de loin, connaissent l’importance de Saputo dans son histoire. Ces deux réactions, lues au milieu de tant d’autres aujourd’hui, la résument parfaitement : “L’Impact sans Joey, est-ce toujours l’Impact ?” et, à quelqu’un demandant “Depuis quand est-il président du club ?”, la réponse… “Depuis toujours !”

Celle-ci n’est pas tout à fait exacte, puisque même s’il était à la tête du club dès sa fondation en 1993, Saputo en a quitté la présidence pendant peu de temps… ce dont il a failli se mordre les doigts, puisque sans lui, et avec des dirigeants qui n’étaient pas à leur place, le club est passé à deux doigts de la disparition.

Oui, on parle évidemment beaucoup de la croissance du club en un quart de siècle, de la construction puis de l’agrandissement du stade Saputo, du passage en MLS et de quelques grands moments sportifs du premier titre en 1994 à la finale de la Ligue des champions, mais il ne faut surtout pas oublier le sauvetage et la relance du club, en 2001 et 2002, et l’idée ô combien pertinente d’en faire alors une organisation sans but lucratif, qui a permis d’investir judicieusement et de mettre plus facilement le moindre dollar à la bonne place.

C’est une des racines, trop souvent oubliées, d’un arbre dont on vante les différentes branches aujourd’hui, et récolte les fruits saison après saison. Si ceux-ci sont tantôt délicieux, tantôt amers, la cueillette, elle, est toujours un plaisir, de plus en plus partagé et apprécié à Montréal.

La croissance de l’arbre est désormais entre les mains de Kevin Gilmore. Il va, pour rester dans l’analogie, apporter de nouvelles techniques de jardinage, élaguer ça et là, revigorer les branches, consolider le tronc et accélérer sa croissance. Car malgré le grand érable en forme de rondelle qui lui fait de l’ombre, l’Impact a le potentiel de devenir un baobab majestueux. Non, il n’est pas l’arbuste ou le saule pleureur que certains voient en lui.

En déclarant “Il faut un changement de culture : comme on est à l’ombre des Canadiens, on se dit qu’on est dans un petit marché”, Gilmore a visé juste et suscité énormément d’enthousiasme. Souvent, nous avons martelé en ces colonnes que le club ne devait pas agir en fonction de son voisin ou en l’imitant, mais plutôt ne pas s’en soucier outre mesure, s’en différencier et prendre sa propre place. Ce ne peut pas être un modèle : le hockey est un autre sport, une autre culture, et il est tellement ancré dans l’ADN des Québécois qu’ils préféreront toujours l’original à la copie. En mettant en avant ses propres spécificités et ses propres forces, l’Impact sera toujours plus attractif.

Gilmore en a parlé en évoquant une “expérience” unique au stade. Il n’est pas non plus impressionné / effrayé par les nouveaux clubs de MLS qui atteignent rapidement les sommets sur le terrain et en dehors. Dès son premier jour, il fait preuve d’ambition pour le club. Il devra évidemment commencer par montrer l’exemple, et se fondre dans la culture soccer – il a encore des progrès à faire, comme en témoigne sa comparaison avec le classement de la LNH pendant la conférence de presse et la phrase “tout le monde comprend le hockey ici”. C’était une conférence de presse de soccer : avant tout, tout le monde est censé y comprendre le soccer, il est implanté à Montréal à ce niveau depuis suffisamment longtemps.

Une grande partie de son discours a également reflété son parcours : l’importance accordée au volets commercial et corporatif. Année après année, on a entendu les dirigeants du club exprimer une nécessité d’amélioration de ces points. Qui ? Pourquoi ? Comment ? L’introspection a sûrement été faite, de nombreux essais aussi, mais il est temps de passer à une autre étape. Les recettes du passé n’ont pas été suffisamment fructueuses, et en passant la main, le désormais ex-président ouvre aussi la porte à une autre façon d’aborder la question et d’y répondre. On sait à quel point Saputo veut davantage attirer le monde des affaires au club, et à titre de propriétaire, il doit être satisfait de voir se dessiner de toutes nouvelles pistes de solutions.

Si le futur sera, on l’espère, fait de nouveaux partenaires financiers, la question d’une grosse participation extérieure dans la propriété du club n’est pas à l’ordre du jour. Si Saputo a confirmé son implication financière, l’arrivée de Gilmore ouvre de nouvelles perspectives. Grâce à son expérience et à ses contacts, notamment. Jusqu’à aujourd’hui, l’attente globale était qu’un investissement majeur devait forcément venir de la poche de Saputo ou de sa famille. Cette perception inconsciente, due à son importance dans l’histoire et le présent du club, semblait inciter la plupart des investisseurs potentiels à le laisser se débrouiller. Gageons que désormais, ils seront plus ouverts à des solutions originales.

La question du stade devra, au moins à moyen terme, être abordée. L’évolution de la concurrence fait que le stade Saputo, approprié lors de l’arrivée du club en MLS, glisse rapidement dans la hiérarchie. Malgré les lamentations sur le nombre de spectateurs, son taux de remplissage officiel est très bon. Si comme il l’affirme, Gilmore veut conquérir le cœur des Montréalais, il faudra rapidement plus de place pour les accueillir sans toucher davantage leur portefeuille que leur amour. À long terme, on peut rêver d’un nouveau stade, avec un nouveau nom pour le financer… ou d’une rénovation, mais voir le stade actuel ne plus s’appeler stade Saputo, ça ferait quand même un solide pincement au cœur.

L’exemple du stade, aussi fictionnel soit-il, est avant tout un exemple pour illustrer les nouvelles avenues possibles, notamment dans de grands projets spéciaux, avec le nouveau président. Il faudra évidemment qu’il conserve tout ce que Saputo a fait de bien, mais en outre, il pourra apporter sa propre touche, différente, pour faire mieux.

Il y a quand même quelque chose qui doit être réglé rapidement. Gilmore a été clair : il ne fera aucune ingérence dans les affaires sportives. Reste à savoir qui est le garant de la politique sportive du club. Quel modèle le nouvel homme fort du club privilégie-t-il ? Veut-il suivre l’exemple de Kansas City, où l’entraîneur, Peter Vermes, a les pleins pouvoir sportifs et jouit de la confiance nécessaire pour bâtir à long terme ? Ou celui de Toronto, exemple parmi tant d’autres où l’entraîneur, aussi compétent soit-il, doit rendre des comptes à un directeur sportif en charge d’assurer la cohérence sportive du projet ?

Si Rémi Garde est là pour dix ans et reçoit les clefs, pas de problème – il faut juste le dire. Mais si le Français s’en va d’ici quelques années, qui va choisir son successeur ? Et l’évaluer ? Qu’on ne retombe pas dans les errements de l’ère Klopas… D’ici un an, les bureaux de l’Impact pourront être à l’image du nouveau président. Mais l’organigramme sportif, lui, sera encore grandement à l’image de Saputo, d’autant qu’il vient de le réorganiser. Ce qui, dans un premier temps, va assurément faciliter la tâche de son successeur.

Bien entendu, Gilmore n’en est qu’à son premier jour, et il va falloir faire preuve de patience pour connaître toutes les réponses et son apport au club. La prochaine année va surtout lui servir à orienter sa politique. Ses décisions auront parfois un impact immédiat, mais dans un premier temps, nombre d’entre elles lui permettront de mettre le club à sa main. Pour d’autres (pensons à la politique tarifaire), il devra même attendre plusieurs mois avant de concrétiser publiquement ses intentions.

Il y a un an, Rémi Garde et ses adjoints insufflaient un nouvel élan sportif à l’équipe. Malgré le classement final de la saison 2018, à l’issue de celle-ci, l’opinion quasiment unanime était que le club avait fait un important pas en avant en l’embauchant. Aujourd’hui, c’est dans l’administration qu’on sent ce souffle nouveau. Puisse-t-il, une fois qu’il se concrétisera, être aussi enthousiasmant.
Matthias Van Halst

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